Battlestar Galactica: Scattered Hope
Personne ne l’attendait vraiment ni ne l’avait vu venir, ce Battlestar Galactica: Scattered Hope. Il faut dire que le studio français aux manettes, Alt Shift, n’avait pas donné signe de vie depuis 7 ans – et Crying Suns – et qu’ils ne sont pas non plus les plus connus. Etait-ce donc une bonne idée de leur confier une licence aussi prestigieuse, un monument de la Science-Fiction, une série aussi culte… ok j’arrête. Voyons donc si Dotemu a eu le nez creux en signant le titre.
Je ne sais pas si vous avez joué à Battlestar Galactica: Deadlock, l’excellent jeu de stratégie de Black Lab Games sorti il y a maintenant 9 ans et malheureusement indisponible à la vente, mais Battlestar Galactica: Scattered Hope n’a pas grand-chose à voir, mis à part le thème, l’espace, les vaisseaux spatiaux et… non en fait c’est le même principe mais avec une approche totalement différente.

Là où Deadlock nous offrait de superbes graphismes, Scattered Hope part sur du retro pixel qui, passé le premier contact un peu déroutant, s’avère très joli et regorgeant de détails. L’avantage de ce moteur est qu’il permet de tourner sur des machines modestes sans leur faire cracher leurs poumons et qu’il offre une patte unique au titre.
Au niveau du gameplay, alors que Deadlock proposait une longue campagne aux multiples embranchements, Battlestar Galactica: Scattered Hope prend le parti Roguelite et nous met dans les bottes d’un commandant ayant échappé à l’attaque Cylon sur Caprica. Vous avez sauté vers un autre secteur à bord de votre Gunstar, accompagné de deux vaisseaux civils et de 3 escadrons de chasseurs.

Il va vous falloir, à chaque secteur, récolter les ressources disponibles dans ce dernier (épaves, autres survivants à la dérive…), gérer les crises qui ne manqueront pas d’arriver, réparer les dégâts du combat précédent, améliorer divers éléments des vaisseaux ou héros et enfin entraîner le personnel. Tout ça en temps limité avant que les Cylons ne vous retrouvent et ne lancent un nouvel assaut auquel il faudra résister le temps que les moteurs FTL soient disponibles et vous permettent de vous échapper.
Jusqu’au prochain secteur où vous recommencerez, et ce jusqu’au bout du run où normalement vous retrouverez le Galactica. Enfin je vous dis ça mais je n’ai pas encore réussi un seul run. Parce que figurez-vous, jouer à Battlestar Galactica: Scattered Hope, c’est un peu jouer à Frostpunk dans l’espace. Les tuiles vous tombent sur le coin de la tête plus vite que vous n’arrivez à les gérer.

Lorsque vous arrivez dans un secteur, vous disposez d’un nombre limité d’unités de temps. Pour aller fouiller une épave qui vous rapportera des pièces détachées, vous devez dépenser une unité de carburant et de temps. Mais si vous utilisez un héros, vous récolterez beaucoup plus de la ressource concernée. Seul souci, les héros ne peuvent faire qu’une action par secteur. Vous devez donc choisir quels héros employer où selon les ressources qui vous manquent le plus.
Mais s’il suffisait de faire cela, Scattered Hope serait bien trop simple. Dans votre flotte cohabitent plus ou moins pacifiquement plusieurs factions : militaires, mafia, travailleurs. Vous aurez très régulièrement à arbitrer des différents entre ces factions qui feront pencher leur opinion d’un côté ou de l’autre. Si vous êtes en bons termes avec une faction, elle vous offrira des ressources et autres améliorations. Dans le cas inverse, vous souffrirez sabotages, vols, handicaps pendant les combats… De quoi rendre les choses très compliquées.

