The 100

The 100 est la série passée sous mon radar pendant très longtemps. Le boss en dira du bien, mais comme toujours, il faut se méfier de ce que dit un patron. Après quelques hésitations, je me décide à lancer The 100 sur Netflix. C’est parti pour sept saisons et 100 épisodes (c’est volontaire) d’une série qui montrera au fil de ses épisodes que l’intelligence humaine atteint des sommets inégalés.

Plutôt que de vous faire languir pendant des milliers de caractères, j’ai aimé regarder The 100. Je ne l’écris même pas pour faire plaisir à notre maître à tous ou qu’il m’a menacé de regarder en boucle Captain Marvel, mais parce que je le pense sincèrement. The 100 est bourré de défauts qui finiront par être listés de façon plus ou moins exhaustive dans le corps de cet article et pourtant, elle réussit là où beaucoup de séries ont échoué en créant une fascination de tous les instants. The 100 est une série avec un propos ambitieux et une exécution absolument pas à la hauteur.

Toi aussi, tu vois la prochaine guerre là-bas ?

The 100 parle d’une humanité contrainte de fuir la planète Terre sur une station spatiale nommée Arche, après une attaque nucléaire de grande ampleur. La Terre a été ravagée et il est impossible d’y survivre. 100 ans plus tard, les ressources de l’Arche ne permettent plus de nourrir l’ensemble de la population et il est décidé de faire descendre sur Terre les criminels mineurs (des acteurs qui ont 25 ans, mais doivent jouer des ados de 16) pour voir s’il est possible de retourner sur la Terre. Evidemment, tout ne se passe pas comme prévu et la série active le mode survie.

Au bout de quelques épisodes, la série rassure en proposant un récit survivaliste plutôt que le teen drama dans la nature sauvage. Au fil des saisons, les menaces évoluent jusqu’aux deux dernières qui partent très/trop loin des racines de la série. Jason Rothenberg (créateur de la série) a voulu parler de la guerre et du fait que cela se répète dans un cycle sans fin. De ce côté, il ne ment pas puisque la guerre est omniprésente pendant les sept saisons, même quand elle n’a pas besoin d’être là. Et c’est le plus gros défaut de The 100, le besoin systématique de créer des situations de conflits et de tensions à chaque épisode avec ce que cela suppose de trahisons, alliances, morts imminentes qui n’arrivent jamais et actes totalement irréfléchis comme d’appuyer sur le bouton rouge. A force de vouloir apporter un climax fort en émotions à chaque épisode, la tension se dilue totalement au point de disparaître au profit d’un regard mi-amusé, mi-lassé du spectateur que je suis devant l’énième moment où la série va basculer, mais en fait non parce qu’il reste 10 épisodes avant la fin de saison.

Moment de tension.

Pire, certains épisodes voient des personnages changer de camp entre deux coupures pub (et il y en a beaucoup sur les chaînes US) et des actions stupides qui n’ont jamais de conséquences définitives pour les personnages principaux, ou si peu. En effet, les scénaristes ont l’air d’hésiter à mettre les personnages principaux face à leurs choix et leurs conséquences (l’évolution d’Octavia est un parfait contre exemple). Pire en regardant un épisode, on sait déjà qui va mourir parce qu’il faut le quota de cadavres. Dommage de ne pas avoir pour une vision jusqu’au-boutiste de la réflexion sur la guerre.

A l’inverse, appuyer autant sur la vision à court terme de tous les personnages quand ils agissent rend la série fascinante. Chaque épisode est l’occasion de voir le niveau de bêtise atteint par tous les personnages qui n’arrivent plus à penser au delà du bout de leur nez. Il faut agir tout de suite et vite, quitte à détruire ce qui a été fait juste avant. En cela, la série réussit à montrer une humanité qui ne réfléchit plus, mais agit instinctivement. Ce n’est pas très subtil, mais pris sous cet angle, la proposition de la série devient bien plus intéressante que de se gausser quarante minutes devant la bêtise des personnages. Ce postulat fonctionne assez bien sur les cinq premières saisons et beaucoup moins dans les deux dernières où la surcouche mystique vient plus pour cacher la misère que renouveler un propos qui tourne en rond.

A propos de la fin de la série, je trouve que Jason Rothenberg a raté son coup avec des passages qui feraient passer les mauvais épisodes de la série pour des réussites et sans parler du final qui n’assume pas le propos général. La fin n’est pas celle que j’attendais et je regrette qu’elle ne soit pas plus nihiliste (NdHarvester : j’approuve à 200%).

En résumé, The 100 est une série qui, malgré ses défauts, m’a fasciné par sa capacité à creuser très très profond dans ce que d’aucuns qualifieraient de médiocrité. Les réactions absurdes des personnages, les acteurs qui ne forcent pas leur talent et les histoires pas foncièrement originales, ni intéressantes auraient pu suffire à ranger The 100 dans la catégorie des séries médiocres. Mais il se passe un truc et c’est suffisamment rare pour le souligner. The 100 n’est pas une série vouée à devenir culte et pourtant elle mérite quelques heures de votre précieux temps (une demi-saison devrait suffire pour savoir si vous en êtes ou pas).

Titre : The 100

Genre : Post apo adolescent, mais pas trop.

Créateur : Jason Rothenberg

Acteurs / Actrices : Eliza Taylor, Bob Morley, Maria Avgeropoulos et bien d’autres.

Episodes : 100 répartis sur 7 saisons.

Disponible en intégralité sur Netflix en France

Machiavel

Toujours à l'affût de ce qui peut piquer ma curiosité, peu importe le domaine avec une légère préférence pour les jeux vidéo, le cinéma, la littérature, les séries TV, les jeux de société, la musique, la gastronomie, les boissons alcoolisées et quelques autres petites choses . Ma curiosité est telle le tonneau des danaïdes, sans fond.

Une réflexion sur “The 100

  • 19 avril 2021 à 11 h 51 min
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    Tu m’as parfaitement convaincu de ne pas regarder. ^^

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