Early Access: Battleship Command
Lorsque l’on parle de cuirassé allemand de la seconde guerre mondiale on pense immédiatement au Bismarck. Pourtant ses prédécesseurs, le Scharnhorst et le Gneisenau, eurent une carrière bien plus remplie que la fierté de la Kriegsmarine, qui sombra, le 27 mai 1941, sous les coups des cuirassés britanniques Rodney et King George V, un peu plus de neuf mois seulement après sa mise en service.
Le Scharnhorst lui, servi pendant sept ans, dont quatre de guerre, avant, lui aussi, de finir au fond des eaux, le 26 décembre 1943, victime des canons anglais. Mais, si vous êtes fans d’histoire navale, vous connaissez déjà ce récit par cœur. Si c’est le cas, Battleship Command, le dernier jeu édité par MicroProse sera surement votre tasse de thé verre de schnaps (à consommer avec modération il va sans dire).

De la brume sort une ombre, un navire prend forme
Le simulateur naval Battleship Command vous met en effet à la tête des 38900 tonnes d’acier et des 9 canons de 283 mm du cuirassé Scharnhorst, avec pour mission de traquer les convois alliés et d’affronter leurs navires de ligne. Cette dernière option étant cependant à pratiquer avec précaution, si vous ne voulez pas voir votre fier vaisseau terminer comme son homonymes historique.
Précisons qu’il s’agit ici d’une simulation tactique, vous être le commandant d’un seul navire, les bâtiments amis étant contrôlés par l’IA à qui vous pouvez donner des ordres généraux tels que Ne pas tirer, Choisir sa cible librement, Rester en formation, etc. Battleship Command n’est donc pas l’équivalent de Task Force Admiral ou de Sea Power, mais plutôt celui de UBoat et du plus ancien Silent Hunter, mis à part que cette fois, l’accent est mis sur le combat de surface, plutôt que sur les sous-marins.

Les graphismes en 3D sont plutôt bien réalisés, sans être extraordinaires, mais il faut préciser que le jeu est développé en solo et dans ces circonstances il ne faut pas s’attendre au travail d’un grand studio. Le jeu offre néanmoins une modélisation détaillée de votre bâtiment dont vous pouvez parcourir les différents postes clés en vue à la première personne.
Et si vous voulez admirer votre monstre d’acier, une vue externe est aussi disponible avec la possibilité de faire disparaitre l’interface grâce à la touche O et prendre ainsi de magnifiques copies d’écrans. Vos matelots et officiers sont modélisés mais statiques et muets, pour le moment.

La météo dynamique et l’écoulement des jours et des nuits sont pris en compte et cela affecte, bien sûr, vos possibilités de repérer et de cibler l’ennemi, et inversement. Les effets sonores sont très réussis. Quant à la bande son, composée de musiques classiques, le choix de l’écouter ou non dépendra de vos goûts musicaux. A noter qu’un manuel en ligne, en anglais, est disponible.
L’ancre est levée, le cuirassé trace son chemin
Dans cette simulation en temps réel (que vous pouvez avancer et ralentir), vous donnez vos ordres grâce à une barre de taches située au bas de l’écran. Celle-ci vous permet entre autres, d’accéder au poste de tir des trois tourelles principales du bâtiment ainsi que de l’armement secondaire, mais aussi au contrôle de l’armement anti-aérien, des torpilles (pas encore mises en place dans la simulation), du radar, du télégraphe de commande des moteurs (pour contrôler la vitesse), de la barre (pour la direction) et du poste radio et même aux projecteurs pour les combats de nuit.

