Jeux vidéoJouer

Din’s Champion

Vu que j’ai bien travaillé ces derniers temps, le patron a décidé de me remercier en me filant une clé pour Din’s Champion, le nouveau jeu de Soldak Entertainment à qui on doit déjà Drox Operative, Depth of Peril ou, justement, Din’s Curse.

Et la première impression quand on lance le jeu est assez douloureuse. Certes, on est bien chez des développeurs indépendants, lesquels jouissent par ailleurs d’une bonne réputation mais, il ne faut pas se voiler la face, c’est moche. C’est même très moche. Je ne vous cache pas que j’ai failli défaillir en voyant la tête du jeu. C’est bien simple, on croirait presque un shareware échappé de la fin des années 90.

Une fois remis de mes émotions, je me suis quand même posé la question de savoir si, moche ou pas moche, le jeu pouvait néanmoins s’avérer intéressant et trouver grâce à mes yeux meurtris. C’est que je suis un vrai professionnel qui ne va quand même pas se laisser emmerder par des graphismes 3D tout moches.

Et au bout de 10 minutes de jeu, je n’ai qu’une chose à dire : Terraria. Voilà, vous savez tout, on remballe et on passe à la suite. Non ? Ok, on va donc rentrer un peu dans le détail et vous allez voir si je vous ai menti.

On est d’accord que c’est moche ?

Comme je le disais, la première impression qui se dégage du jeu est très clairement que nous nous trouvons face à un clone de Terraria avec des éléments, notamment les personnages, en 3D mais une progression qui se fait sur un plan 2D, latéral ou vertical.

Après avoir choisi votre avatar (archer, magicien, guerrier, voleur, etc.) et à peine débarqué dans le monde de Din’s Champion, un monolithe vous dégueule pêle-mêle une dizaine de quêtes (allez donc assassiner untel, allez récupérer un truc, allez construire une maison, allez construire une église en Afrique… ah non, le dernier, c’est une erreur de ma part).

Euuuh, oui, il y a bien une patte artistique…

Une fois les quêtes acceptées (attention, il y a une limite pour les boulimiques), vous constatez que l’intégralité de vos possessions terrestres consiste en une arme et une pioche. C’est déjà ça mais ça ne fait pas lourd pour survivre dans le coin qui ne semble pas particulièrement accueillant. En tout cas, je me suis fait courser par une bande de squelettes qui, à l’évidence, n’avaient pas à cœur de me rendre mon portefeuille.

Suivant que vous ayez opté pour un guerrier, un voleur, un archer, un mage, etc., l’arme en votre possession variera en début de partie. Mais l’armement est, à ce stade du jeu, secondaire. Enfin, ça dépend. Je me comprends.

Vous allez passer un bon moment sous terre. Oui, comme dans Terraria.

Vous êtes, dès les premières secondes de jeu, pris d’une envie irrépressible d’utiliser cette magnifique pioche qui traîne dans vos raccourcis situés, fort logiquement, en bas de l’écran et auxquels vous accédez avec les touches du pavé numérique. Autant vous dire que je suis assez mal barré avec mon clavier 65 % et mes gros doigts. Pour être tout à fait honnête, le jeu prend également en charge la manette mais le fonctionnement m’a semblé assez anarchique.

Bref, passée cette légère contrariété, mon brave personnage, mage de feu de profession, décide d’étrenner sa magnifique pioche en tapant un peu partout. Et comme vous pouvez vous en douter, il pleut alors des blocs de terre, de pierre, de sable ainsi que des tronçons d’arbres (oui, ils étaient en travers du chemin et ils s’écroulent de manière très satisfaisante) qui vont illico remplir votre magnifique inventaire. Lequel n’est, hélas, pas illimité.

Autant vous dire que je en suis pas revenu chez moi, à moins de trouver un portail.

Les raccourcis situés en bas de l’écran ne surprendront pas les vieux briscards puisqu’on y retrouve les traditionnelles touches I pour l’inventaire, E pour les interactions, C pour la fiche de personnage et F pour la fabrication d’objets (dont les torches, absolument indispensables pour votre survie). Je dois bien vous avouer que si vous n’avez pas compris ce paragraphe, vous êtes assez mal barré pour la suite du jeu.

Une fois mieux équipé, notre personnage entreprend logiquement de créer son premier atelier pour fabriquer plein de trucs ainsi que sa première fournaise pour couler différentes briques… de bronze notamment. Ahem. Puis viendra le tour de la maison rudimentaire (moi) ou du gratte-ciel de 50 étages (mon fils).

Différents biomes. Tous moches certes mais il y a du choix.

Oui, oui, je sais à quoi vous pensez là tout de suite : Terraria. Et rassurez-vous – ou non – mais cette très forte impression de déjà-vu ne va pas s’atténuer dans les heures qui vont suivre. En effet, c’est pas tout ça mais il faut bien gagner sa vie dans le monde de Din. C’est donc parti pour une exploration du vaste monde au beau milieu duquel vous avez été largué.

