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Aggressors: Ancient Rome

Avouez ! La plupart d’entre vous n’avez cliqué que parce que vous avez lu Rome dans le titre, le reste ayant vu “Ancient” se sont dit que j’allais divulguer des informations croustillantes sur Archer. Non, non, c’est bien là le nom d’un jeu civ-like (et civ-light) mix grand stratégie sur l’antiquité romaine.

Ça donnera envie à certains et les autres ont déjà fui car il faut bien le reconnaître ce n’est pas le genre le plus vendeur. Cependant, les jeux de ce style sont assez rares pour être soulignés, alors en attendant Imperator : Rome des studios Paradox voyons un peu ce que Slitherine nous propose ici.

Pas de quoi en faire une histoire.

L’IA spamme les chevaux et les légionnaires sont des machines à tuer.

Comme dans la plupart des jeux du style, c’est la carte qui fait tout. Ici on a le choix entre en générer une au hasard ou utiliser celle de la méditerranée (la seule qui vous permettra de débloquer les achievements steam et qui a un intérêt historique), une fois fait il restera à sélectionner votre civilisation. Alors contrairement au jeu éponyme chaque civilisation n’a qu’une réelle différence majeure (outre sa couleur et ses objectifs) qui n’est autre que son emplacement de départ. Cela en décevra plus d’un mais il y’a en fait assez peu d’éléments historiques qui permettent d’enrichir nos connaissances ou de raviver nos désirs de combats sans merci entre une armée d’hoplites aux légions romaines. C’est possible bien sûr mais ça ne vous sera pas réservé car bien que le niveau technologique varie, chaque civilisation a la possibilité de produire tous les types d’unités.

La situation de départ choisie est faite pour un duel de titans entre Rome et Carthage. Le jeu étant uniquement solo il y a assez peu d’intérêt à prendre l’un des deux joueurs majeurs à moins de vouloir rouler sur tout ce qui bouge, l’expansion déjà assurée de ces deux empires assure une victoire facile au joueur. Le jeu en revanche prend tout son intérêt avec des nations moyennes où il vous faudra de la patience (et un peu de chance) pour survivre assez longtemps afin de vous mesurer au vainqueur entre les deux candidats majeurs sus nommés (en général Carthage pour une raison que j’expliquerai plus tard).

Chef, on les a un peu massacrés. Un peu? Un peu.

Il est bien sûr aussi possible de jouer une nation barbare mineure, et d’accomplir vos objectifs sans espérer gagner la partie. Les règles de base (que vous pouvez modifier) donnent vainqueur celui qui a 75% des points de victoire/capitales de la carte, développer une nation mineure prend trop de temps pour pouvoir prendre les autres nations de vitesse. Mais pourquoi jouer une nation barbare si c’est kif kif que de jouer Rome à l’âge de pierre ? Ben c’est un peu ça en fait. Se retrouver avec une seule ville au milieu de la Gaule donnera une toute autre expérience que de batailler sans cesse pour les villes grecques. Vous l’aurez compris cependant, la guerre est l’élément central du jeu.

Nan mais c’est pas parce que t’as un plus gros bateau que… ah ben si.

Vae Victis et ta sœur.

Dès le début votre objectif sera de capturer assez de mines pour que votre nation soit indépendante niveau ressources, vous pourrez aussi capturer quelques villes indépendantes avant d’entrer en guerre (il vous est aussi possible d’en créer en sacrifiant une unité) mais bien sûr l’or est le nerf de la guerre et si vous pouvez assez facilement vous en sortir niveau ressources (sinon il est possible de faire des échanges, il faut reconnaître que l’IA a tendance à refuser vos propositions et il vous faudra plutôt attendre les siennes, heureusement nombreuses) accumuler de l’or sera plus compliqué.

Là tout de suite il va moins faire la malin avec sa trirème.

Vous aurez besoin d’or pour améliorer vos villes, pour recruter des troupes, pour permettre à vos villes de recruter, pour payer vos bâtiments spéciaux. Bref c’est l’élément qui déterminera votre capacité à survivre. Mais ce n’est pas le seul. Le jeu est en effet beaucoup plus riche qu’au premier abord.

