Monster Sanctuary

Un jour je serai le meilleur witcher

Prenez Sacha-de-Bourg-Palette. Ôtez-lui sa casquette et son gilet bleu. Enfoncez-lui un chapeau de mage sur le crâne et drapez-le d’une capeline en cuir. Remplacez ses Poké Balls par des fioles d’apothicaire. Voilà, vous êtes prêt pour ce test de Monster Sanctuary. Car sa recette est la même que celle de Pokémon : une histoire anecdotique, prétexte à mettre au pas la faune sauvage dans d’atroces combats à mort pour gagner argent et gloire. Haaa, l’enfance.

Faut-il que je vous fasse le pitch scénaristique du jeu ? Non ? Merci. Après le choix d’un premier familier auprès d’un vieux forcément sage, on part donc chasser et agrandir la map. Notons quand même que la structure choisie, le metroidvania, est cohérente avec les facultés des bêtes de tout poil. Quand un buisson bloque le passage, on essaie naturellement de capturer une limace de feu ou une bestiole à grandes griffes pour élaguer tout ça. Idem avec les orbes qui font souvent office d’interrupteurs, et qui ne réagissent qu’au contact d’un élément précis (eau, feu, glace, terre, électricité).
À l’exception du château qui fait office de hub central, les bourgades manquent un peu. Du reste, les environnements, s’ils sont vastes et variés, manquent de vie et de folie. Tout est agréable à l’œil, mais on a l’impression d’avoir déjà visité ces égouts ou cette forêt dans 100 autres jeux.

Les créatures en elles-mêmes peuvent parfois paraître peu inspirées. Elle n’ont surtout pas la même vocation que des Pokémons : elles s’inscrivent dans un environnement médiéval-fantastique plus « terre-à-terre ». Les seules, à mon sens, vraiment ratées, sont celles qui n’entretiennent pas de lien logique avec leur environnement. Un bouquetin de glace, on comprend le lien. Un crapaud qui crache de la boue, d’accord. En revanche, j’ai eu plus de mal à accepter un chat-mousquetaire ou un chevalier électrique en armure (?). Exotique aussi, la présence de bons vieux gobelins verts. On ressent donc un effet pot-pourri, comme si on avait mélangé des Playmobils, des Legos et des peluches pour jouer avec.

Passées ces considérations qui sont probablement loin de déranger tous les grands enfants, le bestiaire est varié. Chaque animal possède un arbre de compétences qui s’étoffe au fil des niveaux. À côté, les Pokémons et leurs quelques attaques font pâle figure. Chacun de nos compagnons peut cumuler différents types (feu et vent, par exemple) et dépenser ses points de compétences dans 4 arbres distincts, ce qui rend la composition d’une équipe polyvalente particulièrement aisée. Le farming, évidemment très présent, n’est pas trop pesant : les niveaux de tous les monstres progressent en même temps, même ceux qui ne participent pas aux combats. Impossible donc de se retrouver bloqué devant un boss parce que le seul membre capable de lui faire du mal serait encore à l’état d’un Chenipan niveau 2. Ce qui nous amène aux combats. 

Pour se fritter dans Monster Sanctuary, il faut prendre en compte le type des ennemis. Avant chaque combat, on compose son équipe selon les vulnérabilités d’en face, toutes clairement identifiées à l’écran. Ensuite, la plus grande idée du jeu est sans nul doute son système de combo, qui nous oblige à porter les attaques les plus faibles en premier, pour profiter d’un multiplicateur de dégât sur la plus dévastatrice. Un système qui n’a rien d’un artifice et dont l’utilisation judicieuse fait clairement la différence entre une victoire éclatante et une défaite cuisante. Sans compter d’autres subtilités, salvatrices au dresseur qui prendra le temps de réfléchir (boucliers rechargeables, effets offensifs ou défensifs cumulables). Entre le joueur qui avance sans réfléchir et celui qui prend le temps d’optimiser ses troupes, il y  a un vrai gouffre de progression.

Monster Sanctuary propose des combats très plaisants dans leur genre et un leveling agréable, à un prix tout à fait correct vu son contenu. Son seul bémol reste son manque de personnalité visuelle. Pour le reste, c’est un excellent Pokemon-like aux combats plus souples et plus riches. Si ce test a été réalisé sur PC, son format et le farming inhérent à la formule en font un jeu particulièrement propice à de petites sessions sur Switch. 

Site officielMonster Sanctuary
Développeur : Moi Rai Games
Éditeur : Team17
PC, Switch, PS4, Xbox (Gamepass)
20€
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Bofang

J'écris pour justifier le temps perdu à jouer pendant que d'autres montent des start-up.

Une réflexion sur “Monster Sanctuary

  • 19 décembre 2020 à 9 h 13 min
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    Comme si j’avais déjà pas assez à faire, tu m’as fait installer le jeu, j’espère que tu es fier. Maintenant Harv va encore plus râler que j’ai toujours pas fini d’écrire mon top.

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