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Warhammer 40,000: Mechanicus II

Je pense que j’étais comme tout le monde quand Warhammer 40,000: Mechanicus 2, la suite de l’excellent titre de Bulwark Studios sorti fin 2018 : en train de sautiller en couinant bêtement, tel le premier Baalim venu devant un VN. Il faut dire que le jeu exploitait parfaitement l’univers bucolique de Warhammer 40,000 et ses Adeptus Mechanicus et proposait un très bon gameplay tactique au tour par tour, original et réhaussé par une bande son devenue mythique. C’est d’ailleurs la première fois que je me suis retrouvé à écouter l’OST d’un jeu en dehors de mes parties.

8 ans ont donc passé, les fans se sont impatientés, ils ont trépigné, se sont roulés par terre pour avoir des infos et du gameplay mais ça y est, il est là et… les avis sont mitigés. QUOI ? Mechanicus 2 ne serait pas la suite parfaite d’un jeu qui l’était presque ? Comment ont-ils osé ? Trahir l’Omnimessie de la sorte ! Décortiquons ensemble cela, pour voir si encore une fois les gens sur Internet n’auraient pas – encore une fois – jeté l’eau du bain avec le servo-crânes.

Warhammer 40,000: Mechanicus 2 nous projette sur Hekateus IV, un monde forge revendiqué par l’Adeptus Mechanicus qui, manque de bol, héberge aussi une colonie de vacances Nécrons. Les travaux entrepris par l’Adeptus ayant réveillé ces derniers, un conflit ne tarde pas à éclater et après un prologue dont les missions vous font alterner les camps, on vous propose de choisir avec quelle faction vous voulez démarrer la campagne. Oui, on peut enfin jouer les Nécrons !

Vous allez donc suivre deux campagnes très scénarisées pendant lesquelles vous n’aurez malheureusement pas vraiment le choix quant à l’ordre des missions, les débuts vous forçant même à utiliser certains leaders. Ah oui, cette partie a changé, on y reviendra. Un scénario qui déroule de manière très linéaire, voilà la première source de frustration. Ajoutez à cela l’impossibilité, pendant les missions, de choisir votre chemin vers l’objectif final et vous comprendrez que les fans intégristes hurlent à la trahison. Mais entre nous, même si évidemment on aurait aimé avoir des choix à faire, ça n’est pas non plus dramatique.

L’autre énorme différence avec son prédécesseur vient aussi de l’approche tactique : vous disposez de 5 héros différents qui disposent eux-mêmes de compétences et troupes différentes. A chaque mission vous choisissez donc avec qui partir, d’éventuelles reliques, et… vous devrez faire avec les troupes affiliées à ce personnage. Oubliez la montée en puissance et la customisation du premier titre, ici les héros sont moins customisables mais leurs troupes peuvent quant à elles être améliorées.

On perd d’un côté ce qu’on récupère de l’autre. Cela rend les troupes sacrifiables et le focus est mis sur les héros qui deviennent des cibles privilégiées. Notez que comme ils ne peuvent pas enchaîner les missions, le jeu vous force à faire tourner. Heureusement qu’il est possible d’envoyer ceux que l’on veut accomplir des missions secondaires qui se résoudront automatiquement.

Au niveau tactique, une fois les troupes et héros améliorés – que ce soit individuellement ou via l’arbre de compétences dédié à la faction -, il faut choisir les reliques à emporter, sachant que certaines associations apportent des bonus très puissants, on part à l’aventure pour des missions comportant d’une à quatre escarmouches. Pendant toute la durée de la mission il ne sera pas possible de recevoir de renforts ni de soigner ses troupes (sauf pirouette scénaristique bien entendu). Il faudra aussi gérer la jauge d’alerte qui provoquera, une fois remplie, l’arrivée de héros et renforts ennemis. Bien évidemment, comme dans le précédent, on aura des choix à faire entre les escarmouches, choix qui apporteront des avantages mais qui peuvent faire grimper la jauge d’alerte.

