Dive or Die: Children of Rain
Ce test de Dive or Die: Children of Rain aurait normalement dû être écrit par EvilBlackSheep. Mais n’écoutant que son courage, elle a préféré partir se faire bronzer à la plage en me laissant en plan à la rédac. Impossible de me retourner vers Baalim, qui a lui aussi déserté les locaux ou même vers SAAvenger qui… est fidèle à lui-même. C’est donc dans des conditions optimales – crevant de chaud et abandonné de tous – que je me suis lancé dans l’aventure créée par Drop Rate Studio.
Jeudi 12 mars, 14h30. Des pluies diluviennes s’abattent sur le monde. Cela pourrait être une bonne nouvelle vu les sécheresses qu’on subit ces derniers temps. Malheureusement, quiconque touche l’eau de ces pluies devient fou et meurt. Ce qui, vous l’avouerez, est un peu ballot. L’humanité tente donc de survivre comme elle peut et quand les pluies s’arrêtent enfin, il ne reste plus qu’une poignée de survivants, regroupés dans un village dont vous avez la charge.

C’est dans ce contexte enjoué et encourageant que vous allez vous organiser. Vous disposez d’une poignée de bâtiments – il faudra bien entendu en construire d’autres – au départ pour votre survie immédiate : le dock, depuis lequel vous plongerez, l’atelier, où vous pourrez crafter de l’équipement, l’hôtel de ville, où vous gérerez les gens et le phare, qui vous permet d’envoyer des explorateurs chercher des ressources sur les îles avoisinantes.
Chaque personnage disposant de traits particuliers, il faudra affecter ceux qui correspondent le mieux aux bâtiments afin qu’ils apportent des bonus. Très vite, il faudra construire une pêcherie, une infirmerie, un autel… Attendez, un autel ? Pas un hôtel ? Oui, un autel, car les pluies sont dues au Rainmaker, une divinité lovecraftienne qu’il faudra satisfaire en réunissant 8 idoles. Et en attendant, l’autel va vous servir à faire des sacrifices pour le faire patienter et gagner de précieux jours.

Parce que vous n’avez au départ que 40 jours pour réunir les idoles, et qu’un jour passe à chaque fois que vous effectuez une plongée. Autant vous dire que vous n’aurez normalement pas assez de temps pour accomplir votre objectif et qu’il faudra de temps en temps se… séparer de certains survivants (oui je les renomme tous Baalim et Evilblacksheep avant de les sacrifier sur l’autel).
Au fur et à mesure que les jours passent, vous recruterez de nouveaux survivants, qui arrivent quotidiennement à votre phare, vous améliorerez vos bâtiments afin de profiter de bonus passifs, de ressources gratuites… les trucs habituels. Vous devrez aussi nourrir et divertir vos habitants, leur attribuer de nouveaux traits lorsqu’ils passent un niveau, en clair de la gestion de colonie un peu light, mais avec des choix à faire à la This War of Mine, en un peu moins punitif tout de même.

Et tout comme la simulation dépressive de 11 bit Studios, Dive or Die: Children of Rain a un twist pour la récupération de ressources. Vous n’allez pas devoir vous promenez en temps réel dans une ville en ruines mais plonger, toujours plus profondément, dans les eaux très inhospitalières recouvrant le monde. A la recherche de ressources (planches, minerai, nourriture…) mais aussi de guides et des fameuses idoles.
Comme vous pouvez vous douter, les débuts sont rocambolesques : votre équipement est moisi, vous ne pouvez rester que quelques minutes sous l’eau et votre capacité d’emport est ridicule. Ah, et si vous n’arrivez pas à remonter avant que votre bouteille d’oxygène, votre plongeur meurt et vous perdez tout ce qu’il a récupéré. Encourageant hein ?

Alors au début, on ne s’éloigne pas trop du dock. On essaie de mémoriser par où on passe – parce qu’il faut parfois remonter à toute vitesse et non, il n’y a pas de carte à disposition -, on fuit devant le moindre monstre et on flippe. Beaucoup. Parce que tout dans Dive or Die: Children of Rain veut vous faire la peau : les environnements retors où tout se ressemble, les coins sombres où votre lanterne n’éclaire pas loin, les monstres, statiques ou non, qui peuvent vous avoir en quelques coups.
Alors on flippe, on se demande si ça vaut le coup de remonter ou s’il ne vaut pas mieux plonger un peu plus loin parce qu’on a encore un peu de place dans le sac. Et petit à petit, on améliore l’équipement, avec de meilleures bouteilles, de meilleures palmes, on crafter des armes, un sac à dos, notre plongeur gagne de nouvelles compétences – ce qui rend sa mort assez catastrophique – et on gagne en assurance et découvre de nouvelles zones.

Chaque plongée reste tout de même risquée, on est constamment au bord de la chaise, à essayer de ne pas trop gagner en assurance, un comportement insouciant pouvant mener au pire, et c’est cette ambiance étouffante, oppressante, qui rend Dive or Die: Children of Rain si particulier. Ça et la direction artistique bien entendue, que ne renierait pas Darkest Dungeon. C’est glauque, c’est sombre, tout le monde a une sale tronche. La rédac de Dystopeek avec plus de flotte en fait.
Au niveau technique, Dive or Die: Children of Rain ne mettra pas à genoux votre machine de bourgeois et c’est tant mieux car il tourne comme un charme sur Steam Deck. Les animations sont assez limitées en plongée, mais cela donne un charme désuet au titre et si je devais relever des points négatifs, ce serait au niveau de la stabilité (bon ok je n’ai eu qu’un crash mais il m’a ruiné une plongée pendant laquelle j’avais récupéré plein de choses), les hitboxes assez grossières (mais on s’habitue vite) et l’interface, avec des menus pour la gestion du village peu intuitifs à la manette. Alors que je la recommande pour les plongées…

Stressant, glauque, punitif, les qualificatifs accompagnant Dive or Die: Children of Rain sont nombreux et tendent tous vers une expérience de jeu intense et assez unique. L’univers est parfaitement exploité, la direction artistique parfaitement choisie et le jeu mettre à rude épreuve vos talents de gestionnaire – pour arriver à maintenir à flot votre camp (pun intended) – mais aussi vos nerfs et votre mémoire, quand il faudra retrouver son chemin à 300m de profondeur.
Proposé à 18€, Dive or Die: Children of Rain est un must have si vous aimez les jeux de survie à la This War of Mine, ces jeux qui vous placent dans des situations désespérées que vous savez impossibles. Bon, heureusement pour nous le titre de Drop Rate Studio n’est pas aussi punitif que celui de 11 bit Studios, à moins de jouer avec tous les taquets de difficulté au maximum, et la progression, parfois en dents de scie mais toujours motivante, fera que vous craindrez autant que vous attendrez avec impatience la prochaine plongée. Dans tous les cas, n’hésitez pas c’est une réussite, surtout pur un deuxième titre !
Genre : Roguelike sous-marin
Développeur : Drop Rate Studio
Editeur : Dear Villagers
Date de sortie : 21 juillet 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Roguelike sous-marin