Conglomerate 451

Et c’est reparti pour un jeu de merde ? C’était ma première réaction en lançant Conglomerate 451. Puis je me suis rappelé qu’il fallait, au-delà de l’écran titre, jouer avant de juger de la qualité d’un jeu.

En pleine écriture de l’article.

Conglomerate 451 nous met dans la peau d’un directeur d’une agence privée chargée d’éradiquer la criminalité dans le Conglomerate 451. Mes souvenirs de Neuromancer sont loin, Blade Runner est un film que j’adore tout comme X-Com. Autant dire qu’en invoquant ces quelques références, le jeu de RuneHeads partait avec un a priori positif. Du cyberpunk en version Dungeon Crawler avec du combat tour par tour et un arbre de compétences pour chaque classe de clone. Parce que le jeu ne nous invite jamais à prendre directement part au combat, mais plutôt à envoyer une équipe de clones qui va faire le sale boulot.

Les artworks pendant les temps de chargement sont réussis.

Vous connaissez X-Com 2 ? Si oui, la gestion de base est la même, en moins beau et moins accessible. Si non, jouez à X-Com 2 et vous comprendrez. Plus sérieusement, le jeu commence en posant les bases du système de combat de façon un peu expéditive, mais oublie de détailler la partie gestion comme si le joueur était déjà en terrain connu. C’est dommage parce que l’avalanche de menus et sous menus peut faire fuir assez rapidement alors que c’est plutôt simple à appréhender.

Un sous menu très simple.

Pour faire simple, il faut débloquer différentes améliorations avec de l’argent et de la technologie qui vont s’acquérir en allant effectuer des missions. Le jeu propose de participer à une campagne ou un mode infini. En campagne, une mission par semaine pendant 75 semaines.

Clarisse, va falloir bosser les explications.

Pour vous donner un aperçu, voici un résumé de ma première mission hors tuto : voiture volante qui atterrit comme dans Blade Runner le jeu. Va chercher l’ascenseur pour accéder à la ruche. Déplacement par case et exploration avec littéralement cinq marchands différents dont la majorité des marchandises ne sont pas disponibles. Combats avec des clichés du cyberpunk (cyborgs, robots et punks avec chiens mécaniques) dans un environnement cliché du cyberpunk (comprendre néons et pluie). Pour chaque combat, il est possible de cibler certaines parties du corps, se buffer (amélioration de défense, augmentation de la dextérité…) et il faut détruire le bouclier de l’ennemi avant de l’éliminer. Il s’efface comme si on était dans la matrice. Tiens un mini jeu de piratage sans grand intérêt et même une possibilité de se faciliter la vie en achetant des bonus pour la mission. J’ai fini par mourir lamentablement et retour à la gestion de base. Ma première impression a été un gros mouais avec une petite pointe de « les références, c’est bien, mais faut en faire autre chose que de simplement les copier ».

Tournez à droite et c’est fini.

Partant de là, je me suis dit que j’étais assez injuste avec le jeu dès le départ alors j’ai insisté un peu et j’ai fait une longue pause pour cause de coronavirus et boulot très prenant. Le retour sur le jeu a été encore plus violent que la première fois, mais pas dans la difficulté. J’ai traversé les missions comme dans du beurre, dont une qui a duré littéralement cinq minutes en comptant l’exploration dans la ville qui se révèle juste l’occasion d’affronter les mêmes ennemis à chaque mission et d’accéder aux marchands du jeu. C’est finalement le plus gros défaut du jeu, il ne cherche jamais à prendre un tant soit peu le joueur par la main pour le faire entrer dans son univers et son gameplay ou lui faciliter la tâche.

Alors deux combats, six ennemis et beaucoup de vide.

C’est difficile de reprocher au jeu sa générosité sur les mécaniques du jeu : il y a plein de classes à débloquer, des pouvoirs à foison, une gestion de base ultra complète et même la gestion localisée des dégâts dans les combats. Autant dire que le jeu promet une vraie richesse en dehors de sa gestion procédurale qui montre ses limites au bout de deux missions, sa beauté graphique toute relative et sa musique fade. Sauf que le jeu te balance tout ou presque dès le départ, l’ergonomie s’est pris un vent et il y a tous ces petits trucs agaçants qui rendent l’expérience frustrante.

Ergonomique à souhait.

Par exemple, lors d’un combat, les ennemis sont sur deux cases différentes et il faut changer de case pour viser tel ou tel ennemi. Pour faire simple, en ragardant l’image ci dessous, je peux viser directement les deux ennemis à droite, mais si je veux viser l’ennemi de gauche, je dois appuyer sur un bouton supplémentaire pour pouvoir déplacer le réticule sur lui. Et si je veux revenir sur les ennemis de droite, je dois recommencer la manipulation. C’est le genre de détail frustrant qui gâche le plaisir parce qu’il ajoute une manipulation inutile dont on pourrait se passer en forçant les ennemis à être sur une seule case ou en permettant le glissement par défaut quand on arrive au bord de la case.

Trois ennemis, deux cases.

Conglomerate 451 a été une expérience douloureuse parce que l’on sent la volonté de proposer une expérience complète avec beaucoup, mais alors vraiment beaucoup de générosité. Mais c’est tellement mal exécuté, redondant et peu pertinent que ça donne qu’une seule envie : appuyer sur désinstaller après avoir écrit cet article.

Genre : Dungeon Crawler Cyberpunk

Développeurs : RuneHeads, RuneHeads srls

Editeur : 1C Entertainment, 1C Publishing EU s.r.o.

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur.

Machiavel

Toujours à l'affût de ce qui peut piquer ma curiosité, peu importe le domaine avec une légère préférence pour les jeux vidéo, le cinéma, la littérature, les séries TV, les jeux de société, la musique, la gastronomie, les boissons alcoolisées et quelques autres petites choses . Ma curiosité est telle le tonneau des danaïdes, sans fond.