Whispers of a Machine

J’aime les expérimentations gustatives, sensorielles ou artistiques. Ces tentatives de marier différents éléments pour voir ce qui en ressort sont toujours plus intéressantes que de reprendre une formule essorée et la reproduire à l’identique. Notez que ça ne fonctionne pas toujours. Le hardcore-musette, la pizza à l’ananas ou l’ornithorynque en sont la preuve. Mais dans les jeux vidéo, ça peut carrément donner naissance à de nouveaux genres.

Sans aller jusque-là, Whispers of a Machine propose ses propres ajouts à un genre ancestral, le point&click, pour dépoussiérer un peu le gameplay. Et le résultat est prévisible : c’est intéressant. Mais revenons en arrière avant d’arriver trop vite à la conclusion. Dans un futur post-apocalyptique où ne subsistent que quelques vestiges de technologie avancée, un meurtre a été commis dans le bled paumé de Nordsund. En tant qu’agent spécial du FBI local, c’est Vera qui est envoyée sur les lieux.

Et spéciale, elle l’est : c’est une augmentée, disposant de pouvoirs adaptés à son statut d’enquêtrice, comme un scanner dans les yeux ou la capacité à analyser le rythme cardiaque des personnes qui l’entourent. Ce qui, dans un univers en reconstruction et revenu en arrière technologiquement, lui confère un statut bien plus à part que son arme et son badge.

On découvre vite qu’il y a eu un autre meurtre le temps qu’on arrive sur place et c’est l’occasion de tester ses petits gadgets. L’investigation suit une logique, les indices dessinent une trame et la découverte des habitants de la ville met à l’oeuvre l’autre particularité du gameplay de Whispers of a Machine : en fonction de nos choix de dialogue, on va tendre vers un caractère (empathique, autoritaire…) qui conditionnera la suite de l’aventure.

Ça n’a pas l’air ouf dit comme ça, mais en gros les puzzles ne seront pas résolus de la même manière suivant les choix qu’on aura fait. Une bonne idée qui pourrait presque apporter de la rejouabilité à un point&click. L’enquête est bien ficelée entre croyances religieuses, ivresse du pouvoir et manipulations dans tous les sens. La voie que j’ai choisie m’a amené sur des puzzles aux solutions logiques à une exception près. Globalement c’est du solide et ça donne envie de savoir ce que nous réservent les autres branches du scénario.

L’aventure peut donc connaitre plusieurs dénouements conditionnés par nos choix, rapprochant la narration de celle d’un « jeu de rôle » au sens premier du terme (parce que non, ce ne sont pas les combats ou l’attribution de points d’expérience dans des compétences qui font un jeu de rôle mais bien le fait d’incarner un personnage et d’influer sur son destin par ses choix).

Graphiquement c’est du pixel-art « classique », plus fin que les jeux Wadjet Eye mais sans génie et aux couleurs un peu ternes. C’est correctement animé et l’interface est bien pensée (et on peut double-cliquer pour changer d’écran instantanément, un détail tellement indispensable dans un jeu d’aventure qu’il devrait être obligatoire). Par contre la partie sonore est bien discrète malgré le voice acting très propre.

Sans révolutionner le genre et après un Kathy Rain de qualité sorti quelques années plus tôt, Clifftop Games apporte donc sa petite touche de personnalité pour enrichir son jeu. L’inconvénient du système, c’est que chaque embranchement est un peu court. Je peux comprendre que cela demande un gros boulot de créer plusieurs expériences de 4-5h chacune, mais j’ai subi le syndrome du « déjà fini ? » en arrivant au bout. Ce qui est bien la preuve que j’en voulais encore.

Genre : Point&Click

Site officiel

Développeurs : Clifftop GamesFaravid Interactive

Éditeur : Raw Fury

Plateforme : Steam / GoG

Prix : environ 15€

Date de sortie : 17 avril 2019

Ruvon

Chaologue pas encore retraité, traître renommé, survivant accompli. Mon domaine, c'est le jeu vidéo, du FPS hardcore au point&click niais, et depuis toujours amoureux du tour-par-tour.

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