Wreckfest

Vrrooooooouuuummmmm vrooouuuuuuummmmm *bam* « mais bouge ta merde, connard ! » vroooooouuuuuummmmm hiiiihiiiiiihiiiiii *bam* ! Non, je ne suis pas en train de tester un DLC de Dirt Rally 2.0 mais Wreckfest, un jeu de courses automobiles bien plus dans mes cordes. Vous voyez, dans toutes les simulations pointues genre Gran Tourismo, quand un concurrent vous bloque, il faut feinter et essayer de le dépasser proprement. Alors que soyons honnêtes, il est quand même bien plus simple de l’envoyer bouffer une barrière avant de poursuivre sa route. Les développeurs de Bugbear semblent être du même avis que moi et, après plusieurs épisodes de Flatout à la qualité en dents de scie, ont passé de nombreuses années à peaufiner leur bébé, le bien nommé Wreckfest. Sorti en Early Access il y a plusieurs centaines d’années (au bas mot), oublié, codé par périodes, il avait tout du vaporware qui allait traîner dans ma catégorie « EA » sur Steam. Oui, je mets tout dans des catégories, je suis comme ça. J’en ai même fait pour les contacts Steam. Entre les « Connards », « Ne pas répondre » et autres « Gros Trolls », c’est pas toujours facile de s’y retrouver (et surtout pour savoir où mettre ruvon) mais que voulez-vous c’est mon truc.

Maman je suis une star !

Mais revenons à nos jantes rouillées et autres pare-chocs brinquebalants avec ce simulateur d’accidents qui restera à coup sûr de nombreux mois sur mon disque. Certes j’ai mis du temps à m’y mettre, déçu que j’étais de Carmageddon: Reincarnation, mais bon sang, tant de temps perdu alors qu’il me reste encore tant de tôle à froisser ! Disposant d’une classique carrière solo, Wreckfest innove un peu et, au lieu de vous mettre directement au volant d’un tacot, vous demande de mériter un minimum cet honneur en vous refilant… une tondeuse à gazon. Oui messieurs dames, la première épreuve du jeu est une arène dans laquelle il va vous falloir survivre aux charges violentes et bestiales de tondeuses à gazon.

Même pas peur !

Chez une immense majorité de personnes, cela suffirait à valoir un ALT + F4 rageur et une désinstallation rageuse mais, étant à priori aussi con que les développeurs, j’ai mis les gaz et j’ai foncé dans l’arène. Et bon sang, que ce fut bon ! Votre monture n’avance pas, se conduit comme une brouette chargée de pierres et pourtant, la mayonnaise prend. Peut-être grâce au très bon moteur physique. Peut-être grâce à ce qui semble être une réalisation technique aux petits oignons. Bref, vous voilà lancé dans une grande carrière de pilote redneck au fidèle d’une bagnole dont ne voudrait même pas une casse.

Au menu des arènes, où il faudra faire le plus de dégâts possible et pourquoi pas finir avec une voiture capable de rouler, et des courses vous opposant à un ou plusieurs autres pilotes. Le but est à chaque fois le même : finir premier en remplissant si possible divers petits challenges (mettre HS 4 concurrents, finir avec plus de 10 secondes d’avance…) pour gagner plus d’argent. Argent qui, sans surprise, vous permet de débloquer de nouvelles pièces pour votre poubelle. La customisation est simple, inutile d’avoir un BEP en mécanique, tout comme la personnalisation de votre véhicule. Pas la peine de chercher les néons, de toute manière vous ne conduirez qu’en vue intérieure pour garder intactes les sensations de conduite.

Barrez-vous, cons de mimes !