Une fois sur le terrain, les troupes sont déployées et… on s’aperçoit que même si les cartes de Warhammer 40,000: Mechanicus 2 sont plus variées que celles du premier, elles sont aussi moins intéressantes tactiquement. Il n’y a que peu de couvert et le joueur a un grand avantage : dès le deuxième tour, il sait dans quel ordre les ennemis vont s’activer. Il suffit alors de cibler dans le bon ordre pour gagner un grand avantage tactique. Cela compensera, dirons-nous, le fait que les missions sont longues et que certaines escarmouches finales sont étonnamment difficiles si on n’a pas les bonnes troupes.

Les missions durent en moyenne une grosse demi-heure, voire plus pour les moments-clés, et passent de la promenade dans le parc à la galère où on lutte avec acharnement. Cela pourrait être bien mais c’est en fait conditionné par les troupes venant avec le héros sélectionné. Il faut donc parfois recommencer avec un autre héros pour que cela se passe mieux. Oh, tant qu’on cause de défauts : il est impossible d’annuler un mouvement. Oui c’est moche, c’est frustrant et vous n’avez pas fini de rager.

Pas de choix dans l’ordre des missions, une carte du monde qui n’est là que pour faire joli, un jeu splendide mais dont les performances ne sont pas optimisées, Warhammer 40,000: Mechanicus 2 a effectivement pas mal de défauts. Ce qui en fait une suite que je ne qualifierais pas de mauvaise, mais imparfaite du premier titre. Mais est-ce un mauvais jeu pour autant ? Bien sûr que non !

Tout d’abord grâce à ses deux campagnes, avec des factions totalement asymétriques, la durée de vie est très conséquente surtout si vous aimez amener les héros à leur maximum. Comme bien souvent dans ce genre de jeux, les débuts seront les plus difficiles, quand vous n’avez que peu de troupes à disposition. Mais bien vite on s’approprie chaque héros et son style de jeu pour le transformer, avec sa garde prétorienne, en machine à tuer. Si la gestion des ressources et des améliorations est très légère, elle est sympathique et pas si différente de ce qui se fait ailleurs.

Petite parenthèse concernant le gameplay des Nécrons : alors que l’Adeptus Mechanicus fonctionne avec les Cognition Points, les Nécrons quant à eux utilisent les points de domination obtenus en tapant les ennemis. Plus le niveau de domination augmente, plus les troupes débloquent des compétences et deviennent léthales. Malheureusement, certaines capacités de héros font descendre ce niveau… Il faut donc bien étudier quand déclencher les compétences.

Warhammer 40,000 : Mechanicus 2 n’est donc pas un mauvais jeu, loin de là. Certes on a perdu pas mal de ce qui faisait l’originalité de son aîné et c’est cela que les gens sanctionnent. Mais en prenant du recul sur cela et en acceptant le jeu pour ce qu’il est, on réalise qu’on est devant un titre efficace et superbe qui remplit son office sans grand génie mais avec sérieux. Même la bande son, qui certes n’arrive pas à la cheville de celle de son aîné, est correcte et vous mettra dans l’ambiance si spécifique de cet univers, notamment grâce aux doublages des héros.

Alors non, Warhammer 40,000: Mechanicus 2 n’est pas la suite que vous attendiez et n’est pas un Mechanicus 1.5. C’est une approche différente, bien plus gore et brutale, mais aussi bien plus linéaire et prévisible. Parfois un peu bancal techniquement, il reste un bon jeu, je reste scotché devant plusieurs heures de suite sans même m’en rendre compte, et si vous aimez l’univers et les tactiques au tour par tour, il n’y a pas de raison de le bouder.

Genre : Tactique au Tour par Tour

Développeur : Bulwark Studios

Editeur : Kasedo Games

Date de sortie : 21 mai 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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