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El Dorado: The Golden City Builder

Décidément, j’ai l’impression de passer ma vie à tester des jeux de gestion ces derniers temps. Vous me direz, je le cherche bien mais quand même, toujours avoir un nouveau titre à découvrir ces derniers temps est aussi sympa que frustrant. Parce que l’on est normalement toujours surpris par un élément du jeu et surtout parce qu’il est difficile d’en voir le bout quand on doit enchaîner. El Dorado: The Golden City Builder réussit quand même le double exploit de ne pas me donner envie d’en voir le bout tout en me surprenant par ses prises de position que je qualifierais de foireuses.

Ma maman, qui est la deuxième lectrice de Dystopeek après vous, me le dit souvent : il faut que j’arrête de balancer la conclusion du test en intro et que j’essaie de construire un semblant de suspense. Sauf que dans le cas présent, je suis tellement déçu par El Dorado: The Golden City Builder que je n’ai pas envie – tout comme ses développeurs – de faire le moindre effort.

Parce que les développeurs de Holo Bunch n’ont pas vraiment forcé pour pondre leur titre et ont essayé de cacher son côté classique derrière quelques bonnes idées mal exploitées. Allez, accrochez votre ceinture on va voir tout ce qui ne va pas dans ce titre.

Tout d’abord, jugeons les apparences. Je ne l’ai pas fait avec Baalim et je le regrette amèrement. El Dorado: The Golden City Builder est moche et même très moche de près. Les animations des villageois sont limitées, les textures pauvres et surtout il n’y a absolument aucune sensation de vie lorsqu’on regarde son village évoluer. Village qui n’a absolument aucun charisme et dont on se fiche très vite.

Parce que voyez-vous, la campagne d’ El Dorado: The Golden City Builder est en fait un long, et pénible, tutoriel. Vous débutez avec une ville foireuse, on vous dit qu’il faut améliorer tout ça pour satisfaire un dieu, vous collectez des ressources, faites un temple pour ledit dieu et zou, carte suivante. Absolument aucun intérêt, on se contente de placer les bâtiments demandés au moment demandé.

Petite originalité tout de même : l’arbre de développement est en fait sous la forme de différentes constellations, qui correspondent aux différents dieux. Elles nécessitent un certain nombre de ressources et une fois débloquées apportent tout un lot de nouveaux bâtiments. Qui vont bien entendu servir à produire de nouvelles choses pour débloquer une population de plus en plus exigeante, vous connaissez la chanson.

Sauf que dans les faits vous n’avez pas vraiment à maintenir un haut niveau de satisfaction pour contenter votre peuple. Vous n’avez d’ailleurs pas vraiment d’outils pour surveiller ladite satisfaction. Ni pour le reste d’ailleurs, l’interface n’ayant pas été un critère majeur pour les développeurs. Impossible d’avoir d’un coup d’œil les stocks de vos ressources ou la consommation, il va falloir cliquer un peu partout.

Et ça encore, ça n’est qu’un petit défaut d’interface. Imaginez que vous devez raser un quartier : vous allez sélectionner l’outil de destruction des routes, puis l’outil de destruction des champs, puis l’outil de destruction des bâtiments. Oui c’est aussi ridicule que pénible… Comble du n’importe quoi, qui m’a valu de perdre une partie : on peut remplir ses entrepôts. Ce qui est normalement cool. Ce qui l’est moins, c’est qu’on ne peut pas virer de ressources. Pas la moindre unité (ou alors je n’ai pas trouvé).

Donc si vous ne surveillez pas votre production, certaines ressources vont prendre toute la place dans l’entrepôt, empêchant la production de ressources essentielles, comme les galettes de maïs. Résultat vos paysans meurent de faim devant des stocks monstrueux de maïs ou devant des boulangeries qui n’ont nulle part où amener leur production. N’espérez pas construire d’autres dépôts, ils n’augmentent qu’à peine la capacité… Et de toute manière vous n’aurez jamais assez de bois.

En parlant de ressources, si les gisements s’épuisent vite, il est possible de faire appel aux dieux pour qu’ils vous offrent des gisements à exploiter, ce qui permet en fait de… mieux remplir vos entrepôts. Et pour les ressources indisponibles sur la carte ou via les divinités, il reste le système de troc qui doit être au panthéon des systèmes de commerce foireux.

En effet, il n’est pas possible de savoir à l’avance ce qu’il va être possible d’acheter et absolument tout a la même valeur. Vous voulez 3 morceaux d’or ? Ça sera 3 poissons mon bon monsieur. Un esclave ? Une galette de maïs. Ah oui j’ai oublié de vous dire que les esclaves sont une ressource comme une autre et qu’il faudra les chasser dans la jungle. Impossible de mettre en place des routes commerciales, il faut tout faire manuellement. Ridicule.

El Dorado: The Golden City Builder enchaîne les perles comme ça, ne proposant jamais quelque chose de vraiment gratifiant. Si vous instaurez une production efficace, il faudra la pauser régulièrement. Si vous voulez vous étendre rapidement et monter en technologie, il faudra perdre un temps fou à chercher les ressources rares. Et n’espérez pas vous rattraper en attaquant les villes adverses (qui vous attaquent aussi), c’est inintéressant au possible.

Moche, sans le moindre challenge autre que celui proposé par ses propres limites, El Dorado: The Golden City Builder réussit l’exploit de me permettre de vous regarder droit dans les yeux et de vous dire de ne pas l’acheter. Oui, je vous conseille de ne pas acheter un jeu de gestion, je ne pensais pas ça possible.

Mais il y a de tels soucis dans ce jeu, sa campagne foireuse et inintéressante, ses choix de gameplay, son interface pourrie, ses bugs, ses chaînes de production faméliques ou ses graphismes d’il y a dix ans, rien, absolument rien si ce n’est le thème – original mais malheureusement inexploité – ne vaut le coup d’investir le moindre euro ou pire, la moindre heure dedans. Il y a tellement mieux ailleurs.

Genre : City Builder

Développeur : Hobo Bunch

Editeur : Gameparic

Date de sortie : 17 Juin 2024

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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