Cthulhu: The Cosmic Abyss
Je sais, je sais, moi aussi en voyant les premières captures de Cthulhu: The Cosmic Abyss j’ai pensé (espéré !) à un jeu d’horreur, un titre où le flipomètre serait à fond du début à la fin. J’étais motivé à mort, j’avais fait des réserves de sous-vêtements de rechange, je l’attendais. Et comme beaucoup j’ai été surpris de voir qu’en fait le titre est porté sur les enquêtes et qu’il va falloir sortir le calepin plutôt que le fusil à pompe.
Alors dans l’absolu, ça n’est pas bien grave, cela fait toujours du bien de réfléchir devant des indices mystérieux. Surtout qu’en la matière, Noah – notre alter égo au passé chargé comme Baalim un samedi soir – va avoir de quoi faire en enquêtant dans les profondeurs abyssales de l’océan où l’équipe scientifique d’une mission pour le moins particulière a disparu.

Heureusement pour lui, on est en 2053 (le mardi 12) et il a avec lui une IA, Key, qui va énormément l’aider, et un scanner. Noah va donc se balader dans la base sous-marine et ensuite dans les fonds abyssaux à la recherche d’indices qui pourront lui permettre de lever le voile sur… tellement de choses dont je ne vous parlerai pas pour ne pas vous gâcher la surprise.
La phase d’enquête, qui représente l’essentiel du gameplay, consiste à farfouiller un peu partout pour trouver des objets dignes d’intérêt afin de les analyser et les observer. Si des indices sont tirés de cette étude, alors une entrée est ajoutée dans votre journal, qui prend la forme d’un tableau cher aux enquêteurs de police sur lequel il faudra lier les indices entre eux.

Ces liens entre indices servent à parvenir aux bonnes conclusions, celle qui vous permettront de faire progresser l’enquête et accessoirement conserver votre santé mentale. Rien qu’avec cela, vous commencez à voir qu’il y a de quoi s’occuper à farfouiller partout. Heureusement, Noah dispose d’un scanner qu’il peut régler sur différentes fréquences afin de détecter dans le décor les éléments qui l’intéressent. Par exemple, en réglant sur Sang Humain, on pourra suivre les éclaboussures et autres marques laissées par un scientifique blessé.
On peut aussi combiner les fréquences afin de par exemple repérer un tuyau en acier qui serait bouché par de la matière inconnue. On va donc se promener un peu partout, scanner les pièces, relever les indices et les combiner afin de progresser dans l’enquête. Forcément, dans Cthulhu: The Cosmic Abyss il y a Grands Anciens donc il va falloir vous attendre à croiser quelques tentacules.

Sur le papier, et en captures, tout cela fait très envie. Cthulhu: The Cosmic Abyss est verbeux, très verbeux même souvent, mais le constant dialogue entre Noah et son IA assistante permet de maintenir l’attention du joueur, surtout que Key a bien souvent de précieuses indications à fournir. Ajoutez à cela des graphismes splendides qui plongent le joueur dans une ambiance parfaite, une bande son aux petits oignons et vous obtenez… une immense frustration.
En effet, Big Bad Wolf s’est complètement pris les pieds dans le tapis sur plusieurs points qui viennent ruiner l’expérience. Tout d’abord, la partie technique. Quand on gratte un peu le vernis, on s’aperçoit que le jeu souffre d’une liste de bugs longue comme le bras. Et pas des bugs légers malheureusement. Dans ma partie, j’avais régulièrement des scripts qui ne se déclenchaient pas ou pire, le curseur de la souris qui venait se rajouter à l’écran, rendant impossible tout mouvement de la tête. Il me fallait donc quitter et recharger la partie, perdant de fait toute progression.

Ensuite, si la partie enquête est bien évidemment le cœur du gameplay de Cthulhu: The Cosmic Abyss, elle dérive bien souvent vers une impasse de laquelle le joueur lambda (un peu con comme moi donc) aura du mal à se sortir. Les indices s’empilent sans qu’on sache vraiment s’ils sont pertinents ou même suffisants, l’interface fait vite fouillis et repérer ce qui est digne d’intérêt à l’écran tourne vite à la chasse au pixel.
Il faut donc promener son curseur un peu partout en espérant que l’icône d’interaction apparaisse. C’est bien de laisser le joueur se débrouiller, mais il faut quand même éviter que ça ne devienne trop fastidieux. Parce qu’on est quand même dans l’univers tordu de Lovecraft bon sang, il faut qu’on soit au bord de notre chaise, pas calé au fond à s’assoupir.

Une excellente idée sur papier gâchée par un rythme en dents de scie et une réalisation catastrophique – je vous laisse aller admirer les retours des joueurs sur Steam -, c’est ce que nous propose ce Cthulhu: The Cosmic Abyss au physique gracieux mais à l’âme si noire.
C’est dommage, il y avait tellement mieux à faire, comme playtester le jeu avant de le sortir… Baalim me signale qu’ils auraient pu grapiller quelques points en rajoutant un fusil à pompe. Il n’a pas tort, le bougre.
Genre : Enquêtes horrifiques
Développeur : Big Bad Wolf
Editeur : Nacon
Date de sortie : 16 avril 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Enquêtes horrifiques