Replaced
Il y a des périodes comme cela où les jeux arrivent par paquets de dix et où il est bien difficile de trouver assez de temps pour tout tester. Pour certains titres dispensables cela n’est pas bien grave, on se sert même de cela pour passer au suivant, mais pour d’autres il est bien moins facile de passer à la suite sans les avoir retournés de fond en comble. Inutile de vous dire que Replaced vient directement dans cette catégorie et qu’il ne me tarde qu’une chose : m’y remettre.
Développé par Sad Cats Studio, une équipe de développement basée à Chypre qui a déjà… rien du tout à son actif, Replaced est un cinematic action-plateformer. Le terme est d’eux et je dois dire qu’il colle parfaitement ! Tout commence dans la ville dystopique de Phoenix dans une Amérique des années 80 que vous n’avez pas envie de visiter. R.E.A.C.H, une super IA (décidément…), se retrouve piégée dans le corps d’un scientifique, Warren Marsh, suite à un incident et doit fuir les lieux du drame avec la police aux fesses.
Il faut dire que le monde dans lequel vous venez d’être projeté n’est pas des plus tolérants et, suite à quelques petits incidents nucléaires, les villes se sont enfermées derrière des murs en laissant pas mal de monde en dehors. Ce qui est bien, mais pas top niveau relation de voisinage. Toujours est-il que Reach-Warren doit fuir la ville et se retrouve en dehors du mur, où il lui (leur ?) faudra survivre aux habituels clans de dégénérés.
Heureusement, notre héros sera recueilli par une communauté bienveillante et plus particulièrement Tempest, un jeune homme casse-cou qui rêve de franchir le mur. Profitant de cette convergence de buts, vous allez donc vous associer à lui. Pour le reste… vous verrez bien. Parce que même s’il est facile à anticiper, le scénario de Replaced propose quelques petites surprises.

Ce qui fait la réelle force du titre, c’est sa direction artistique, toute pixellisée, et surtout sa mise en scène. Quand je vous parlais de cinematic action-plateformer, je n’exagérais pas : dès le lancement du titre on est happés par l’introduction où notre héros va fuir, tomber, fuir encore sans que l’on puisse vraiment se poser ou prendre le temps de réfléchir. Si par la suite l’intensité diminue, il y aura toujours des passages où le joueur va basculer en mode no brain et enchaîner les actions sans même y réfléchir.
Ce sera notamment le cas lors des phases de poursuite où il faudra courir, sauter et repérer où s’accrocher pour ne pas périr. C’est d’une efficacité redoutable ! Heureusement pour nous toutefois, le gameplay de Replaced ne se résume pas à courir vers la droite, tomber, courir vers la droite, grimper. Certes, vous passerez énormément de temps à faire cela, mais il y a aussi les combats.

Et quels combats ! A chaque rencontre avec des ennemis, vous vous retrouverez dans une zone fermée et devrez affronter de très nombreux ennemis, armé seulement de votre pioche et votre matraque-pistolet. Au menu, parades, timing d’esquive aux petits oignons et renvoi de projectiles à l’envoyeur. Si vous aimez les chorégraphies à la Batman Arkham Asylum vous allez être servis : impossible de marteler comme un bourrin, il va falloir danser en rythme et gérer chaque ennemi selon ses forces et faiblesses.
Coups puissants pour arracher les boucliers et armures, roulades pour éviter les charges, parades millimétrées pour envoyer un combo dévastateur (oui je dis un et non pas une combo !) et surtout charge de votre pistolet (en portant des coups) pour flinguer de loin. Il faut être dans le rythme pour s’en sortir et défaire les ennemis qui ont tout de même la gentillesse d’arriver par grappes et non pas tous à la fois.

Votre progression est donc – hors séquences de dialogues dans la station refuge – une succession de phases d’exploration où il faudra ne pas vous contenter de suivre bêtement le chemin, des bonus améliorant vos capacités étant disséminés un peu partout, et de phases de combats jusqu’au boss de niveau qui, à l’ancienne, a son pattern bien spécifique et doit être vaincu en plusieurs étapes. Ça n’est jamais ma mécanique préférée mais c’est justifié scénaristiquement donc…
Certaines ficèles de Replaced sont assez grosses, notamment ces phases d’infiltration où vous devez esquiver des projecteurs braqués par les ennemis du moment, ou ces phases de grimpette qui finissent invariablement par une chute ou une glissade. Mais avec cette 2.5D et cette direction artistique, au style graphique si particulier et fourmillant de détails, ça passe. Très bien même. L’ambiance est fabuleuse, la bande-son oppressante et on s’émerveille de voir un titre aussi détaillé en pixel art surtout avec cette caméra qui sait s’éloigner, se rapprocher ou bien fournir des angles originaux sans jamais gêner la lisibilité.

Replaced ne plaira pas à tout le monde, beaucoup le trouvant répétitif et prévisible. Si cela est vrai pour le deuxième point, je ne suis pas d’accord pour le premier. D’une part parce qu’il n’est pas suffisamment long pour lasser le joueur, et d’autre part parce que le level design est très bien fichu, à défaut de vous surprendre. C’est du classique mais du très efficace, même si parfois, du fait du pixel art, les zones qu’il est possible d’escalader ne sont pas toujours faciles à repérer. Mais je chipote, c’est vraiment histoire de…
Si ces détails ne vous dérangent pas, parce que le titre est quand même très agréable une fois qu’on est dedans, alors Replaced vous offrira une expérience très agréable, à la durée de vie honnête (comptez une bonne dizaine d’heures). Les combats sont un véritable ballet où le rythme est primordial et qui s’avèrent jouissifs quand on met à terre les ennemis, un à un, de manière fluide et sans prendre un coup !

Replaced est pour moi un énorme coup de cœur. Lancé sans en attendre des merveilles, je me suis retrouvé happé par ce monde sombre et dystopique où une IA pointe du doigt les dysfonctionnements de la société et où on va s’appliquer à changer ce que l’on a nous même mis en place.
Certains seront plus sensibles que d’autres aux défauts énumérés précédemment, je pense pour ma part que s’arrêter à cela serait passer à côté d’un titre à la forte personnalité et au gameplay accrocheur. Allez, combien de fois avez-vous vous vu un titre avec une telle direction artistique, mélangeant combats et plateformes ? Rendez vous service, testez au moins la démo.
Genre : Cinematic action plateformer
Développeur : Sad Cat Studios
Editeur : Thunderful Publishing
Date de sortie : 14 avril 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Cinematic action plateformer