Une carte stratégique vous permet de tracer votre route et de mesurer les distances. Et vous disposez également d’un hydravion de reconnaissance Arado 196, indispensable pour repérer l’ennemi au-delà de l’horizon, et ainsi se préparer à intercepter les convois de l’adversaire tout en évitant ses cuirassés.
Car en cas de rencontre avec ses grosses unités vous aurez probablement à utiliser un autre menu, celui du contrôle des dommages, détaillant les différents dégâts que peut subir le Scharnhorst et les moyens d’y remédier (pompes de cale, équipes de lutte anti-incendie). Cerise sur le Schwarzwälder Kirschtorte, la consommation de carburant est aussi prise en compte dans cette simulation très pointue.
Car dans Battleship Command le boulot habituellement confié à des dizaines de marins devient le vôtre. C’est vous qui contrôlez les principaux systèmes du navire. Que ce soit de prendre la barre pour manœuvrer le cuirassé, de déterminer le plan de vol de votre hydravion sur la carte de navigation, de jouer le rôle de la vigie avec sa paire de jumelles ou celui de l’opérateur radar ou bien sûr des canonniers.

Il est heureusement possible de déléguer certaines fonctions à l’IA, ce qui évite de transformer Battleship Command en jeu d’adresse vous obligeant à courir frénétiquement d’un poste à l’autre. Car certaines fonctions sont très exigeantes. C’est en particulier le cas de l’artillerie, où il vous faudra comprendre la distance d’engagement, la vitesse et le cap de la cible, aligner vos canons et faire avec les conditions de visibilité, avant d’espérer trouver une solution de tir et faire mouche.
Une bête faîte d’acier
Il est au départ amusant de pouvoir arpenter la passerelle et les coursives du Scharnhorst, Personnellement parcourir le navire en tous sens a même fini par me donner le mal de mer. Difficile de faire plus immersif en terme de simulation maritime donc. Mais il faut bien avouer qu’il est bien plus efficace d’utiliser les raccourcis clavier afin d’aller et venir entre les différents postes du navire. Il est d’ailleurs dommage que le manuel de jeu, assez succinct pour le moment, ne regroupe pas une liste de ces nombreux raccourcis.

Celle-ci est seulement accessible via la barre de tâches grâce à une icône de point d’interrogation, pas très visible. Les raccourcis sont néanmoins configurables, ce que est appréciable. Cependant, l’interface en vue à la première personne n’est pas toujours très intuitive. Par exemple une fonction aussi essentielle que l’accélération/ralentissement du temps est accessible via une icône minuscule. Là encore les raccourcis claviers seront vos amis.
La terreur des mers
Le jeu étant en accès anticipé certaines fonctions n’ont pas encore été mises en place. Pour le moment il faudra vous contenter des tutoriels (très bien faits), de quelques missions et de l’éditeur de scénarios. La présence de ce dernier a cependant d’ores et déjà permis de voir fleurir sur Steam Workshop des missions créées par les utilisateurs. À cela s’ajoutera dans l’avenir un mélange de campagnes fictives et historiques, ainsi que des patrouilles (inspirées de Silent Hunter V) se déroulant dans l’Atlantique, l’Arctique et la Méditerranée.

S’ajouteront des navires supplémentaires (dont le Bismarck), un système de réputation influant sur le d’approvisionnement en carburant, les munitions, les améliorations et la qualité de l’équipage, des mécanismes de réparations et de ravitaillement au port durant la campagne et enfin des patrouilles en monde ouvert dans l’Atlantique Nord.
Parmi les absents notables, la possibilité de pratiquer Battleship Command en multijoueurs, qui n’est pas pour le moment sur la feuille de route. L’IA ennemie est quant à elle assez limitée, se contentant de répliquer au canon sans vraiment tenter de manœuvres complexes. Il faudra donc être patient, le développeur ayant spécifié que la période d’accès anticipé devrait durer environ un an.

Le jeu est donc, pour le moment clairement encore en développement, cependant il est tout à fait jouable en l’état et il y a déjà amplement de quoi s’amuser, ne serait-ce qu’avec l’éditeur de scénarios et les missions du workshop.
La question de savoir s’il faut se précipiter pour l’acheter maintenant ou attendre, dépendra essentiellement de votre attrait pour les simulations de combats maritimes et de votre intérêt pour le micro-management et les jeux avec vue à la première personne. Si vous cochez les trois cases n’hésitez surtout pas.
Genre : Simulation navale tactique
Développeur : Bracer
Editeur : MicroProse
Date de sortie en Early Access : 2 juin 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Simulation navale tactique