Armored Brigade

Sorti en novembre 2018 via Slitherine mais tout juste arrivé sur Steam, Armored Brigade est un jeu de simulation, stratégie en temps réel se déroulant durant la guerre froide. Alors j’en vois déjà dans le fond qui se disent « Mais si c’est sorti l’année passée pourquoi que t’en parles que maintenant ? » (NdHarvester : et j’suis sûr qu’ils rajoutent un truc pas sympa sur ta nationalité) Ah ben ça c’est une bonne question… parce qu’évidemment que j’ai craqué à la sortie mais comme j’avais d’autres choses sur le feu, je l’avais un peu laissé mariner. La sortie sur Steam me permet donc de réparer cet oubli.

A la mig août comme disait Ray Ventura

Militairement parlant, la période de la guerre froide me laisse un peu de marbre. C’est après tout une période où les conflits sont pour la plupart larvés ou périphériques et je n’ai donc pas de camp favori ou d’envie particulière de voir tel ou tel type d’équipement, contrairement à d’autres périodes de l’histoire qui me titillent beaucoup plus. Ce n’est clairement pas le cas de tout le monde et ceux-là seront heureux de savoir que les unités sont détaillées, munitions, équipement, moral et que les sprites sont d’assez bonne qualité même si pour être honnête en général on regarde tout ça d’un peu loin lorsqu’on joue.

Support aérien britannique

Le jeu de base (car il y a deux add-ons disponibles et vous allez vite comprendre leur intérêt) propose trois campagnes opposant principalement les Russes à un membre de l’OTAN (par défaut, les Finlandais et les Américains), il est totalement possible de créer ses propres missions avec d’autres factions (Britanniques, RDA/RFA et Pologne). Là où le jeu fait fort, c’est qu’il est possible de créer dynamiquement une campagne sur une des trois cartes de base (en plus de la zone tutorielle). Deux zones en Allemagne et une dans le Sud-Est de la Finlande. La carte est énorme et réaliste, vous pouvez décider d’un « tracé » de campagne et puis générer des zones de combat de la taille que vous souhaitez (max 15km x 15 km ce qui n’est pas rien).

Chaque carré vert est un scénario de 15x15km.

Rien que pour ça, le jeu mérite qu’on s’y attarde et vous aurez compris que l’intérêt des DLC’s est d’ajouter non seulement de nouvelles troupes mais surtout un tout nouveau terrain de jeu géographique. Oui mais, le jeu ? Alors oui évidemment, créer une campagne n’est pas jouer mais imaginez un peu la même chose pendant la seconde guerre mondiale et tout de suite j’en vois plus d’un saliver ! Bon je m’égare.

15km c’est grand… donc par définition assez lent pour aller d’un bout à l’autre.

Alors évidemment, une telle prouesse a un coût, non pas en performances (ouf!) mais au niveau gameplay et graphismes, le jeu se joue principalement sur une carte découpée en carrés 2D et les objectifs sont assez simples, ils se limitent en général à prendre le contrôle d’un ou plusieurs objectifs (dépendant de la taille de la carte) définis par un carré bleu. Cette simplicité au niveau stratégique permet justement à l’IA de proposer un vrai challenge. Le but est simple, la capture ou/et la défense d’un point et l’IA saura en général vous en faire baver.

Vu de près c’est moins sexy mais ça fait le boulot.

Surtout qu’évidemment, les forces en présences dépendront du total de points de chaque côté ainsi que des unités choisies. Aussi, les unités soviétiques coûtent en général moins cher et seront par conséquent souvent plus nombreuses que celles de l’OTAN. Tout est évidemment paramétrable même si les points disponibles varient un peu.

Piou piou dans ta tronche

Le choix des unités en début de campagne est d’ailleurs crucial, si vous pourrez renforcer celles-ci entre les missions, pas question de changer d’avis et de remplacer vos tanks par des APCs. Il faudra faire avec ce que vous avez. Surtout que guerre moderne oblige, les pertes sont rapides et les combats sans merci. Même si le jeu se joue un peu comme un RTS (pas totalement vu qu’il y a un délai pour que les ordres s’exécutent, délai variable suivant la proximité d’un QG et de l’ordre déjà donné), les unités n’ont pas de points de vie apparent. Les armes sont terriblement efficaces et les combats se jouent à distance la plupart du temps. Malheur à celui qui est à découvert.

