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Republic of Pirates

Après un très décevant El Dorado, j’étais toujours en quête de ma dose hebdomadaire de city builder et espérais que le prochain à pointer son nez serait plus attrayant. Coup de bol, c’est Republic of Pirates et ses jolies plages des Caraïbes qui s’et manifesté et, charmé par ses couleurs chatoyantes, je me suis lancé à la conquête de ses îles.

Votre papa s’est fait buter par le méchant pirate du coin, vous n’avez qu’une coque de noix sur laquelle naviguer et vous êtes poursuivi et sans le sou. Alors que d’autres auraient sagement vendu le bateau et seraient partis ouvrir un bar au beau milieu du désert, vous décidez que c’est vraiment trop injuste et fondez une colonie, la première d’une longue série.

Depuis votre bout de caillou, vous allez devoir attirer un maximum de pirates, les rendre heureux et riches – dans n’importe quel ordre – et surtout aller casser la bouche à votre nemesis. Et accessoirement survivre au milieu de ce panier de crabes ou chaque faction, qu’elle soit pirate ou pas, va essayer de soit vous manipuler, soit vous rayer de la carte.

Si les factions pirates ne sont pas vraiment un souci, sauf certaines attaques scriptées, gérer les puissances Européennes présentes dans le coin va nécessiter un peu plus d’huile de coude et énormément de quêtes annexes.

Parce que même si la partie city builder est mise en avant dans les trailers, une immense partie de votre temps va se passer sur l’eau à diriger votre flotte.  Attaque de convois, recherche de tonneaux flottants, tous les poncifs du genre sont là et vous allez parcourir ces mers dans tous les sens, en augmentant graduellement le nombre de vos bateaux possédés mais aussi leur taille et équipement.

N’espérez toutefois pas une partie STR aux petits oignons, vous allez vous contenter de faire un grand lasso et d’envoyer tout ça bousiller tout ce qui flotte (ou pas d’ailleurs), sans oublier de régulièrement rentrer au port pour tout réparer. Attention donc à ne pas acheter Republic of Pirates pour une mauvaise raison, c’est sympathique mais pas de quoi se relever la nuit.

Penchons-nous plutôt sur la partie city builder qui est très très légèrement inspirée par Anno 1800… Je me moque mais les développeurs de Crazy Goat Games ont de toute évidence adore le jeu d’Ubi Soft et s’en sont beaucoup inspiré, même s’ils ont oublié de copier pas mal de bonnes choses.

Prenons la gestion des stocks par exemple. Comme chaque île a ses spécificités et favorisera la culture d’une ressource plutôt que d’une autre, on pourrait s’attendre à devoir mettre en place de complexes lignes de ravitaillement comme dans Anno. Mais non, dans Republic of Pirates toutes les îles ont accès aux ressources présentes dans les entrepôts. Il n’y a que la main d’œuvre, bien entendu divisée en plusieurs niveaux, à gérer et satisfaire.

Ne vous en faites pas, ça n’est pas bien dur à faire d’ailleurs car les chaînes de production ne sont pas bien complexes. Il suffit de spécialiser les îles, d’y grouper les industries correspondantes au niveau de population et d’attendre que ça ronronne. Ce qui n’est d’ailleurs pas si évident car les outils manquent un peu pour avoir une idée précise de la consommation et de la production. D’autant plus que les entrepôts n’ont pas une capacité énorme.

On s’amuse donc à optimiser chaque île, non pas parce que c’est indispensable mais plutôt parce qu’il n’y a pas grand-chose d’autre à faire, on met une ou deux maisons closes, une taverne et une prison et zou, on part conquérir l’île suivante jusqu’à être suffisamment fort pour anéantir chaque faction ennemie.

Republic of Pirates n’est pas un mauvais jeu, loin de là. J’ai passé un très bon moment à chaque fois que je l’ai lancé mais… c’était surtout parce que je me concentrais sur la maîtrise des mers et que je m’amusais à pourchasser chaque navire pirate croisé et à faire un maximum de quêtes.

Je n’ai jamais été inquiété sur la partie gestion, qui est facile à équilibrer, et ai plus souvent pesté sur l’interface étrange, avec un système peu ergonomique du classement des constructions, qu’autre chose. Cette partie conviendra aux novices mais laissera très vite les vétérans du genre sur leur faim.

Republic of Pirates est un bon petit jeu dans le sens où, même s’il n’a pas de grandes ambitions, son but – atteint – est de distraire le joueur en lui proposant une campagne très dynamique avec de nombreux rebondissements. Dommage pour lui, la partie gestion est un peu trop légère (sans être pour autant désagréable) pour recommander sans hésitation aux amateurs hardcore de city builders et la partie combats bien trop présente, oblige à parfois délaisser pendant de trop longues minutes la construction. Remarquons tout de même ses beaux graphismes, son thème et son histoire et sa bande son parfaitement adéquate, qui feront mouche auprès du grand public.

Genre : City builder

Développeur : Crazy Goat Games

Editeur : PQube

Date de sortie : 19 Juin 2024

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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