Reine du Sud

Quand une série titrée Reine du Sud apparut sur Netflix, je fus intrigué de prime abord. Une série sur une Marseillaise ? La naissance du Ricard ou autre cliché sur la ville de Massilia ? Que nenni. Reine du Sud est une série américaine diffusé par USA Network avec un budget conséquent. Elle devait se composer de six saisons, mais elle trouvera sa conclusion en fin de saison 5 en grande partie à cause de la pandémie. Mais ça cause de quoi ?

Dans la série, on suit l’ascension de Teresa Mendoza (incarné par Alice Braga) qui passera du statut d’esclave à chef de cartel. Adapté d’un roman, elle pourrait être qualifié de télénovela même si la romance est de plus en plus mise de côté pour laisser place à l’action. Le personnage de Teresa est le plus souvent montré comme une cheffe privilégiant la négociation pacifique même si les antagonistes, ainsi que son propre camp, y sont opposés. Au fil des cinq saisons, les enjeux ne vont qu’en grandissant avec une dernière saison en mode rush (à se demander, s’ils n’ont pas fusionné deux saisons en une après l’annulation de la sixième) qui finit par en devenir too much par instants, jusque dans les tenues du personnage principal où la symbolique bien/mal est particulièrement grossière.

Bien aidé par des personnages bien construits et interprétés, la série évite de sombrer dans le show lambda attendu avec retournements de situation à foison. Clairement pensé avec un budget à la hauteur de ses ambitions, la série se regarde avec plaisir. De plus, elle tient son histoire du début à la fin. Son plus gros défaut, selon moi, est d’avoir dès les premières minutes pris le parti de montrer que Teresa Mendoza allait réussir son ascension et que « sa chute » n’interviendrait qu’à la fin de la série. En posant directement ce postulat, tous les personnages aperçus durant ce flash forward (dans le futur pour faire simple) gagnent une immunité qui durera jusqu’à ce que la série atteigne ce point dans l’histoire. Quand la série essaie de créer de la tension où les spectateurs doivent s’impliquer émotionnellement et craindre pour la vie des personnages, ces quelques minutes me sont revenues en tête. Rien de mieux pour annihiler toute larme essayant de s’extraire de mes canaux lacrymaux.

Reine du Sud ne sera pas célébrée comme une grande série et je ne suis pas persuadé qu’elle en ait eu la prétention. Pour ma part, j’ai apprécié le visionnage et je me suis attaché aux personnages. La cinquième saison dépasse un peu trop souvent la limite et semble vouloir caser deux saisons en une. La crédibilité (certes relative) en prend un coup et quelques choix malheureux ternissent un peu le tableau de cette dernière ligne droite. Néanmoins, la fin est réussie et à l’image de la série. A découvrir un soir de pluie pour ne décrocher qu’après 62 épisodes.

Genre : Telenovela sauce américaine

Distribution : Alice Braga, Hemky Madera, Peter Gadidot …

Cinq saisons et 62 épisodes

Plateforme : Netflix

Prix : Un mois d’abonnement.

Machiavel

Toujours à l'affût de ce qui peut piquer ma curiosité, peu importe le domaine avec une légère préférence pour les jeux vidéo, le cinéma, la littérature, les séries TV, les jeux de société, la musique, la gastronomie, les boissons alcoolisées et quelques autres petites choses . Ma curiosité est telle le tonneau des danaïdes, sans fond.