Invasion Machine

Invasion Machine propose une simulation de contrôle et de maintien de l’ordre, dans un environnement qui fait penser à une zone reculée d’un pays Moyen Oriental actuel. On a l’impression de se trouver en Afghanistan ou en Irak, sans que ces noms soient cités dans le jeu.

Ce jeu est présenté comme un RTS, mais nous allons voir que ses caractéristiques l’éloignent du profil type de ce genre vidéo-ludique.

Beaucoup d’informations à l’écran.

Vous êtes au service de la BLUEFORCE. Vous commandez une petite escouade composée d’une poignée de soldats et de quelques véhicules, un Hummer camouflage forêt et un camion bâché. Votre affectation est cette province perdue surnommée le Wasteland, The Ghoul territory. Quelques kilomètres carrés de désert, une route, un village et quelques ruines.

Over there

Au milieu de tout ça, une Green Zone minuscule, de 100 m de long, constitue votre base.

Ma base, et ma première mission. Et mon effectif de départ sur la gauche…

Votre véritable QG est loin d’ici : il vous communique par radio vos objectifs, comme aider une patrouille qui va traverser votre zone, ou rechercher dans votre secteur les « terroristes », qui se financent en menant des trafics douteux et se préparent à vous attaquer.

Les principes sont donc originaux, car ils vous mettent dans le rôle de l’occupant, qui souhaite garantir la sécurité pour ses hommes et pour la population locale. Histoire de faire accepter sa présence. Ça vous fait penser à quelque chose ?

Invasion Machine ne se repose donc pas uniquement sur des échanges de tirs entre soldats. Le combat sera aussi celui des opinions et des médias !

John Doe va contrôler un camion. C’est qui le boss ?

Vos nouveaux amis

Dans un RTS, on a en général des ressources à collecter pour fabriquer des unités, des défenses, ou améliorer son matériel. Du bois, des pierres, de l’or, de l’iridium, etc.

Ici les ressources sont les diverses influences. Le ressenti de la population, l’impression donnée à votre commandement, et le poids de votre présence ressenti dans la zone sont les facteurs à entretenir et à surveiller pour remporter la mission. Les jauges sont visibles en permanence en haut de votre écran.

Les jauges d’influence évoluent suivant vos actions.

Vous devez empêcher que l’opinion des habitants de la province ne s’aligne sur celle des narco-terroristes, tout en évitant les pertes parmi vos troupes.

Quelle est l’interaction avec ces 3 factions ? Vos supérieurs vous envoient des messages pour définir vos missions. Vous remportez des points lors de la progression de vos objectifs et vous avez alors la possibilité de commander de meilleurs véhicules, des soldats spécialisés (médecin, opérateur de tirs de soutien, pilote de drone…).

Les locaux ne vous apprécient pas, et leur regard sur vous évoluera positivement si vous apportez votre aide : remise en état de structures, maintien de la sécurité, aide médicale ou humanitaire, dialogue… Bien entendu, lorsque vous fouillez leurs maisons à la recherche de traces de trafic ou de présence récente de terroristes, ils font la gueule. Idem quand vous organisez un barrage filtrant pour contrôler les véhicules. Et si leur point de vue devient trop négatif, ils collaboreront avec l’ennemi.

Alors on fouille ou pas ? (image développeur)

Les « ennemis », opposants-trafiquants-terroristes, auront tout d’abord besoin de vous repérer pour vous frapper. Ils mènent leurs reconnaissances, tendent des embuscades, placent des engins explosifs, bref vous font la vie dure. Ils veulent que vous partiez. Pour cela, ils vont jusqu’à exercer des représailles sur les locaux qui collaborent avec vous, et tenteront le jackpot : enlever ou assassiner un journaliste !

C’est la cata. (image développeur)

Car dans ce guêpier, un reporter pourra parfois être intégré à vos troupes. La bataille de l’opinion se jouera alors. Pas question de lui montrer des blessés, des KIA ou des trucs moches. Ce sera plutôt le moment de distribuer les paquets d’aide humanitaire que vous planquiez depuis des jours.

Un accrochage, ça tire, les camions passent, j’ai un blessé à évacuer. Presse interdite !