Vous avez donc, en temps limité (en unité de temps devrais-je dire, si vous voulez rester 2h à réfléchir vous pouvez il n’y a aucune contrainte), décider quoi récolter, si vous envoyez vos héros en vadrouille ou si vous préférez les voir gérer les interactions avec les factions. Il y a beaucoup à faire, rien ne se passe jamais comme vous le voulez et si d’aventure vous arriviez à désamorcer une situation compliquée tout en arrivant à améliorer votre flotte et sauvegarder des ressources, dites-vous bien que quelque chose de très méchant va vous tomber sur le coin du museau.
Par exemple l’enquête pour découvrir qui est le traitre Cylon à bord. Parce que non, les Cylons n’ont pas posé un émetteur GPS sous la coque du vaisseau comme dans tout film d’action qui se respecte : il y a un traître, à vous de le trouver. Et pour cela, il faut dépenser des ressources, questionner et emprisonner vos héros. Oui, ceux là-même dont vous avez absolument besoin pour tout le reste.

Vos étapes à chaque secteur sont donc loin, très loin d’être de tout repos et vous aurez bien vite envie d’hurler à tous ces empêcheurs de survivre en rond d’aller se faire voir chez les toasters, comme on appelle les Cylons. Qui ne seront pas les derniers à se rappeler à votre bon souvenir à la fin du temps imparti dans le secteur.
En effet, à chaque secteur un vaisseau mère Cylon vous tombe dessus avec sa flotte de chasseurs. A vous de déployer deux vaisseaux civils qui serviront de cibles – sympa de vous sacrifier les gars – ainsi que votre Gunstar, qui dispose d’un armement spécifique, et duquel vous ferez décoller vos chasseurs. Le jeu passe alors en temps réel pausable et devient pas frénétique mais tendu : les chasseurs ennemis mettent quelques instants à sortir d’hyperespace, ce qui vous laisse le temps de repositionner les vôtres et de préparer les tirs de zone. Mais le souci est que le vaisseau mère envoie des missiles nucléaires qu’il faut intercepter, que certains chasseurs foncent sur les civils, d’autres allument vos chasseurs de loin pendant que d’autres encore les rendront inopérants quelques minutes.

Et donc vos chasseurs sont vite submergés, l’armement de votre Gunstar ne recharge pas assez vite et les civils sont très vite en feu… Il faut pourtant tenir jusqu’au moment où vous pourrez passer en FTL et fuir le combat pour aller sur un secteur où… tout recommencera. Jusqu’au game over, quand vous n’aurez pas assez résisté ou que les innombrables galères auront mis en charpie votre petite flotte.
Roguelite oblige, vous aurez cependant gagné de quoi débloquer des avantages pour la prochaine partie, que ce soit plus de ressources, de plus grandes chances de gagner des armements rares… C’est classique et efficace et cela donne envie de relancer un run même si ceux-ci sont relativement longs (ou pas si vous partez mal). Il faudra alors faire face à de nouvelles crises, certaines longues se gérant sur plusieurs secteurs, d’autres courtes dont vous vous débarrasser sans même y réfléchir.

Battlestar Galactica: Scattered Hope respecte donc totalement la licence avec ce mélange de combats spatiaux et de gestion de crises, mélange détonnant de passages frénétiques et d’autres où il faut soigneusement peser chaque décision pour prendre la… moins mauvaise. C’est injuste, un peu trop même parfois – je rappelle qu’on est censés fuir pour notre survie et qu’il n’est pas bien important de savoir qui va décharger les caisses qui traînent sur les docks… – mais de la même manière que vous regrettiez (ou pas) d’avoir fait travailler les gamins dans Frostpunk, vous regretterez quasiment toutes vos décisions sur Scattered Hope.
Un thème porteur, une réalisation rétro du meilleur effet (avec toutefois un bémol sur la bande son qui est… loin de ce qu’on pouvait espérer venant de Battlestar Galactica) et des crises variées, il n’en faut pas plus pour m’accrocher (même si encore une fois, j’aurais adoré une simple campagne plutôt qu’un énième roguelite). Dotemu a donc eu le nez creux et il est à espérer que les développeurs rajouteront de nouveaux arcs scénaristiques et crises via des patchs réguliers, histoire que les plus accrocs n’aient pas l’impression de revivre le même run.
Genre : Stratégie Roguelite
Développeur : Alt Shift
Editeur : Dotemu
Date de sortie : 11 mai 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Stratégie Roguelite