Claustrophobia 1643 : En enfer, tout le monde t’entend crier.

Grande première pour moi avec l’arrivée de mon premier Kickstarter, qui est aussi le dernier que j’ai soutenu (ma raison voudrait que ce soit le dernier, mais je n’y crois guère et j’ai eu raison puisque Dungeonology est devenu mon dernier KS). D’aucuns pourront arguer que la première comme la seconde campagne de Claustrophobia s’apparentent à une précommande et dévient du concept même de Kickstarter. A tort ou à raison suivant le point de vue dont on se place. Je dois avouer que recevoir le jeu un mois après avoir lâché une centaine d’euros est appréciable quand certains attendent encore leur jeu au bout de cinq ans. 

Mon premier Kickstarter. Comme une envie de le déballer

Passe la seconde 

Alors pourquoi avoir attendu la seconde campagne qui aurait pu ne jamais exister si les 10000 boîtes avaient été vendues lors de la première ? Parce que je ne savais pas encore où je mettais les pieds. Et l’originalité de la campagne Kickstarter de Claustrophobia 1643 consistant en un production en amont des boîtes pour une livraison rapide, contrairement à l’habitude de la plateforme où l’attente se compte plus souvent en années qu’en mois aurait pu me faire craquer.

Donc j’ai suivi la première campagne, mais Kickstarter était encore un endroit où je ne voulais pas dépenser trop d’argent. Après quelques campagnes soutenues et surtout celle de Tainted Grail, Claustrophobia 1643 ne me faisait plus si peur. Il faut dire aussi que le jeu cumule quelques petits freins qui m’ont retenu lors de la première campagne : 100€, jeu à deux, univers singulier et une direction artistique qui risquent de faire fuir mon partenaire habituel de jeu (à deux). J’ai eu l’aval de celui-ci, un peu de trésorerie (Note d’Harvester : je vois où est passée la prime Dystopeek) et puis l’envie de soutenir une vision du KS qui me plaît. 

Les gars, on a réussi à entrer chez lui. Maintenant faut qu’il trouve quelqu’un pour nous peindre.

N’étant pas du genre à intervenir ou ouvrir ma gueule pour dire ce qu’un créateur de jeu doit faire, la campagne de Claustrophobia me plaisait. Je peux même avouer que je n’ai jamais voté pendant la campagne de Tainted Grail alors que j’ai soutenu dès le premier jour. Et aussi parce que Monolith et surtout Fred Henry sont maladroits en matière de communication, mais ils ont le mérite de la franchise. Tout à fait ce que j’aime dans la vie et le fait de créditer auteurs, illustrateurs sur la boîte.

Mais c’est quoi ton jeu ? 

Claustrophobia 1643, c’est une version revisitée de Claustrophobia qui se situait dans l’univers d’Helldorado. Ne connaissant pas la première version, je ne puis faire de comparaison. La seule chose dont je suis certain, c’est que les figurines étaient pré-peintes dans l’original et que les démons étaient différenciés par les cartes et non les figurines comme dans la nouvelle version.

Croc était l’auteur et il le reste, avec de l’aide, pour cette version. Idem, je ne connaissais pas le personnage avant et pas plus maintenant. Je sais que l’original a eu des extensions, un compendium et que la nouvelle version intègre une partie des extensions. Les sarrasins ont été évoqués pour une possible extension de cette version 1643, si succès. Aujourd’hui, seul Monolith est décisionnaire sur ce qui fait un succès pour son jeu. Personnellement, je signe pour l’extension (mon côté complétionniste).

Passé ce petit historique digne du plus grand journalisme d’investigation, il est temps de passer au cœur du jeu. Claustrophobia 1643 est un jeu asymétrique où un joueur incarne des humains peu recommandables et l’autre des démons prêts à en découdre avec tout ce qui vient déranger leur habitat. Habitat qui ressemble étrangement à l’Enfer. A travers divers scénarii, les deux factions vont devoir atteindre différents objectifs pour gagner ou faire un match nul (Et oui, c’est possible de ne pas avoir de gagnant dans un jeu d’affrontement).  Par exemple, le premier scénario invite le joueur incarnant les occidentaux à fuir (10 tuiles) alors que le joueur infernal doit éliminer trois humains sur quatre pour gagner. Le second est basé sur une explosion.

Les démons sont prêts à croquer du repris de justice.

Je vais m’affranchir d’expliquer toutes les règles (cf lien plus bas pour les connaitre), mais il faut juste savoir que les dés vont servir et oui, il faudra en lancer quelques-uns. C’est leur utilisation qui est intéressante : à part pour les jets de combats, la valeur des dés va servir pour préparer le tour du joueur et ensuite piocher des cartes qui vont avoir divers effets comme changer le placement des dés sur les plateaux joueurs, avoir un bonus vont permettre d’organiser sa stratégie.

