Warparty

Je sais ce que vous vous dites et effectivement ça semble logique. Laisser Sig tester un jeu sur les hommes préhistoriques, c’est s’assurer que la véracité historique est respectée… Mais à Dystopeek nous respectons les différences, que ce soit un âge trop avancé ou même l’appartenance à un peuple… différent. Donc désolé pour vous mais c’est moi qui m’y colle ! Surtout que dans Warparty les hommes préhistoriques combattent… des dinosaures. Inutile d’écrire à la rédaction pour rappeler qu’ils n’ont jamais cohabité, si vous me laissiez finir vous sauriez que le scénario explique le pourquoi du comment et que tout devient très logique.

En effet, le peuple des Go’n a découvert une formidable source de pouvoir qui leur permet, entre autres, de créer des dinosaures et les soumettre à leur volonté. Il en suit une période de prospérité pendant laquelle, en toute logique, des clans se forment pour ensuite s’affronter en une guerre qui ne laisse que quelques temples debout, ainsi que des artefacts disséminés un peu partout. En admettant que Ruvon vous ait donné un peu de sa mixture magique, vous vous dites que tout ceci coule sous le sens, et l’apparition de nouvelles tribus cherchant à restaurer le pouvoir Go’n ne vous surprend pas. Vous allez bien entendu pouvoir diriger chacune d’entre elles pour soit anéantir le monde, soit le sauver. On est d’accord, le scénario n’est pas exactement le point fort de Warparty mais franchement, on s’en fiche un peu du pourquoi du comment tant qu’on peut maraver son voisin, non ?

Contrairement à Dawn of Man qui œuvrait dans une gestion abordable mais poussée, Warparty essaie quant à lui de réanimer un genre qui vivote tant bien que mal ces dernières années : le RTS. Pas le RTS racé d’Eugen Systems avec son front mouvant et ses grands mouvements enveloppants, non, Warparty fait dans le RTS old school, genre redneck coincé dans son champ. Et vous savez quoi ? Ça fait un bien fou de revenir aux sources !

A la tête d’un des trois leaders disponibles pour autant de campagne, vous allez devoir, comme au bon vieux temps, envoyer vos paysans récolter des ressources (nourriture et cristaux) et construire vos casernes, forges et autres camps secondaires. Vous évoluerez aussi à travers 3 âges, histoire de débloquer de nouvelles troupes et améliorations. Du classique bien solide qui vous donnera l’impression d’être à la maison dès les premiers clics. Au niveau des combats, même topo avec des unités qui se contrent, obligeant à panacher ses armées. Rassurez-vous, s’il existe bien entendu des troupes humaines classiques, vous pourrez diriger des dinosaures apprivoisés. Avouez que ça a quand même plus de gueule un archer chevauchant un tigre à dents de sabre ! Et histoire de rajouter une petite couche d’imprévu, les développeurs ont rajouté des sorts (pluie de météorites, spawn de zombies, éclairs foudroyants…) puisant dans une réserve remplie par des autels à capturer (et qui seront bien évidemment très disputés toute la partie). Une excellente idée qui réserve pas mal de surprises !

Jusqu’à maintenant, rien ne permet à priori de faire sortir Warparty du lot. Heureusement pour eux (et nous), Warcave Studios (en partenariat avec Crazy Monkey Studios, les créateurs de l’excellent Guns, Gore and Cannoli) a essayé de bien faire les choses pour son premier titre et a travaillé les différentes factions disponibles. Les Wildlanders, menés par Mika et sa grande épée, incarnent la tribu humaine très classique (et de fait simple à prendre en main) avec son lot de guerriers, d’archers et autres guérisseurs. Heureusement pour eux, ils peuvent apprivoiser les dinosaures (et animaux préhistoriques) et les faire combattre à leurs côtés. Attendez-vous donc à lancer des Tyrannosaures et autres mammouths contre les défenses ennemies ! C’est une faction solide, sans point fort ni véritable faiblesse.

Les Vithara, à l’inverse, sont très dépendants du Pouvoir pour le recrutement de leurs troupes. Menés par un Sage qui a décidé que l’homme ne mérite pas de vivre sur Terre et qu’il faut laisser la place aux dinos, ils ne comportent en leurs rangs pas d’humains. L’utilisation massive du Pouvoir, que ce soit pour les sorts ou le recrutement, est un talon d’Achille car il est bien plus difficile à produire. La campagne avec cette faction est d’ailleurs un bon exemple de foirage en matière de dosage de difficulté (mais bon le jeu est encore en cours de peaufinage, il n’y a, je l’espère, pas de raison de s’inquiéter)…

La dernière faction, les Necromas, est menée par Char le nécromant et est un peuple issu du désert. Si leurs troupes humaines sont faibles, l’intérêt de ce peuple est sa maîtrise des arts noirs, avec notamment la possibilité de générer gratuitement des zombies et surtout de créer des golems et autres élémentaires. Un peuple à deux facettes qui veut… exterminer toute vie sur Terre. Oui, rien que ça ! Vous avez donc deux factions avec des tendances génocidaires et la brave Mika au milieu, qui essaie de les arrêter pour qu’hommes et dinosaures puissent cohabiter en paix. Cela donne donc trois petites campagnes de 6 missions chacune pendant lesquelles vous assisterez aux mêmes évènements, sous un angle différent. Oui, ça implique de se cogner trois fois la même carte et de ne plus avoir de surprise au niveau du scénario. C’est dommage et c’est un point que le studio devra travailler à l’avenir.

Si Warparty est un jeu taillé pour le multi-joueurs, on s’aperçoit très vite que ce dernier est assez vide et qu’il est difficile de trouver un adversaire. Une fois la campagne solo terminée, il ne vous restera plus qu’à vous tourner vers le mode survie ou les escarmouches contre l’IA. C’est assez chiche et j’espère vraiment que le jeu trouve son public et que la communauté grossisse.

Vous l’aurez remarqué en observant les captures d’écran, Warparty ne mettra pas à genoux votre PC de la NASA et tournera même sur les configurations les plus modestes. Le jeu est agréable à l’œil et pour une fois la caméra n’est pas placée trop près du sol. Bon, comme d’habitude on ne peut pas avoir de zoom arrière digne de ce nom mais cela reste jouable. Techniquement j’ai pu noter quelques bugs, comme ces unités qui passent sous le sol mais qui restent actives et une IA bien toujours bien maline. Rien de bien grave et surtout rien qui ne puisse être réglé par un petit patch.

Que penser de Warparty donc ? Pour un premier jeu, c’est tout à fait encourageant. Les trois factions ont un gameplay vraiment distinct, l’équilibrage est correct (même si pour moi les Vithara sont en retrait) et on prend plaisir à jouer à ce RTS old school mais original. Malheureusement, on en fait aussi vite le tour du fait de campagnes trop courtes et si le multi-joueurs ne décolle pas, j’ai bien peur qu’il soit rapidement oublié. Surtout que le prix est un peu élevé pour le contenu proposé…

Genre : Stratégie

Développeur : Warcave, Crazy Monkey Studios

Éditeur : Warcave, Crazy Monkey Studios

Date de parution : 28 mars 2019

Disponible sur Steam

Version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *