Portrait de la Jeune Fille en Feu

Comme déjà dit de nombreuses fois, je ne suis pas un adepte du cinéma français récent mais je dois avouer que les images de « Portrait de la Jeune Fille en Feu » m’ont directement accroché l’œil. Il faut dire que le film a déjà acquis un certain statut à l’étranger pour son esthétique. Attention tout à fait méritée d’ailleurs.

Petit trailer pour ceux qui l’auraient loupé

Car visuellement le film est une réussite, que ce soit au niveau des décors superbes, de l’atmosphère avec un rappel constant à la peinture, des costumes bien pensés ou même de l’utilisation du silence, très présent dans le film qui permet au spectateur de se focaliser sur l’image. A ce niveau je n’ai rien à dire, c’est propre et le travail de Claire Mathon sur la photographie est impressionnant.

Malgré cela, la première moitié du film a eu un peu de mal à m’accrocher, pas parce que c’est mauvais mais le film tient sur cette première moitié, en partant du principe que le personnage principal, Héloïse jouée par Adèle Hanael, ne dispose d’aucun sens de l’odorat. Le tout repose sur le fait qu’elle ignore que sa compagne, Marianne jouée par Noémie Merlant, est là pour faire son portrait, afin de pouvoir envoyer celui-ci à un noble de Milan. La mère d’Héloïse désirant en effet la marier à celui-ci, guidée par son souvenir de la ville et le désir de ne plus vivre au milieu de nulle part. La sœur d’Héloïse aurait du remplir ce rôle, mais elle s’est suicidée pour éviter le mariage forcé, Héloïse est donc sortie du couvent où elle résidait jusqu’alors.

Le premier peintre ayant échoué à faire le portrait d’Héloïse de par la mauvaise volonté de celle-ci à poser, Marianne arrive et a pour mission de cacher son travail et de faire croire à Héloïse qu’elle est une dame de compagnie pour quelques jours. Héloïse, assoiffée de liberté et de compagnie, débarque donc assez régulièrement dans la pièce où elle peint, sans jamais rien remarquer… pas très crédible.

Les deux actrices ont une bonne alchimie avec des regards échangés qui jouent de nombreuses fois le rôle de dialogues. Malgré cela, j’avoue que j’ai plus été séduit par le jeu d’acteur de la servante jouée par Luana Bajrami que les deux actrices principales. Celle-ci offre un peu plus de subtilité dans son jeu, surtout lors d’une fameuse partie de cartes qui, à cause du caractère un peu surjoué et trop moderne des deux actrices principales, casse un peu l’atmosphère XVIIIème.

La seconde partie du film de Céline Sciamma est cependant plus directe, plus simple aussi dans son traitement, plus crédible et le tout arrive finalement à charmer le spectateur qui en ressort touché, un peu fasciné et avec encore de belles images en tête. Il est rare de nos jours d’avoir encore des films de ce genre, la grande époque des films de Gérard Corbiau est passée. Sans être incontournable, je dirais que ce serait dommage de passer outre Portrait de la Jeune Fille en Feu, ne fut-ce que pour le plaisir de la photographie et ce voyage très féminin.

Réalisatrice : Céline Sciamma

Actrices : Noémie Merlant, Adèle Hanael, Luana Bajrami, Valeria Golino

Photographie : Claire Mathon

Production : Lilies Films

Distribution : Pyramide Films

Date de sortie : 18 septembre 2019

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

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