Je dirais bien « lol t mort » mais vu que je suis aussi à découvert que lui, son copain finira bien par m’avoir.

La ligne de vue est donc super importante, malheureusement elle n’est pas toujours évidente à déterminer hors pause (il y a bien un mode pour voir celle de l’unité sélectionnée mais c’est fort lent car le jeu recalcule le tout à chaque fois). L’attaque peut donc vite s’avérer velue, ce qui correspond après tout assez bien à la réalité. Le jeu est d’ailleurs assez difficile et vous demandera de vous adapter assez vite (je conseille grandement les pauses actives lors de contacts ou dégâts). Le tempo est assez lent, que ce soit parce que c’est « temps réel » et qu’il faut donc traverser les distances, ou parce que les ordres ont un temps de déclenchement. Lorsqu’une unité sous le feu met plus d’une minute trente à recevoir votre ordre il est clair que la situation aura changé entre temps.

Un champ de bataille plus réduit mais il est possible de combattre n’importe où sur cette carte.

La forte paramétrisation du jeu permet cependant d’adapter les scénarios à votre temps et style de jeu mais en général le tempo imposé est moins rapide que dans d’autres jeux et pousse à la réflexion tactique. Ce ne sera donc pas pour tout le monde et à nouveau ce n’est pas un RTS malgré la simplicité de l’interface (clic gauche pour sélectionner, clic droit pour choisir l’ordre à transmettre).

Véhicule détecté mais non encore identifié… char ? Transport de troupes ?

Le jeu me fait furieusement penser aux anciens Close Combat en moins profond. Attention, le jeu est très riche et offre clairement un challenge et de quoi faire mais j’ai parfois regretté de ne pas avoir l’option de faire ramper mes soldats ou de sélectionner l’étage où se cacher dans un bâtiment. En général, un bâtiment ne représente qu’un pourcentage de défense pour le sprite qui « s’assied » dessus. C’est donc plus abstrait qu’autre chose.

Si j’éclate l’ennemi au centre, j’ai du mal à atteindre l’objectif et je vous montre pas mon flanc droit…

Le jeu est clairement axé sur les unités motorisées, même si l’infanterie joue un rôle primordial et que vous disposez de mortiers et autres supports indirects (avions/artillerie). La découpe par « carré » rend les combats au corps à corps une histoire de chiffres plus qu’autre chose. Une fois les zones principales capturées, la bataille se terminera après un temps donné, ce qui ne laisse pas toujours le temps de monter une contre-attaque réfléchie. Surtout que déterminer la destination d’une unité ne veut pas dire qu’elle ira en ligne droite vers la cible, elle privilégiera en général les routes qui sont évidemment plus dangereuses, donc faire quelque chose d’efficace et pas trop suicidaire demande pas mal d’investissement du joueur.

Artillerie en approche et ça fait très mal

Le seul vrai reproche que je ferais au jeu cependant, c’est le manque d’informations lorsque certaines de vos unités se font dézinguer sans avoir eu une ligne de vue sur l’ennemi. J’ai perdu de nombreux véhicules sans savoir si c’était dû à un tir d’artillerie/mortier super précis ou s’il y avait de l’infanterie dans le coin. Certes c’est probablement réaliste mais en tant que joueur j’aimerais avoir un peu plus d’informations sur ce qui se passe et à quoi mes troupes sont confrontées.

Tuer le plus d’ennemis ne veut pas dire remporter la partie.

Que ce soit par la richesse de son générateur de campagne, des troupes et des possibilités tactiques offertes, Armored Brigade impressionne. C’est un très bon jeu, certes certains éléments me font un peu tiquer, certes les objectifs manquent un peu de contexte pour passionner les moins grognards d’entre vous, certes avoir un peu plus de contrôle et de visibilité sur ses troupes et le terrain serait un plus. Mais… c’est un jeu fluide, solide, riche et impressionnant que je ne peux que recommander aux fans de Wargames, de guerre froide ou/et de stratégie.

Développeur : Veitikka Studios

Editeur : Slitherine Ltd.

Genre : Wargame/Simulation

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

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