La courbe de terrain.

Il y a une multitude d’éléments qui permettent en effet de mieux survivre aux combats (et donc dans le jeu), le terrain, l’attaque, le moral, la population de la ville d’origine, le taux de renforcement, la distance d’une route de ravitaillement, tout a un impact parfois non négligeable qui déterminera si vos glorieux soldats survivront ou non à la prochaine attaque. Le terrain surtout peut parfois permettre à une unité moins évoluée de résister à un envahisseur. L’IA est d’ailleurs bien consciente de cela vu qu’elle se limite rarement à vous attaquer avec une seule unité et vous harassera jusqu’à passer, parfois quitte à ignorer une autre unité non loin afin d’assurer la destruction de celle déjà mal en point. Bref bien qu’il soit possible de jouer sans trop faire attention au terrain si on a l’avantage technologique et numérique, les choses se corsent beaucoup plus lorsque vous êtes désavantagé.

Bref, offrant de réelles options tactiques aux joueurs, Aggressors : Ancient Rome, va arriver à captiver les plus stratèges d’entre vous. Même s’il décevra ceux qui espèrent une composante politique, religieuse ou marchande.

Quid ? Les jeux sont faits ?

Après les confédérations…
Avant les confédérations…

Pas vraiment. Aggressors: Ancient Rome a quand même un certain nombre de défauts qui, malgré toutes ses qualités et son prix abordable (pour un jeu Slitherine), risquent d’en refroidir plus d’un. Déjà la diplomatie est assez basique, si l’ennemi touche votre frontière et que vous n’êtes pas en guerre ensemble contre un ennemi commun, il vous déclarera la guerre dès qu’il le peut. Vous pouvez bien sûr signer des traités avec lui mais comme ceux-ci peuvent être annulés dans le même tour où l’on vous déclare la guerre vous apprenez vite à ne pas trop leur faire confiance. Reste alors les confédérations qui permettent à deux pays de n’en faire qu’un tant que la guerre se déroule bien. Dans l’idée c’est assez crédible et ça fonctionne, vous voilà avec les troupes, le terrain et les connaissances de votre allié à diriger le tout pour combattre votre adversaire principal (qui fait bien sûr de même). Mais dans les faits cela a tendance à créer à nouveau deux blocs principaux. Vous VS the World. Ce qui, il faut le reconnaître, est assez peu historique et parfois assez frustrant (pourquoi Rome me déclare-t-elle la guerre alors que Carthage a presque gagné, surtout pour me proposer une confédération une fois son territoire presque anéanti ?).

Et ce n’est pas l’Epire.

Aggressors: Ancient Rome étant au tour par tour, ces guerres de fédérations peuvent donner un certain sentiment d’ennui lorsque vous combattez le même bloc pendant près de deux siècles. Même lorsque la confédération ennemie explose, celui-ci n’en est que plus faible ce qui ne renouvelle malheureusement pas l’intérêt. Mais il faut bien le reconnaître c’est un problème récurrent à ce genre de jeux, où le but principal du joueur est de colorer la carte à la couleur de sa nation mais qui en perd l’envie une fois qu’il réalise que ça prendra trop de temps et qu’il est déjà plus fort que tous ses adversaires.

Aggressors : Ancient Rome propose malgré tout une expérience à part, un gameplay, certes orienté combat, plus riche qu’il n’en a l’air et de nombreuses heures de conquêtes à un prix raisonnable. Je conseillerais quand même de regarder des vidéos avant pour savoir si vous êtes fait du bois dont on fait les pilums mais si vous êtes arrivés jusqu’au bout de ce test, il y’a des chances que l’envie de rendre sa gloire antique à Athènes (ou Pontus, ou Sparte) commence à poindre en vous.

Genre : Stratégie

Développeur : Kubat Software

Éditeur : Slitherine Ltd.

Date de parution : 30 août 2018

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.