Car si Wreckfest est tout ce qu’il y a de plus classique sur le fond, c’est sur la forme qu’il se démarque et ce de fort belle manière. La réalisation technique est vraiment parfaite, que ce soit pour la gestion de la physique ou au point de vue des graphismes, projetant le joueur en plein Midwest au milieu des champs et autres terrains boueux, lui faisant visiter les ornières comme nul autre avant lui. Non arrêtez, ne me parlez pas du dernier Flatout, s’il vous plaît. Et Destruction Derby est bien trop vieux, la nostalgie a ses limites. L’ambiance sonore n’est pas non plus en reste et s’avère très immersive, avec de bons gros bruits de v8 et autres froissements de tôle. L’IA n’est pas non plus à la traîne avec des adversaires qui n’hésiteront pas à vous envoyer au tas si ça ne nuit pas à leur course. Mais ce qui fait le sel du jeu, c’est la conduite des véhicules. J’ai fait le test sur mon beau-frère, venu innocemment en visite quelques jours. Les deux premiers soirs, le sachant fan de rally, je l’ai collé devant Dirt Rally 2.0. Après quelques tâtonnements, il a vite pris ses marques et a commencé à faire de bons temps. Plus il avançait dans le jeu, plus il s’affûtait.

C’est donc avec un brin de sadisme que je lui ai proposé d’essayer Wreckfest. Et autant vous dire que le pauvre a galéré pendant un moment. Bien plus que sur Dirt. Parce qu’il évitait les concurrents, qu’il essayait de prendre les trajectoires les plus propres possibles. Alors que non non non, ça n’est pas comme ça qu’on joue à ce jeu ! Dans Wreckfest, il faut se servir des autres pour bien prendre un virage. Savoir quand et comment les dégager pour qu’ils vous laissent la place. Savoir quand partir en dérapage ou freiner. Car sous ses atours de gros bourrin bas du front, le bébé de Bugbear est une ode au pilotage, au vrai. Celui des hommes portant un stetson et une énorme boucle de ceinturon, qui finissent cul sec leur bouteille de moonshine avant de passer derrière le volant. Habile mélange d’arcade, de bourrinitude (si si ça existe, ouvre un dico bon sang !) et de doigté, il s’adresse aux esthètes qui n’ont pas peur de mettre la main dans la gueule des autres à la pâte. Un régal dont Monsieur_C serait capable de vous parler pendant des heures, avec plein de mots compliqués de plus de trois syllabes.

Mais aïeeeuuuuuu !

Alors non, soyons honnêtes, les jeux de course ne sont pas ma came. Passer des heures à apprendre chaque tracé à fond, savoir quand freiner ou régler la course de mes amortisseurs, très peu pour moi. Mais quand je lance Wreckfest, je sais que ma session sera fun, sans prise de tête. Chaque partie est un défouloir sans nom où, en plus d’essayer d’arriver premier, je vais aussi tenter d’accomplir tous les challenges. Parce qu’ils sont funs. Parce que (et essayez de prendre un air surpris sinon vous allez me vexer) sous mes dehors d’être sensible et innocent, je dois être un gros bourrin qui adore tout casser. Et Wreckfest me donne toute latitude pour ça. Alors merci Bugbear. Merci pour les tondeuses à gazon. Merci de récompenser mes coups de pare-chocs dans le cul de mes adversaires. Bon par contre, mettez moins de 6 ans pour sortir votre prochain jeu la prochaine fois. Parce qu’à force on va vous oublier…

Genre : Course automobile

Développeur : Bugbear

Éditeur : THQ Nordic

Date de parution : 14 juin 2018

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

4 pensées sur “Wreckfest

  • 11 juillet 2019 à 11 h 09 min
    Permalink

    Waouh. Ton meilleur article. On sent que tu es dans ton élément. Mais dis-moi Jamy : est-il possible de choisir un véhicule électrique ou hybride pour lutter contre la fonte des glaciers dans Skyrim ?
    (Message perso : la plage est propre et l’eau est très agréable. Je prépare un barbeuc pour 15 h, le temps de faire l’apéro).

    • 11 juillet 2019 à 11 h 13 min
      Permalink

      Je te hais.

  • 16 juillet 2019 à 21 h 52 min
    Permalink

    Tiens c’est marrant, il me semble bien que j’avais fait un barbec’ tranquillou le midi du même jour, juste le temps de profiter de la pause du boulot en rentrant à la maison…

    Ahhhh oui c’est sûr, on n’a pas que des avantages à ne pas vivre près de la capitale. Ca va sinon l’expatrié ? [insérer ici le :trollface: qui va bien]

    • 16 juillet 2019 à 22 h 58 min
      Permalink

      Il est dans les cartons l’expat’ et il rêve d’être à la plage !

Commentaires fermés.