Pragmata
Mon premier contact avec Pragmata date de la Paris Games Week 2025 : il y avait des PC à disposition pour l’essayer, Baalim a pris la manette, y a joué quelques minutes et a décrété qu’il n’aimait pas et que le jeu avait l’air nul. Ce qui m’arrangeait en fait, car il m’intéressait fortement ! Quelques mois et un peu de patience plus tard, nous recevions la clé et quelques semaines encore plus tard (ne dites pas aux autres que je suis à la bourre), j’ai enfin eu le temps d’y jouer et de vous présenter mon avis. Spoiler alert, Baalim a encore une fois…
Dans Pragmata, vous dirigez Hugh, un astronaute envoyé avec son équipe vérifier que tout va bien dans une station lunaire qui ne donne plus de nouvelles. Comme vous pouvez vous douter, l’arrivée est mouvementée, Hugh est séparé de son équipe et se retrouve seul avec… Diana, une androïde nouvelle génération qui le remet sur pied. Les deux vont ensuite s’associer pour parvenir à contacter la Terre pour appeler de l’aide car – et sinon le jeu ne serait pas bien palpitant – l’IA gérant la station, IDUS, les considère comme des hostiles et leur envoie plein de méchants robots pour leur briser les rotules.
Vous voici donc, engoncé dans votre combinaison spatiale, une gamine turbulente sur les épaules, à arpenter une base où l’imprimante 3D semble avoir été prise de coups de folie. Ah oui, j’ai oublié de vous dire que sur cette base les imprimantes utilisent le lunafilament, un composant miracle qui permet d’imprimer tout et n’importe quoi, à commencer par les… Pragmatas, ces androïdes dont Diana fait partie.
A vous donc l’exploration de la station, secteur après secteur, en suivant un scénario certes assez prévisible mais laissant l’opportunité au joueur de se promener de manière presque libre dans ce monde semi-ouvert. Comprendre que l’on peut revenir dans des quartiers déjà visités pour finir d’explorer au fur et à mesure que l’on améliore son équipement et que l’on gagne de nouveaux pouvoirs. Et c’est d’ailleurs recommandé car tout n’est pas accessibles dès le début et que vue la montée en puissance des ennemis, mieux vaut être équipé !

Pour ce faire, vous pourrez améliorer non seulement votre armure et armement, qui va du pistolet à énergie qui se recharge tout seul au lance-filet permettant d’immobiliser plusieurs adversaires ou même au générateur de leurre pour attirer ces derniers au loin. Il y a de quoi faire, avec cependant un petit bémol : les munitions sont en quantité très limitées et on ne peut avoir que 4 armes (en comptant le pistolet de base) à la fois.
En plus de cet armement basique dirons-nous, il y a un autre aspect des combats (mais pas que) à gérer dans Pragmata, et c’est sûrement le plus important : le hacking. Voyez-vous, les ennemis sont quasiment insensibles à vos coups sauf lorsque vous parvenez à les hacker. Le truc, c’est qu’il faut les hacker, grâce à Diana, tout en esquivant les attaques et en tirant.

Cela pourrait sembler insurmontable mais en fait pas du tout : avec le clavier vous diriger les mouvements de Hugh tandis qu’à la souris vous allez passer sur des modules d’une grille représentant les défenses de l’adversaire. Passez sur certains symboles et sa défense sera diminuée. Atteignez son cœur numérique et plusieurs points vitaux seront vulnérables, il vous suffira alors de tirer dessus avec Hugh.
Si les débuts sont assez simples, avec des androïdes assez lents qui n’attaquent qu’au corps à corps, très vite vous allez vous retrouver à affronter une demi-douzaine d’adversaires en même temps, chacun ayant son schéma d’attaques et de spécificités.

Il va donc falloir déterminer ceux dont il faut se débarrasser en priorité, utiliser l’armement puissant à bon escient (dont les munitions sont très limitées n’oubliez pas) et surtout savoir quand utilisez l’overdrive de Diana, qui permet de mettre quasiment HS tous les ennemis sur une grande zone.
Malgré cette danse entre les ennemis et ce jonglage continuel entre hacking, esquives et attaques (qui est en fait simultané), Pragmata n’est pas spécialement difficile. Alors oui, vous vous ramasserez très souvent en n’ayant pas su prioriser les menaces, mais bien souvent, en restant mobile et en observant cela se passe plutôt bien.

En cas de mort par contre, retour au hub dédié qui vous permettra de revenir dans la zone désirée. Cela permet de refaire le plein, plutôt que de réapparaître en slip près de l’endroit où vous venez de périr, et d’utiliser les ressources glanées. Comme les points de voyage sont fréquents, il n’est pas très pénalisant de mourir.
Au niveau de l’exploration entre les combats, là aussi les développeurs ont fait fort : il est très facile de passer à côté de beaucoup de bonus si on ne prend pas le temps d’observer son environnement et si on n’exploite pas son équipement, notamment les boosters qui permettent d’atteindre des zones éloignées.

Le level design est quant à lui excellent car il y a toujours un raccourci à débloquer pour gagner du temps ou revenir d’une zone ayant nécessité de revenir en arrière pour être explorée. C’est parfait, on n’a pas l’impression de tourner en rond et on s’approprie vite les lieux.
Au niveau de la réalisation technique c’est aussi un sans-faute, le jeu est très beau avec des environnements variés. On aurait pu craindre d’avoir à se cogner des longs corridors blancs tous identiques mais non, le jeu nous surprend en exploitant le côté imprimante devenue folle. Une grande leçon de dosage entre combats en arènes fermées et crapahutage.

Mention spéciale au doublage des acteurs qui permettent au joueur d’être complètement immergé dans l’histoire : les deux personnages discutent constamment, la petite fille pose des questions en continu auxquelles Hugh tente tant bien que mal de répondre. C’est frais, c’est vivant, très cinématique et cela fait oublier que le scénario n’est pas le plus original qui soit.
C’est d’ailleurs la grande force de Pragmata : prendre plein de choses vues partout ailleurs et y rajouter sa petite touche personnelle qui transcende le tout. Vous aimez les combats contre plusieurs adversaires ? Nickel, rajoutez donc le hacking par-dessus ça vous changera. Vous aimez bien jouez deux personnages ? Hop, on rajoute un lien émotionnel qui grandit au fur et à mesure que l’histoire progresse. Ne rigolez pas, vous serez bien vite comme moi à chercher de nouveaux jouets pour la petite !

Je peux comprendre pourquoi Baalim n’a pas été enthousiasmé en quelques minutes sur Pragmata : c’est un jeu qui se prend en main petit à petit, au fur et à mesure qu’on découvre ses mécanismes et son histoire. Les premiers combats ne sont là que pour habituer le joueur à tout gérer à la fois et ne présentent pas vraiment de challenge ou d’intérêt. Non, Pragmata se savoure sur la durée et se laisse jouer sans qu’on s’en rende compte.
Une difficulté bien dosée, un équilibre combats/exploration parfait, des affrontements nécessitant une bonne concentration sans être insurmontables, Capcom semble avoir trouvé la bonne formule avec un titre sans prétention qui assure dans tous les domaines. Et les joueurs (mis à part Baalim donc) ne s’y trompent pas, il suffit de voir les 14000 avis « overwhelmingly positive » de Steam… Allez, ne passez pas à côté !
Genre : Action futuriste
Développeur : CAPCOM Co., Ltd
Editeur : CAPCOM Co., Ltd
Date de sortie : 17 avril 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Action futuriste