October Faction : la chasse aux monstres est ouverte.

Au jeu des adaptations de comics en sérié télé, nous allons prendre October Faction après un Locke and Key qui n’aura pas été à la hauteur des attentes de notre amoureux des licornes. Pour ma part, j’ai apprécié même si je n’ai pas lu les comics. C’est un peu le même cas de figure avec October Faction, qui est adapté d’un comics par l’auteur de 30 Jours de Nuit, lui-même adapté en film (pas mal du tout) et diffusé sur Netflix comme Locke and Key.

Attention, je risque de dévoiler une bonne partie de l’intrigue donc autant aller à la conclusion si vous ne l’avez pas encore vu.

De quoi que ça parle ?

Dans October Faction, nous suivons les pérégrinations de la famille Allen. Deux parents, deux enfants et beaucoup de secrets. Officiellement, les parents sont des agents d’assurance spécialisés dans l’analyse de risque. Ils parcourent le monde avec leurs deux enfants. Jumeaux de leur état, ils sont d’excellents élèves avec des caractères différents : l’une est réservé, tandis que l’autre est à ranger dans la case populaire.

Ils ont tout de la famille parfaite et lorsque le père du père de famille décède, ils décident de prendre une pause pour retourner dans la maison familiale et la petite bourgade où elle se trouve. Les enfants vont au lycée pour continuer leurs études et les parents tentent tant bien que mal d’envisager la retraite alors que des monstres, une sorcière et leur employeur n’ont pas franchement envie qu’elle soit de tout repos. Parce que c’est le petit twist de la série, à savoir que les parents sont des chasseurs de monstres pour une société secrète et que les enfants ne sont pas au courant. En plus, ce ne sont pas les enfants biologiques de leurs parents, ils sont des sorciers sauvés par leurs parents lors d’un raid qui aura consisté à tuer toute une communauté des sorcières et sorciers. Et comme si cela ne suffisait pas, Présidio, la société secrète, se rapproche plus des néo-nazis que des bons samaritains.

Un pitch ambitieux pour un résultat mitigé

Le problème d’October Faction n’est pas dans ce qu’il veut raconter, mais dans la façon dont la série le fait. Les premiers épisodes m’ont donné l’impression de débarquer dans une série qui avait déjà un certain nombre d’épisodes. C’est très difficile de savoir le pourquoi du comment avant quasiment la moitié de la saison. Sur le principe, je n’y vois pas d’inconvénient, mais c’est très mal amené et encore plus mal fait, ce qui donne un a priori très négatif dès le départ. Ensuite, la série s’enlise dans un teen drama inintéressant qui semble plus là pour coller à un cahier des charges de Netflix qu’autre chose : on a l’homosexuel qui s’assume pas, la fille qui manque de se faire violer et la populaire qui a un cœur au fond. Je conçois l’intérêt d’aborder ce genre de sujets, mais pas de façon aussi caricaturale. Par contre, le sujet du racisme est traité de façon bien plus fine avec un incident au début de la série (la scène avec le garagiste), où la mère (excellente Tamara Taylor) justifie le comportement dudit garagiste par son racisme alors que ce n’est pas le cas quand on découvre la raison de son refus de les aider. La série ne se sent pas obligée de le marteler et pour peu que l’on soit attentif, c’est un joli rappel à la mesure. Par la suite, la série n’hésite pas à aborder de nouveau le sujet du racisme de manière frontale en se servant d’Omari (personnage ô combien intéressant) avec beaucoup d’intelligence.

La série réussit à captiver lorsqu’elle délaisse les psychodrames adolescents pour se concentrer sur les monstres et encore plus les adultes qui se retrouvent empêtrés dans leurs mensonges. On sent tout de suite que les scénaristes sont plus à l’aise et quand les ados ne sont pas là, la série prend une tournure qui m’intéresse beaucoup plus. Les révélations mènent les personnages à se remettre en question et amènent les spectateurs à les percevoir sous un autre angle qu’au départ. Dommage que le teen drama se sente obligé de revenir se rappeler au souvenir des spectateurs alors que la donne a changé.

C’est bien ?

Là où October Faction avec son pitch avait un potentiel pour devenir un incontournable sur Netflix, son exécution rend la série tout juste passable avec de bons moments. Si saison 2 il y a, il faudra clairement rectifier le tir en se recentrant sur l’histoire principale et en réduisant au maximum la partie teen drama. Lors d’un week-end pluvieux ou de profond ennui, elle pourra se regarder, mais il ne faudra pas en attendre grand chose.

Machiavel

Toujours à l'affût de ce qui peut piquer ma curiosité, peu importe le domaine avec une légère préférence pour les jeux vidéo, le cinéma, la littérature, les séries TV, les jeux de société, la musique, la gastronomie, les boissons alcoolisées et quelques autres petites choses . Ma curiosité est telle le tonneau des danaïdes, sans fond.

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