Football Manager 2020

Football Manager 2020 est un jeu de merde pétri de bugs et totalement irréaliste. Pensez donc, mes cinq premiers matchs avec les Girondins de Bordeaux se sont soldés par autant de matchs sans victoire. Totalement irréa… comment ça c’est fidèle à la réalité ? Comment ça une équipe de branquignolles incapables de garder un résultat ? Mais arrêtez, je ne vous permet pas ! Laissez-moi rager, c’est la faute du jeu, je ne vois pas d’autres explications !

Pour gagner un peu de temps et permettre à ceux qui ne sont pas familiers avec la licence de comprendre de quoi on cause, je vous renvoie vers les tests de la version 2019 et 2018. Vous saurez comme ça que du fait de leur situation dominante face à la concurrence (qui est inexistante), les développeurs de Sports Interactive ont passé ces dernières années à nous pondre des épisodes solides mais guère innovants. En même temps, comment les blâmer : le jeu se vend par palettes sans qu’ils aient à forcer. Donc Football Manager 2020 c’est Football Manager 2019 + 1, merci d’être passé c’est gentil, bisous.

Réaliste j’vous dis !

Non je déconne. Cette année les développeurs ont fait un effort et, en plus de la mise à jour annuelle de la base de données des joueurs, nous ont rajouté… la vision du club. Le principe est simple : les dirigeants et vous vous mettez d’accord sur une… vision à long terme du club. (oui je sais ça n’était pas évident à deviner). Allez-vous privilégier le recrutement de jeunes joueurs ? L’obtention d’un trophée européen pendant cette période ? Autant d’objectifs qui influeront sur votre manière de jouer et permettront aux coachs les plus aventureux de ne pas se faire virer au bout d’un an lorsqu’ils n’arrivent à rien avec une équipe de merde (au hasard marseille. Non je ne mets pas de majuscule. Et oui je vous merde, les sardines). Vous serez donc constamment noté par vos dirigeants, qui verront d’un bon œil la fessée mise à un club rival mais grinceront des dents quand vous aurez claqué votre budget transferts dans un jeune issu du centre d’apprentissage d’Orléans.

La vision du club

A propos des jeunes justement et surtout du centre d’apprentissage, celui-ci a subi une refonte qui permet enfin de vraiment suivre l’évolution de vos jeunes pousses. Vous saurez ainsi en un clin d’œil qui promouvoir en réserve ou même en sénior, qui surveiller aux entraînements. C’est bien fait, c’est pratique et cela permet de rapidement déceler les pépites. Autre nouveauté qui en découle : lorsque vous essayez de signer quelqu’un, ou que vous renouvelez un contrat, vous allez devoir promettre un temps de jeu minimum et un rôle au sein de l’effectif. Cela permet d’attirer plus facilement certains joueurs mais, revers de la médaille, vous oblige à tenir vos engagements.

Cette phase a lieu juste avant la négociation du contrat en lui-même, qui n’est plus aussi irréaliste qu’avant. Il est en effet bien plus facile de négocier, les agents ne faisant plus de demandes surréalistes. Ou alors je n’en ai pas croisé… J’ai aussi noté que les coachs gérés par l’intelligence artificielle s’intéressent beaucoup plus à votre effectif et n’hésiteront pas à vous faire des demandes de prêt ou même d’achat, principalement pour vos jeunes (ce qui normalement vous met la puce à l’oreille concernant son potentiel).

Le goal est clairement hors-jeu !

C’est marrant quand même. Je vous annonce que le jeu n’évolue pas et pourtant la liste des nouvelles fonctionnalités s’allonge. Il faut dire qu’elles sont tellement disséminées ici et là, s’intégrant discrètement au jeu, qu’on se demande si elles n’étaient pas déjà là. Prenez par exemple la possibilité de suivre un joueur prêté, pour déterminer si son prêt est utile pour son évolution et si l’équipe l’accueillant respecte ses engagements. Pourquoi ça n’y était pas avant ? C’est simple, très pratique et gomme l’impression de « loin des yeux, loin du cœur » qu’on avait jusqu’à maintenant. Idem pour le code de conduite qui fixe en début de saison les amendes en cas de comportement non professionnel, qui vous est proposé par le capitaine et que vous validez.