Et, bien évidemment, la première chose que vous allez faire, c’est de tabasser des arbres et de creuser le sol histoire d’essayer de trouver quelques menues babioles telles que des minerais ou des matériaux, nécessaires pour confectionner d’autres trucs moins austères et, éventuellement, les revendre aux rascals de marchands qu’on trouve un peu partout et qui se feront un plaisir de vous arnaquer. « Comment ça mon rubis vaut que dalle ? Alors pourquoi tu vends le tien au prix d’un rein, hein ? »

Oui, je ne suis pas encore promoteur immobilier mais ça prend forme.

Votre partie va donc rapidement être ponctuée de séances de minage compulsif et de morts plus ou moins accidentelles, la plupart d’entre elles étant dues à un adversaire un peu retors ou, le plus souvent, à une chute en plein sous-sol. Bref, on meurt, on perd son inventaire, on repart à la chasse, on récupère son inventaire et hop, on tombe, on meurt, on perd son inventaire et c’est encore reparti pour un tour. « Promis, je lance une dernière partie et je vais me coucher. Argggh. Bon, cette fois, c’est la dernière ! »

Bien évidemment, et tout comme dans un certain jeu dont je vais arrêter de citer le nom toutes les trois minutes mais qui commence vraisemblablement par un T, votre personnage peut se confectionner de beaux habitats et coffres dans lesquels il entreposera ses trésors patiemment glanés (ou volés dans les maisons des PNJ) et construira différentes machines et établis qui lui permettront, à leur tour, d’améliorer progressivement son équipement et son armement.

Oh le joli lac souterrain ! Et si je creusais à côté ?

À ce stade et après plusieurs heures passées en compagnie du jeu, heures assez plaisantes par ailleurs, j’ai quand même une réelle difficulté à distinguer ce jeu de son plus qu’illustre modèle. Ok, c’est chouette de retrouver un gameplay à la Terraria, surtout après l’abandon de Terraria 2, mais qu’apporte réellement Din’s Champion, en dehors de graphismes 3D pas forcément très réussis (c’est un euphémisme) ?

Eh bien, pour être tout à fait honnête, pas grand-chose sinon une certaine gestion de la physique qui existait déjà dans Terraria et avec laquelle on a pu s’amuser dans Noita avec l’écoulement des fluides, des arbres qui vous tombent dessus lorsqu’on creuse le sol qui se trouve en dessous, la lave qui vous dérouille si vous la laissez s’écouler à vos pieds, les lacs souterrains qui se feront un plaisir de vous noyer, etc.

J’ai gaffé et fait s’écouler tout un lac souterrain. Je vais attendre que l’orage soit passé.

On trouvera également une dimension multijoueur avec du jeu coopératif en ligne et une emphase toute particulière sur la personnalisation de votre héros avec des tonnes de classes différentes et tout autant d’arbres de compétences. De quoi assurer une rejouabilité quasiment infinie au titre pour peu qu’on accroche (ou survive) au visuel.

Il y a également des quêtes dynamiques avec des personnages non joueurs (PNJ pour les nouveaux) un peu plus présents que dans Terraria et qui n’hésiteront pas à vous donner des instructions et à vous récompenser en cas de succès. Dans certains cas, il faudra faire des choix en allant sauver certains d’entre eux ou en les abandonnant à leur triste sort, ce qui aura des conséquences pour l’avenir avec notamment la disparition de certaines quêtes.

Comme dans d’autres jeux du même genre, Din’s Champion gère l’alternance jour/nuit, ce qui aura une incidence très réelle car certains ennemis et biomes s’avéreront bien plus dangereux une fois la nuit tombée. Histoire d’en rajouter une couche, les monstres n’hésiteront à donner l’assaut et à réduire votre magnifique demeure en tas de cendres.

À l’arrivée, tout ceci est très plaisant mais ça reste tout de même un peu léger pour affirmer que Din’s Champion a réellement une identité propre face à son modèle quasi avoué. Du coup, je suis un petit peu ennuyé pour terminer cette chronique puisque, d’un côté, j’ai clairement apprécié le jeu et, de l’autre, je ne peux que déplorer une certaine timidité par rapport à celui auquel il doit manifestement tout.

Vous aimez les menus ? ça tombe bien, y’en a partout.

Cela dit, on parle d’un jeu indépendant réalisé par une toute petite équipe et qui sort plus d’une décennie après Terraria. Si comme moi, vous êtes en manque de ce gameplay et que, contrairement à moi, vous avez fini par lâcher Terraria après ses 3 milliards de mises à jour, j’ai envie de vous dire que Din’s Champion peut s’avérer un bon palliatif.

Et ça aidera la scène indé, ce qui n’est pas rien en ces temps compliqués pour l’industrie du jeu vidéo. Croyez-moi, il y a de bien plus mauvaises manières de claquer 20 balles que d’investir dans ce nouveau jeu de Soldak Entertainment.

Genre : Terraria like

Développeur : Soldak Entertainment

Editeur : Soldak Entertainment

Date de sortie : 24 août 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Baalim

Vieux joueur, atariste convaincu, collectionneur de trucs bizarres et hétéroclites, geek à ses heures perdues, pratiquement certain de n’avoir rien signé et de ne pas être payé, il se demande encore ce qu’il fait là.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *