Metro Exodus: Sam’s Story

Je n’ai jamais été un grand fan des DLCs, hormis s’ils apportent vraiment au jeu de base. Ceux de The Witcher 3 en sont un parfait exemple avec une durée de vie plus que conséquente et un réel intérêt à haut niveau. Concernant les FPS, les développeurs nous proposent bien trop souvent de simples ajouts cosmétiques ou de nouvelles armes, réservant le produit aux fans ultimes qui ne peuvent vivre sans avoir la totale. La série des Metro est un cas un peu particulier au sein des FPS car elle repose sur une narration et une ambiance forte et donc se prête parfaitement, à l’instar des RPGs, au rajout (intelligent) de contenu. Après un The Two Colonels dispensable, 4A Games nous offre quelque chose de bien plus ambitieux avec Sam’s Story, dont l’histoire est centrée sur l’ancien Marine accompagnant Artyom dans le jeu de base.

Joli port de pêche !

N’ayant pas encore fini le jeu de base, je n’aborderai pas l’histoire principale de Metro Exodus même si jouer à ce DLC la spoilera un peu. Il vous faudra donc faire les deux histoires dans l’ordre si vous voulez profiter de l’histoire complète. Sam est donc un ancien Marine qui était en poste à Moscou lorsque les bombes sont tombées. Une vingtaine d’années plus tard (et après les événements de Metro Exodus donc), il décide qu’il en a marre de l’Europe et veut rentrer chez lui voir son Papa et manger des burgers. Léger souci, son chez-lui c’est San Francisco et le mini van qu’il a trouvé tombe en rade à côté de Vladivostok. Alors que je m’imaginais une longue séance de crafting pour transformer ledit véhicule en transport de troupes amphibie, le jeu m’oblige à rentrer dans la ville pour… trouver un bateau. Impressionné par la pertinence du raisonnement de Sam, j’explore donc les ruines d’une Vladivostok aussi déprimante que dangereuse avant de tomber sur un capitaine de… sous-marin. Celui-ci m’explique que son rafiot est toujours fonctionnel mais est tombé aux mains du Chat qui, avec ses hommes de main, désire s’en servir comme moyen de pression sur ce qu’il reste de l’humanité.

Ils n’étaient pas gentils…

Malgré mon désir de retourner faire des plans pour rendre le mini van amphibie, je me retrouve à lutter contre une gigantesque créature ailée avant de me faire capturer par les hommes du Chat. Amené à bord du sous-marin, ce dernier me propose de convaincre le Capitaine de lui fournir le combustible nécessaire au départ du submersible, en échange de quoi non seulement le Capitaine pourra reprendre possession de la colonie établie en ville mais, cerise sur le gâteau, il m’amènera voir mon Papa, parce qu’il est comme ça le Chat, c’est lui aussi un Américain au grand cœur. N’écoutant que mon courage (et aussi parce que je n’ai pas vraiment le choix), me voilà reparti dans les ruines inondées de la ville à la recherche du Capitaine. Je vous laisse découvrir la suite, plein de rebondissements et comportant quelques choix moraux comme vous pouvez vous en douter.

Saloperiiiiiiiie !

L’histoire de Sam’s Story est donc travaillée et surtout riche en situations plus ou moins stressantes. Vos pérégrinations vous amèneront à visiter une ancienne centrale, replongeant le joueur dans les couloirs étriqués chers à la licence, des camps de bandits et autres bâtiments à moitié inondés. L’action est presque continue et malgré quelques passages un poil pénibles l’ensemble se fait d’une traite. Les cartes sont grandes, malgré la présence parfois gênante de murs invisibles, les lieux secondaires nombreux et les personnages riches en couleurs. Attendez de passer une nuit avec le Capitaine pour comprendre de quoi je parle… La recherche de loot est remise à l’honneur, avec la présence d’établis vous permettant de customiser vos armes avec les pièces récupérées soit dans des endroits peu accessibles soit sur les cadavres de vos adversaires. Ces séances d’artisanat sont indispensables à votre survie car vous tomberez bien souvent à court de munitions et de trousses de soin. Un bon point pour l’immersion et l’ambiance, toujours à couper au couteau. Techniquement, malgré ses murs invisibles, Sam’s Story s’en sort toujours aussi bien et on se prend bien souvent à regarder autour de soi, envahi d’un sentiment de désespoir devant ces lieux en ruine et stressé à l’idée d’affronter ce qui s’y cache. Du tout bon pour qui est fan de la saga !

Tout. Va. Bien.

Là où le bât blesse par contre, c’est sur certains aspects, notamment l’interface, que le travail de 4A Games n’est pas exempt de reproches. Celle-ci est une purge, avec par exemple des zones cliquables complètement pétées. Naviguer dans les menus est une sinécure, il faut cliquer comme un dément partout AUTOUR de la zone que l’on veut sélectionner, ce qui donne envie d’aller rendre visite aux développeurs pour leur parler un peu de beta-testing. Ensuite, l’IA des ennemis n’est pas toujours en grande forme, avec des monstres qui vous foncent dessus en ligne droite et des humains au comportement bien trop prévisibles. C’est dommage, vu le côté survie du titre on espérait plus des gunfights tendus où la manœuvre prendrait le pas sur le sempiternel « je me cache derrière une caisse et je headshote ce qui dépasse en face ». Un jugement un peu dur certes, mais fort heureusement les combats en dents de scie ne ruinent pas la qualité principale du titre, l’exploration.

Alors, comment aborder ce Sam’s Story ? Si vous aimez l’exploration stressante de ruines, un œil rivé à votre détecteur universel et l’autre à vos maigres ressources, alors c’est un « foncez » inconditionnel pour vous. L’histoire intéressante, le plaisir de la découverte et la variété des situations font que vous ne verrez pas passer les huit heures nécessaires pour voir le bout (en explorant au maximum). Si vous voulez quelque chose de plus dirigiste, comme The Two Colonels, alors vous serez déçu même si dans l’absolu les gunfights sont quand même plaisants. Recommandable et recommandé en ce qui me concerne, Sam’s Story complète à merveille un excellent FPS. Et comme il est maintenant disponible sur Steam, vous n’avez plus de raison de le bouder !

Genre : FPS

Développeur : 4A Games

Editeur : Deep Silver

Date de parution : 11 février 2020

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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