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Hitman: World of Assassination

Alors Hitman, un chauve tatoué, le numéro 47, des tonnes de tentatives d’assassinats avec tous les ustensiles et déguisements possibles et imaginables, ça vous parle ? Ah, je me disais bien ! Quoi, toujours pas ? Sérieusement, vous n’avez jamais entendu parler de la série signée IO Interactive (IOI en bref) dont Hitman: World of Assassination est le dernier ajout ? 

Mais alors, vous seriez vraiment là pour lire des chroniques sur des films Marvel ?

Bon, je triche un peu avec cet artwork.

Un petit récapitulatif s’impose (d’autant que ça me permet de meubler et de cacher que je n’ai pas été très loin dans le jeu, faute de compétences minimales requises). Issu d’un partenariat entre une équipe de jeux vidéo et des gens issus du milieu du cinéma, IO interactive s’illustre en 1998 avec la sortie de Hitman: Code 47.

Premier jeu et premier coup de maître.

En 2023, Hitman : codename 47 est effectivement un peu moche.

Alors que les jeux d’infiltration restent encore rares à cette époque où il est de bon ton de tabasser les aliens à coup de barre de fer, les Danois d’IOI axent tout le gameplay du jeu sur la furtivité de leur personnage principal, un tueur chauve qui présente la caractéristique étrange de se balader avec un code barre tatoué à l’arrière du crâne, ce qui ne présente pas que des avantages pour ce type de job.

Ici, pas de fusillades enragées (les développeurs garderont ça pour Kane & Lynch, avec un succès modéré), 47 (puisque c’est son petit nom) ne peut espérer s’en tirer qu’en agissant dans l’ombre, comme un gros fourbe.

Trouver et flinguer sa cible ne suffira pas car les missions ne s’achèvent que par une exfiltration réussie. Chaque mission se déroule dans un lieu unique, particulièrement large, généralement peuplé de nombreux intervenants et au sein duquel l’agent 47 va librement vaquer à ses occupations en prenant soin de ne pas se faire repérer et d’éliminer les éventuels gêneurs.

Le principe d’un niveau unique par mission sera repris d’épisode en épisode et régulièrement amélioré jusqu’à la dernière trilogie dont nous parlerons un peu plus bas. Le succès de la série ne se démentira pas avec la sortie d’un deuxième jeu, Silent Assassin, en 2001, suivie d’une pause récréative avec l’avènement de Freedom Fighters en 2003 (qui, pour le coup, mériterait bien une suite).

L’air rien, la technique progresse pas mal avec Hitman : Silent Assassin

IOI sera acheté par Eidos en 2004, lequel sera à son tour absorbé, des années plus tard, par Square Enix.

Au cours de cette période, sortiront les jeux Hitman Contract, Blood Money puis Absolution avant que Square Enix ne décide qu’il est temps de se débarrasser du développeur (oh oui, gardons les studios et jeux pourris et virons les bons développeurs occidentaux. Ça marche aussi avec Crystal Dynamic quelques années plus tard).

Hitman : Absolution en 2006

Ce coup dur donnera lieu à un second coup de maître puisque les Danois, confiants en leur concept qui semblait pourtant de plus en plus usé au fur et à mesure des sorties, décideront de racheter leur licence.

L’avenir, ce sera désormais l’autoédition, concept casse-gueule s’il en est (demandez donc à ceux qui ont financé des jeux sur Kickstarter…).

Et Hitman: Absolution en 2012

Et pourtant, l’avenir justement, donnera raison au danois puisque la sortie du nouveau Hitman, opus éponyme, sera couronnée de succès. Le conte de fée se poursuivra avec de suite, magistralement appelées Hitman 2 et Hitman 3.

Ce qui nous amène enfin à ce Hitman: World of Assassination (je vous avais prévenu que j’allais délayer) qu’on appellera simplement WoA pour la suite du test.

Alors ce « monde du zigouillage » ™, c’est quoi ? Ce nouvel épisode qui arrive sur les consoles nouvelle génération et PC n’en est en réalité pas un puisqu’il s’agit d’une grande refonte des trois jeux Hitman, lesquels bénéficient des toutes dernières améliorations du moteur maison.

Ainsi, Hitman: World of Assassination propose aux joueurs de refaire ou de découvrir toutes les missions des trois opus avec une réalisation revue et corrigée. Ce n’est pas vraiment une nouveauté puisque Hitman 2 et Hitman 3 avaient déjà permis d’importer le contenu des jeux précédents à ceux qui les possédaient.

Cela dit, WoA n’arrive pas les mains vides puisque, outre une boutique en ligne blindée de DLC (faut bien manger) et le contenu gargantuesque des trois jeux, on trouve des challenges hebdomadaires, des missions sniper bonus surtout, un nouveau mode baptisé freelancer.

Dans ce dernier mode aux accents rogue-like, les joueurs se verront assigner des contrats aux termes desquels il leur faudra débusquer à chaque fois et aux quatre coins du monde un des parrains du monde de la pègre pour le faire passer dans un monde meilleur (ou, plus vraisemblablement, pire compte tenu de ses états de service).

Dans ce nouveau mode, 47 disposera d’une planque personnalisable et tout équipement qui ne trouvera pas son chemin jusqu’à elle sera définitivement perdu. Autant vous dire, que la difficulté risque de monter encore d’un cran (j’avoue, j’ai pas testé le mode).

Testé sur PS5, ce beau bébé de 86 go s’avère particulièrement propre, avec une fluidité apparemment irréprochable (oui, j’ai un léger problème de nullité qui entrave ma progression dans l’intrigue), des décors magnifiquement mis en scène, des foules de PNJ hallucinantes (la mission qui se déroule pendant un défilé de mode est un bon exemple).

La mission du défilé de mode dans Hitman (2016)

Pour le reste, rien de neuf à signaler, IOI s’attelant depuis pas mal de jeux déjà à améliorer sans renouveler le matériau de base.

Après un briefing présentant sa ou ses proies (toujours des raclures parce que tuer, en vrai, c’est mal, hein ?), l’agent 47, désormais amnésique, peut choisir son armement et son lieu de déploiement (la plupart des choix n’étant accessible qu’après avoir préalablement réussi divers objectifs au cours des parties précédentes), est lâché dans un environnement immense, truffé de PNJ hostiles dans lequel il est libre d’opérer comme bon lui semble.

A lui d’éviter d’attirer l’attention tout en cherchant à se rapprocher de la cible, généralement bien planquée et/ou entourée.

Heureusement pour les gros nuls comme moi, le jeu propose trois niveaux de difficulté. Dans le plus simple d’entre eux, les gardes seront ainsi moins nombreux et réactifs.

Puisqu’il faut conclure, je recommande très franchement cette nouvelle sortie à ceux qui n’ont pas déjà joué aux trois précédents titres (en même temps, il s’agit d’un repackaging de Hitman 3… à un moment, vous allez finir par vous en rendre compte) et à ceux qui conçoivent que l’infiltration ne puisse pas toujours se faire à coup de fusil à canon scié et de lance-roquettes (quelle tristesse).

Beau et très complet, WoA est très littéralement un jeu somme qui risque de vous occuper un bon moment.

Développeur : IO Interactive

Editeur : IO Interactive

Date de sortie : 26 janvier 2023

Genre : Action/infiltration

Prix : 69,99€

PC / XBOX Series / PS5

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Baalim

Vieux joueur, atariste convaincu, collectionneur de trucs bizarres et hétéroclites, geek à ses heures perdues, pratiquement certain de n’avoir rien signé et de ne pas être payé, il se demande encore ce qu’il fait là.