Bärenpark

Il y a des jeux qui marquent la communauté, mais pas forcément pour les raisons les plus évidentes. Par exemple, lorsqu’on voit Bärenpark, on pense que ce sont les ours qui vont ressortir en premier de la conversation. Alors que pas du tout. Le plus important dans Bärenpark, ce sont les toilettes. Ceux qui vous disent le contraire n’ont jamais joué au jeu !

Les tuiles disponibles pour l’ensemble de la partie

Le jeu de Phil Walker-Harding vous met dans la peau d’un directeur de… parc à ours. Félicitations, votre allemand est aussi bon que le mien ! Dans ce parc, où tout reste à faire, vous allez donc devoir placer des enclos pour vos ours (et vos koalas et pandas, parce qu’ils sont mignons ces bestiaux), des rivières, boutiques… et surtout, des toilettes.  Chaque attraction occupe plus ou moins de cases et le but est de compléter les différents plateaux, divisés en 16 cases chacun, de son parc avant les autres.

Petit parc deviendra grand

Chaque joueur débute avec une aire de jeux (deux cases), des boutiques (trois cases) ou des toilettes (une case) selon son ordre de départ. Chacun va placer une tuile sur son plateau et, s’il a recouvert un symbole imprimé sur ce dernier, aller chercher dans la réserve une tuile correspondante. Il y a quatre types de symboles : la brouette, le camion toupie, la pelleteuse et les ouvriers. Ces derniers permettent de rajouter un plateau à votre parc (dans une limite de 3 en plus de celui de départ), la pelleteuse et le camion toupie de piocher dans les enclos rapportant des points. La brouette, quant à elle, ne permet d’obtenir que des tuiles ne valant rien mais permettant de combler les trous. Le truc c’est que bien évidemment, les tuiles rapportant des points sont en nombre limité et de formes très variées, donc peu évidentes à poser, surtout qu’il y a sur chaque plateau un espace inutilisable réservé à une statue, qui vous est donnée lorsque vous avez recouvert tout le reste. Il faut donc prévoir soigneusement son coup afin d’aller les chercher le plus vite possible. Autre règle changeant des Carcassonne et autres Patchwork, le joueur doit placer une tuile prise dans sa réserve lorsqu’il commence son tour. Ce qui veut dire que si vous n’avez recouvert aucune symbole le tour d’avant et que vous n’avez rien en réserve, il vous faut perdre un tour à aller piocher dans les tuiles de base.

Bärenpark est donc un jeu très simple à expliquer (tu places, tu pioches) et surtout rapide à jouer. Les parties s’enchaînent car elles ne durent qu’une grosse demi-heure, on comprend vite ce qu’il faut faire et les subtilités qui en découlent (recouvrir entièrement un plateau de votre parc vous rapporte par exemple des points bonus). C’est donc un jeu familial très facile à sortir, qui plaira à Tata Josette parce que le thème est attractif mais aussi au cousin germain dont le seul but est de vous pourrir la vie en allant piquer les tuiles qui vous intéressaient. Le seul reproche que j’ai envie de faire est le thème un peu plaqué, les parcs ne sont pas vraiment « réalistes » une fois finis, on ne peut pas imaginer les gens se promenant dedans. Cela fait très « j’ai mis ça là parce qu’il y avait la place ». C’est un détail mais on aurait aimé, à la fin de la partie et à l’instar de Carcassonne, avoir un joli paysage devant soi.

C’est moche mais ça score

Notons qu’il existe une variante expert, dans laquelle vous rajoutez des objectifs complexifiant bien le jeu et qu’une extension a vu le jour cette année, Les Grizzlys Arrivent. Ne l’ayant pas encore reçue je ne peux la juger mais elle rajoute la possibilité de jouer avec de plus grands parcs et propose de nouvelles tuiles.

Le parc de Madame, bien plus joli (mais rapportant moins)

Si Bärenpark ne remplacera jamais Carcassonne ou Patchwork pour ma femme et moi, il sort régulièrement et nous y jouons avec plaisir. Si vous n’avez aucun des titres cités ou si vous aimez les nounours tout en ayant des joueurs débutants autour de vous, alors n’hésitez pas, surtout qu’il ne coûte qu’une trentaine d’euros.

Et sinon, pourquoi les toilettes sont si importantes dans ce jeu ? Tout simplement parce qu’en ne faisant qu’une case, elles permettent de facilement combler les vides qui ne manqueront pas d’apparaître !

Auteur : Phil Walker-Harding

Artiste : Klemens Franz

Editeur : Funforge

De 2 à 4 joueurs

30-45 minutes

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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