Même si cela peut paraître brouillon (explication pas claire), le gameplay est très fluide après un ou deux tours de chauffe. L’asymétrie est importante et on ne joue pas du tout les occidentaux comme les démons.

Comme tu es beau, comme tu es gros, Claustro !! 

Claustrophobia a clairement bénéficié d’un gros travail sur le visuel. Le thème des enfers est très bien rendu avec un matériel de très grande qualité. Les figurines sont détaillées, les tuiles comme les plateaux joueurs rendent hommage au travail des illustrateurs. Un petit bémol sur les cartes instinct et équipement qui dénotent avec ce blanc/jaune contrastant énormément avec l’univers très sombre du jeu. Je pense que c’est volontaire et tant que cela reste lisible…

Claustrophobia est beau, très beau même et il est surtout énorme. Ayant porté pendant quelques centaines de mètres ce colis de 6kg, mes bras confirment. Je précise que je ne suis pas un habitué de Kickstarter et encore moins des jeux Monolith donc mon avis reste celui d’un profane.

Avant d’aller sur le matériel en lui-même, l’agencement de la boîte est vraiment excellent. Installer et ranger se font très facilement (5 minutes pour installer tout comme pour ranger). Angoisse balayée dès la première partie d’un jeu lourd à sortir pour une durée de partie inférieur à l’heure (Compter 45 minutes en moyenne).

Voilà à quoi peut ressembler une fin de partie.

Le matériel est de qualité (je me répète). Il prend beaucoup de place et ça, il faut le savoir. J’ai beau avoir une grande table, il nous a fallu régulièrement décaler nos plateaux joueurs pour placer les tuiles. Rien de rédhibitoire pour moi, mais si vous n’avez pas de grande table, il va falloir penser à jouer par terre ou investir. Les plateaux joueurs sont aussi énormes. En fait, tout est énorme dans ce jeu ou presque. L’avantage est un matériel au top qui fait tout pour faciliter la vie du joueur pendant sa partie et éviter les drames dont la célèbre chute de dés par terre pour avoir un meilleur score. Si j’avais un reproche, cela viendrait d’un nombre important de jetons qui servent finalement peu.

Mais le thème dans tout ça ? 

Suffit de télécharger les règles et vous aurez un résumé de l’histoire. Le thème est celui de l’exploration de l’enfer et ça fonctionne bien. Alors je n’ai pas joué tous les scénarii donc je ne peux pas dire que l’univers est étoffé. De ce que j’ai vu et joué, je pense qu’ils ressemblent à des prétextes comme peuvent l’être ceux de Zombicide. Dans le sens où ils donnent du corps à la partie sans changer fondamentalement le gameplay. Les différents personnages / démons à incarner apportent une variété intéressante pour les deux camps.

Par exemple, pour le premier scénario, je ne faisais même plus attention au thème. Mon but étant de réussir à ne pas me faire laminer par mon adversaire. Et ce n’est pas une mince affaire quand il a déjà compris comment jouer chaque faction alors que j’essaie encore de comprendre comment lire les indications sur les tuiles et en tirer avantage (Maudite tuile de flotte).

Verdict : bon ou très bon ? 

Après quelques parties, je ne peux qu’admettre les grandes qualités du jeu. Un matériel au top qui donne l’impression d’en avoir pour son argent. Un gameplay très bon avec ce qu’il faut de tension, de fluidité pour ne jamais être obligé de revenir sur les règles dès le moindre doute. Malgré le hasard induit par les dés, il est suffisamment contrôlable pour permettre aux joueurs d’établir une stratégie autre que YOLO à chaque tour.

Mon partenaire de jeu adore et pas seulement parce qu’il est mouleux comme c’est pas permis aux dés, contrairement à moi. L’iconographie s’intègre parfaitement à l’univers du jeu tout en étant explicite. Il n’y a quasiment pas besoin de revenir à la règle dès la partie lancée. Chose que déteste mon partenaire de jeu.

Le second Kickstarter a aussi apporté une bande-son qui n’est pas exceptionnelle, mais renforce l’immersion. Couplé à la qualité du matériel et du gameplay, cet ajout renforce encore plus mon avis positif sur le jeu.


Avertissement aux lecteurs 

Claustrophobia 1643 a eu deux campagnes Kickstarter et surtout 10000 exemplaires. Monolith doit encore en avoir qui traînent. A voir avec eux si vous avez des envies d’achat, parce qu’il n’y a aucune chance que le jeu se retrouve en boutique, ou il faudra une personne qui souhaite vendre son exemplaire à un prix raisonnable. La tentation de la spéculation risque d’être forte d’ici quelques semaines/mois pour certains joueurs. 

Machiavel

Toujours à l'affût de ce qui peut piquer ma curiosité, peu importe le domaine avec une légère préférence pour les jeux vidéo, le cinéma, la littérature, les séries TV, les jeux de société, la musique, la gastronomie, les boissons alcoolisées et quelques autres petites choses . Ma curiosité est telle le tonneau des danaïdes, sans fond.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *