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Sudden Strike 5

Neuf années après le quatrième volet, Kite Games remet le couvert avec un Sudden Strike 5 qui – quelle surprise – se déroule encore (et toujours) pendant la deuxième guerre mondiale. On aurait pu se dire qu’après 26 ans d’existence la série aurait voulu évoluer mais non, c’est encore et toujours la deuxième guerre qui est choisie.

Bon il faut dire que c’est sûrement le conflit le plus vendeur et, les mauvaises langues auront l’impudence d’ajouter, tout le boulot est déjà prémâché. Oui c’est sûr il faut essayer de trouver de nouvelles campagnes et missions intéressantes qui n’auraient pas été utilisées des centaines de fois (spoiler alert : ça commence à être compliqué). Mais bon, tout le reste est déjà là non ?

Non ? Ça n’est pas le moteur de Sudden Strike 4 là ? Non parce que c’est aussi moche qu’il y a 9 ans… Oui le zoom me semble un peu plus musclé que précédemment et peut-être que les modèles sont un peu plus détaillés, même s’il est toujours aussi difficile de distinguer les différents types de troupes sans les sélectionner.

Mais bon, on ne joue pas à Sudden Strike 5 pour en prendre plein les yeux, hein ? Non, on y joue pour se lancer dans de grandes chevauchées pour prendre l’ennemi de flanc, jouant avec maestria de la pause active pour essayer de diriger plusieurs fronts à la fois. Il faut dire que l’IA adverse n’est pas là pour enfiler des perles et que vous allez perdre beaucoup (beaucoup !) d’unités uniquement parce que vous n’avez pas pu être partout. Bon en même temps quand on passe son temps à chercher les petits fantassins perdus dans les herbes hautes…

Sudden Strike 5 propose 25 longues missions divisées en 3 camps (Alliés, URSS et Allemagne) avec la possibilité de choisir entre 3 styles de jeu, offrant plus ou moins de bonus. Autant vous dire que vous n’êtes pas couchés si vous voulez voir le générique de fin. D’autant plus qu’un premier DLC est en approche et proposer de jouer en France lors de 6 nouvelles missions.

Au niveau du matériel, les fanatiques n’ont pas de souci à se faire : 300 unités modélisées, du camion à l’avion d’appui au sol. Ces unités pourront être recrutées en cours de mission grâce au prestige gagné en remplissant des objectifs et en capturant des points spécifiques qui eux vous offriront de nouvelles possibilités (soutien aérien lourd ou léger, réparation de véhicules…).

C’est du classique, du très classique même, ce qui conviendra forcément aux fans de la série. Malheureusement pour eux, Sudden Strike 5 semble être sorti un poil trop tôt et, malgré sa réalisation technique datée, souffre de nombreux bugs. En plus des éternels soucis de pathfinding bien entendu, qui sont un peu la marque de fabrique de la série…

Plus j’avance dans ce test, plus je me rends compte que j’essaie de retarder l’inéluctable : vous dire que je me suis profondément ennuyé sur Sudden Strike 5. Cela vient sûrement de moi, jouer à un STR old school un peu dépassé techniquement me parle moins qu’il y a dix ans. Mais quand je prends un peu de recul, je me rends compte que depuis Sudden Strike 4 j’ai joué à pas mal de titres aussi old school sans ressentir cet ennui.

La faut à ce mélange très déséquilibré de micro-management et de létalité : vous passez deux plombes à refaire le plein de vos troupes ou les ravitailler en munitions, vous essayez de reconnaître le terrain pour trouver le point faible où attaquer, vous jouez sur les lignes de vue et les portées, puis vous lancez un assaut qui vire au bordel, même en jouant de la pause. Ça part dans tous les sens, des renforts ennemis arrivent de partout, vos troupes font n’importe quoi et vous avez bien plus de pertes que prévu.

Alors vous rassemblez les survivants, passez un temps fou à retrouver les 3 pelés qui étaient restés planqués dans une tranchée, vous sélectionnez des renforts et… en perdez la moitié parce qu’il y a une contre-attaque que vous n’avez pas vue, occupé que vous étiez à demander à vos camions d’atteler les obusiers. Alors vous sauvegardez souvent et revenez régulièrement en arrière, pour ne pas transformer un jeu déjà difficile en une épreuve insurmontable.

Et au bout de 2h sur la même carte, vous vous dites qu’au niveau de la stratégie, on était quand même loin de ce dont vous rêviez. Alors oui, c’est l’ADN de Sudden Strike mais je suis désolé, on est en 2026. On a des écrans ultrawides ou 4K, on a des jeux comme Tempest Rising qui nous ont prouvé qu’old school et beau jeu ne sont pas incompatibles. On a eu des titres comme Battlefield Commander WWII qui viennent empiéter sur le terrain de jeu de Sudden Strike.

Donc non, je ne vous recommande pas Sudden Strike 5. Il est cher, il n’apporte rien par rapport à ses prédécesseurs, il manque de QoL et n’exploite pas nos machines modernes. L’esprit de la licence est intact (ce qui ravira les fans, encore une fois) et c’est autant un problème qu’une force : nous ne sommes plus dans les années 2000. Il faut que la série évolue sérieusement pour proposer une expérience bien plus agréable et adaptée aux moyens modernes. Allez, on se remet en question, messieurs dames de Kite Games.

Genre : STR old school

Développeur : Kite Games

Editeur : Kalypso Media

Date de sortie : 23 avril 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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