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Terminator: Dark Fate

Condamné à se répéter ou se rebooter, la franchise Terminator aura souffert depuis de très nombreuses années voire même depuis l’annonce de T2. Terminator: Dark Fate est le dernier rejeton de cette franchise aussi polymorphe que son antagoniste principal.

Une franchise prise dans une boucle temporelle ?

Je suis dans tous les films

Terminator, c’est avant tout un film de série B fauché qui a permis à James Cameron de devenir célèbre. Premier opus radical, délesté de tout le gras possible et ultra violent, il devient très vite culte. Schwarzenegger trouve le rôle de sa vie, Linda Hamilton attendra le second opus.

Terminator 2 devient, des années plus tard, le film le plus cher de l’histoire du cinéma à l’époque. Culte à bien des égards et ressemblant plus à un remake plein de pognon du premier qu’à une suite. La mythologie est étoffée, le gras déborde et cet opus perd beaucoup de sa superbe avec le temps, malgré des punchlines et des effets spéciaux bluffants pour l’époque. Le T800 devient gentil, Linda Hamilton rend culte Sarah Connor, Edward Furlong aura son heure de gloire et Robert Patrick sera bluffant en T1000.

Terminator 3 sera réalisé par un jeune réalisateur, J. Mostow qui emballera un opus ressemblant étrangement aux deux précédents avec une scène de course poursuite énorme. Manqueront Linda Hamilton et Edward Furlong dans le casting. Shwarzenegger vient cachetonner et Claire Danes ne sera pas aussi belle que dans Roméo+Juliet. Le T-X est oubliable.

Terminator Renaissance sera réalisé par McG, John Connor interprété par Christian Bale et Sam Worthington retrouvera James Cameron dans Avatar plus tard. Premier film d’une trilogie qui ne se fera jamais, il promet de voir le futur tant décrit dans les autres films. Injustement sous-estimé, les suites ne verront jamais le jour.

Terminator Genysis est le vilain petit canard de la franchise. Il tente de faire revenir Shwarzenegger (absent physiquement du précédent), ose le twist improbable de faire de John Connor le méchant de l’histoire et se prend régulièrement les pieds dans le tapis. Vite vu, vite oublié.

5 opus qui ne se répondent jamais vraiment, mais racontent un peu toujours la même histoire en rajoutant des couches, là où le premier opus avait l’intelligence de faire simple : les machines ont asservi l’humanité dans le futur et veulent anéantir la résistance humaine en éliminant la mère de leur leader dans le passé. Skynet, le grand méchant envoie un Terminator pour la retrouver et la tuer. La résistance envoie Kyle Reese, qui se révélera le père de John Connor, le chef de la résistance. Le pitch est limpide et se verra décliné, augmenté au fil des épisodes, pour le meilleur et beaucoup trop souvent pour le pire. Dark Fate prenant une place encore à part.

Un opus Miller

On est badass.

Terminator: Dark Fate aurait pu être un reboot ou la suite du dernier en date pour faciliter la tâche aux spectateurs, sauf qu’il fait partie de cette nouvelle lubie des producteurs hollywoodiens consistant à renier toutes les suites ou presque. Dark Fate est à prendre comme la suite de Terminator 2. Pour faire simple, les autres films n’existent pas et on se retrouve en 2020 avec Skynet qui est devenu Legion, un nouveau modèle de Terminator, le Rev-9 et l’envoyé de la résistance, une humaine augmentée pour protéger la nouvelle élue.

Tout y est : le scénario qui ressemble aux précédents, des scènes d’action bien foutues, Sarah Connor, le T800 et les petits nouveaux qui essaient tant bien que mal d’exister. Mention spéciale à McKenzie Davis qui prend son rôle très à cœur au point de livrer une prestation impressionnante sur le plan physique. Elle est crédible quand elle affronte le Terminator à coup de masse. Par contre, Gabriel Luna n’arrive pas donner d’aura inquiétante au Rev-9 et sa capacité d’ubiquité fait plus gadget qu’autre chose. Et que dire, de Natalia Reyes, en future chef de la résistance ? Pas grand chose sauf à se demander pourquoi l’avoir choisie alors que niveau charisme, c’est un peu trop proche de l’endive.

Miller, malgré des différents avec James Cameron, emballe son film de belle manière et varie pas mal les scènes d’action avec des effets spéciaux qui auraient mérité un peu plus d’attention par endroits. La doublure numérique est parfois trop voyante. Le scénario est une repompée de tout ce qui s’est déjà fait et faire revenir les vieux, pas la meilleure idée tant ils sont là pour faire plaisir aux fans plutôt que de servir le récit.

Conclusion

Heureusement que je suis là !

Un opus pas plus dégueulasse qu’un autre. Vu le box office, il y a peu de risques d’en voir un autre et c’est presque dommage. McKenzie Davis est crédible, le film se tient pas trop mal pour peu que l’on considère que, de base, la franchise Terminator ne brille pas par son scénario.

Avec le bide du film, il n’y a plus qu’à espérer qu’Hollywood arrête avec sa lubie de renier les suites de films et laisse Terminator reposer en paix pour de bon.

Machiavel

Toujours à l'affût de ce qui peut piquer ma curiosité, peu importe le domaine avec une légère préférence pour les jeux vidéo, le cinéma, la littérature, les séries TV, les jeux de société, la musique, la gastronomie, les boissons alcoolisées et quelques autres petites choses . Ma curiosité est telle le tonneau des danaïdes, sans fond.