Cartel Tycoon

Un jeu russe qui nous emmène sur une péninsule ambiance latino des années 90 pour y prendre le contrôle d’un gang de trafiquants de drogue, c’est inattendu. C’est pourtant ce que nous propose Cartel Tycoon, qu’on sent fortement inspiré par Narcos, même s’ils ont oublié d’emporter de la bonne musique avec eux.

Le plan est simple : on fait pousser de l’opium, du cannabis, de la coca, qu’on transforme en produit narcotique, puis on l’exporte via ports, aéroports et postes frontières.

Évidemment, ce n’est pas du goût des autorités, tant qu’elles n’ont pas pris leur part des recettes, alors on planque tout ça au milieu de cargaisons de fruits, de café ou de consoles de jeu.

Quand l’argent revient, il faut maintenant le blanchir. On monte des sociétés de taxi, des commerces, et même des églises qui nous rendent de beaux billets bien légaux grâce auxquels on mène la belle vie dans nos résidences de luxe.

Le problème de l’illégalité, c’est qu’on est rarement les seuls sur le créneau et des gangs rivaux viendront vous expliquer gentiment qu’ici c’est chez eux en vous rendant des visites de courtoisie.

Quand vous en aurez marre de vous faire racketter par des sicarios, vous monterez une équipe de lieutenants pour faire le ménage. Mais cela attirera vite l’attention des autorités.

De la police locale tout d’abord qui viendra saisir vos fermes et installer des barrages pour intercepter vos convois. Puis de la DEA américaine et de l’armée qui tenteront de flinguer vos hommes de main, voire même de couper la tête du cartel.

Le décès de votre leader ne signifiera pas pour autant la fin de la partie, puisqu’un de vos lieutenants prendra votre place et vous continuerez à faire vos petites affaires, moyennant la perte de quelques bâtiments.

Concrètement, c’est un city-builder où l’on construit fermes, entrepôts et ateliers de traitement de la came, dans lequel la logistique est le point central.

Les petits camions qui promènent drogue et argent doivent être optimisés au maximum sous peine de voir vos entrepôts déborder (ce qui attire l’attention de la police) et vos ateliers à l’arrêt (que ce soit par manque de matière première à transformer ou manque de pognon).

Une des bonnes idées de Cartel Tycoon, c’est de considérer l’argent sale comme une ressource à transporter. Vu qu’on peut s’en servir pour payer les coûts de fonctionnement des bâtiments, il faut qu’ils aient toujours une petite réserve.

Il faut aussi la stocker et la transporter aux lieux de blanchiment, ce qui peut être fait de façon automatique avec les petits camions, ou manuellement avec nos lieutenants.

C’est fastidieux mais nécessaire dès qu’on commence à brasser les kilos et on doit alors s’étendre dans de nouvelles provinces pour ajouter de nouvelles banques pour en ressortir de l’argent « légal ».

Se la jouer Escobar, c’est sympa pendant toute la période de découverte, c’est même très prenant et les heures passent sans prévenir. Heureusement que j’étais en vacances.

On est dans des pantoufles, l’interface est classique pour un tycoon, l’ambiance tropicale est colorée et plutôt jolie, et si on laisse de côté la musique que j’ai trouvée très pénible, on peut facilement se laisser prendre au jeu.

Mais au bout de quelques heures, j’ai voulu voir plus grand. Le jour où j’ai commencé à recruter assez de lieutenants pour me débarrasser définitivement des cartels concurrents, à corrompre les gouverneurs pour m’installer dans leurs provinces et fait pousser de la cocaïne, j’ai basculé dans un autre monde.

Les débuts sont difficiles puisque seul l’opium est disponible et rapporte très peu. Ensuite, on débloque le bâtiment qui permet de sécher le cannabis, et là on commence à gagner de l’argent. Mais la cocaïne, c’est un cheat code.

Très vite, j’ai grossi au point de rendre le jeu sans intérêt. J’avais des millions sur mon compte, en argent sale comme en argent légal. Je possédais tout le territoire sans aucun rival.

Tous les gouverneurs étaient à ma botte. Certains lieutenants commençaient à faire la gueule et voulaient prendre du galon ? Je leur donnais plus d’argent, ou je les éliminais.

J’ai alors recommencé une partie mais j’ai vite été découragé par le fait de repartir de zéro. La petite flamme qui m’avait porté pendant la première campagne n’était plus là. Alors oui, on peut débloquer de nouveaux capos pour ses prochains cartels, mais honnêtement, l’intérêt est inexistant.

Je garde de Cartel Tycoon une bonne expérience, assez mal scénarisée, avec une gestion de la logistique au centre du gameplay et des mécaniques intéressantes qui auraient pu être plus profondes. Son incapacité à se renouveler m’a coupé dans mon élan.

J’ai tout de même passé plusieurs dizaines d’heures dessus, mais sachez que si monter son empire demande de l’abnégation, une fois en haut, le challenge deviendra répétitif et bien moins satisfaisant.

Genre : Gestion d’empire de la drogue

Site officiel

Développeur : Moon Moose

Editeur : tinyBuild

Plateforme : SteamGoGEGS

Prix : 26,99€

Date de sortie : 26 juillet 2022

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Ruvon

Chaologue pas encore retraité, traître renommé, survivant accompli. Mon domaine, c'est le jeu vidéo, du FPS hardcore au point&click niais, et depuis toujours amoureux du tour-par-tour.

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