Paradise Lost

Débunker le bunker

Pour mettre un terme à la Seconde Guerre Mondiale qui s’éternisait jusque dans les sixties, les nazis ont dégainé les ogives nucléaires. Non sans avoir préalablement préparé le terrain à une formidable utopie de vie en communauté dans un bunker souterrain. Une utopie tournée vers l’eugénisme aryen, parce que quand même, c’est pas la ZAD, ici. 

1980. Szymon, un garçon de 12 ans, tombe sur l’entrée du bunker. Seul dans ce monde post-apocalyptique, il y pénètre. Coup de bol, il possède une photo de sa maman en compagnie d’un homme, prise à l’intérieur des lieux. Et si cet homme était son père ? Pas plus choqué que ça par cette coïncidence de maboule, il entame la descente des escaliers. Bien vite, une voix féminine va l’accompagner dans sa découverte des lieux à travers le moindre haut-parleur. 

En modèle parfait de walking-sim, Paradise Lost ne propose aucun puzzle, aucun challenge. Marcher, tirer des leviers, lire des lettres : voilà tout ce qu’on y fait. Vu les performances techniques du titre, on imagine de toute façon mal la moindre phase d’action un peu énervée. Même la possibilité de courir nous est enlevée, sans doute pour laisser aux textures le temps de se charger à leur rythme. Même avec cette ruse, on surprend parfois leur apparition.*

*Config de test : i5 2,5GHz, 8GB RAM, GTX 1050Ti 

Du bunker à l’ouvrage. Visuellement, Paradise Lost passe à un cheveu d’être totalement générique. Il est sauvé in extremis par le travail sur les détails de ses pièces, et la variété qu’il propose sur 4h. La lecture des documents récompense le joueur qui s’y tient, avec des éléments de background réfléchis. À part dans le dernier quart, on est cependant rarement surpris. Il faut dire que les nazis sont prévisibles. Le twist sur la mythologie Slave, bienvenu, reste malheureusement en retrait.

Paradise Lost cherche peut-être la sécurité en jouant la carte du bunker nazi post-apo. Un décor rebattu qui n’aide pas un walking-sim à 12€ à sortir de la masse. Cela malgré le soin indéniable apporté aux décors et à la narration. J’aurais du mal à vous dire de vous jeter dessus, sauf si vous êtes féru d’urbex nazie et que vous avez épuisé tous les bunkers de la côte atlantique.

paradise lostSite Officiel

Développeur : PolyAmorous (Pologne)

Éditeur : All in! Games

Sortie : 24 mars 2021

PC

12€

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Bofang

J'écris pour justifier le temps perdu à jouer pendant que d'autres montent des start-up.