T’en fais pas bichette, tu vas jouer !

Donc oui, Football Manager 2020 améliore les choses. Quasiment tout est pensé pour vous faciliter la vie, l’interface est touffue mais généralement compréhensible et même si certains choix sont étonnants, comme l’obligation de passer par le centre d’apprentissage pour voir l’effectif de la réserve ou des jeunes, on s’y fait vite.

Les options tactiques, quant à elles, sont toujours aussi démentielles avec un nombre extravagant de possibilités pour chaque poste. Non seulement ces derniers peuvent être gérés individuellement, mais vous pouvez en plus déterminer une philosophie d’équipe en fonction de la situation. Quand vous perdez la balle, vos joueurs vont-ils se replier ou aller au pressing, le gardien doit-il faire ses relances courtes ou au contraire chercher votre attaquant pivot ? Tout cela peut submerger un nouveau joueur qui aura fort heureusement la possibilité de déléguer à ses adjoints. Car soyons honnêtes, à moins de passer 20h à peaufiner son équipe avant chaque match, on aura tendance à déléguer pour se concentrer sur ce qui nous plaît. Personnellement, gérer les entraînements ne m’intéresse pas mais je veux être impliqué dans chaque signature de contrat. Une assistance à la carte !

En match, si on peut regretter un moteur graphique qui ferait passer Flad pour bel homme, on note avec plaisir la possibilité de gueuler donner des consignes depuis son banc : encourager, féliciter, demander de plus attaquer… l’immersion est renforcée même si les réactions des joueurs sont parfois surprenantes. Un bug qui sera, je l’espère, résolu dans une future mise à jour. Le reste est fidèle à la version 2019, avec la possibilité de changer à la volée de tactique, suivre les statistiques en temps réel. Du porno pour coach !

Pour le plus grand plaisir des rageux, la VAR a été implémentée !

Tout n’est quand même pas rose dans la série de Sports Interactive. On se cogne toujours des conférences de presse qui tournent rapidement en rond, les briefings d’avant match sont au mieux inutiles, je n’ai toujours pas trouvé dans quel menu de £*ù^$ on change l’affectation d’un recruteur et même si elles sont moins prononcées que sur la version 2017, les blessures sont encore très (trop ?) fréquentes. Quelques détails agaçants parmi d’autres auxquels les joueurs de la série sont habitués mais tout de même messieurs, il serait temps de songer à écouter la communauté.

Gestion de joueurs en mousse !

Il est toujours difficile et très simple de juger un Football Manager. Si vous êtes fan, vous l’avez précommandé et y jouez depuis l’ouverture de la béta. Vous passez donc juste pour vérifier si je ne raconte pas trop de conneries (spoiler : si) entre deux amicaux d’intersaison. Si vous n’avez jamais posé les mains sur un des innombrables épisodes, ou du moins pas depuis les quatre ou cinq dernières années, vous vous demandez si vous allez arriver à comprendre quelque chose. La réponse dans ce cas est oui. Le jeu est accessible, les aides pullulent et la communauté sort mods sur mods pour vous faciliter la vie si vous ne vous en sortez pas. L’habillage est agréable et la durée de vie phénoménale si vous vous lancez dans un vrai projet, comme prendre une équipe de seconde zone pour l’amener vers les sommets. Donc le verdict tombe et est positif cette année, même s’il serait appréciable que le prix du jeu soit fixé à un tarif plus réaliste, au moins pour les possesseurs d’anciens opus. Mais bon, dans tous les cas, si vous voulez gérer un club de foot, vous n’avez pas trop le choix…

Genre : Simulation, Sport

Développeur : Sports Interactive

Éditeur : SEGA

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...