Le contrat s’éloigne donc de la mission RTS classique (je détruis les troupes adverses, j’occupe une zone, je construis des silos…).

Guerre de l’opinion

Pour appuyer ce parti pris, sachez que vous devrez évacuer vos blessés ou vos morts, que vous pourrez arrêter et interroger vos ennemis, engager un traducteur, ou évacuer des épaves de véhicules.

Votre activité est donc plutôt inhabituelle et rejoint un travail global de maintien de la paix « propre ».

Une visite au village. C’est calme et tendu à la fois.

Ce sera compliqué, d’autant que les 8 missions prévues pour la campagne sont typées sandbox. Il y a de l’aléatoire dans le ventilo.

Vos soldats ne sont pas des machines. Ils se fatiguent, demandent des pauses, perdent leur moral si leurs amis se font tuer ou blesser et peuvent donc devenir instables ou incontrôlables (rogue). Pour tenir un barrage filtrant en plein désert il y a mieux… Les soldats et les véhicules sont sélectionnés à la souris et le clic droit ouvre un menu radial avec les options disponibles. Il est possible de grouper vos fantassins en escouades et vos véhicules en convois.

Le menu de commande, des sous-menus offrent plus d’options.

Cette liste de features est assez alléchante. Certaines rappellent Joint Task Force, un RTS des années 2000 assez classique (et logiquement oublié) qui intégrait cette manipulation de l’opinion et des médias, en gardant les combats classiques du genre.

Ce jeu passera au stade de l’early access le 26 Février sur Steam, et la version jouable actuellement est sommaire. Elle propose un tutorial, une mission sandbox avec quelques unités (une poignée de soldats, quelques camions et Hummer).

Le potentiel d’un jeu intéressant

Le jeu est en développement et n’en est pas encore au stade où il peut offrir une utilisation confortable de tout ce qui est annoncé. L’équilibrage et l’ergonomie dans un projet de cette ampleur seront décisives.

Cependant, je repère de bonnes idées. Un exemple ? Si vous déplacez la caméra librement sur la carte, votre écran va devenir progressivement flou avec des clusters qui empêchent la vision claire : un message vous avertit que sans unité à proximité, il est impossible d’avoir une Intel fidèle. Un bouton vous ramène à vote unité la plus proche, et la vue se précise en quelques secondes. Cette forme de brouillard de guerre sera-t-elle dans la version finale ? Pas évident, une mise à jour semble l’avoir désactivée.

Ils ont Canal, mais ils ne paient pas l’abonnement…

L’ambiance générale est intéressante. Le désert, la poussière qui vole, une route en mauvais état, un camion passe. L’ennemi est invisible.

Un croisement fictif.

Je trouve le projet intéressant, à la limite du serious gaming sur le thème de la guerre propre illusoire, celle qui ne ferait ni morts ni malheureux. J’attends avec curiosité l’évolution de ce projet mené par un auteur indépendant, en espérant que Invasion Machine soit disponible en version finale au cours de cette année 2020, comme c’est prévu. Rendez-vous pour un point ici-même dans quelques semaines. Il est clairement précisé que de nombreuses mises à jour seront publiées avant qu’Invasion Machine soit considéré comme terminé.

Le jeu est au stade l’open alpha et le Discord vous permet d’y accéder pour satisfaire votre curiosité. Vos commentaires, si vous le testez, seront les bienvenus ci-dessous.

Genre : Stratégie, Simulation

Développeur : Pixel Machine

Éditeur : Pixel Machine

Date de parution : Accès Anticipé sur Steam le 26 février 2020 (Prix probable aux alentours de 20 euros)

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Sigarrett

J'étais là avant. Inventeur du Koh Lanta des Jeux Vidéos, survivant dans l'âme, j'aime la gestion, l'enquête, le mystère, la furtivité, la simulation, les combats spatiaux, et la stratégie.

3 pensées sur “Invasion Machine

  • 25 février 2020 à 20 h 11 min
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    Oublié de commenter mais il a l’air très sympa, ça donne envie ^^

  • 26 février 2020 à 15 h 53 min
    Permalink

    Ça me fait penser à Afghanistan’11 dans l’esprit. Ça a l’air vraiment intéressant comme jeu !

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Commentaires fermés.