Early Access: Frontier Legends
J’étais naïf, je sortais euphorique du test de Far Far West et je croyais encore que les boîtes de jeux vidéo développaient des jeux pour le fun (Microsoft m’a vite ramené à la raison dans les semaines qui ont suivi). C’est probablement la raison pour laquelle je n’ai pas hésité autant que j’aurais dû quand on m’a proposé de tester Frontier Legends, sorte de bac à sable axé Far West, qui marchait sur les pas du déjà classique Red Dead Redemption 2 de Rockstar (que j’ai en version physique. Je dis ça, je dis rien).
Oh, bien sûr, j’aurais peut-être dû davantage tenir compte des avis Steam majoritairement négatifs ou du fait que les développeurs avaient sorti trois ans plus tôt un jeu avec des dinosaures mécanisés, peut-être histoire de surfer légèrement sur le succès d’Horizon Zero Dawn. Mais bon, je reste, malgré les apparences, un éternel optimiste.
Après, l’optimisme n’a pas duré longtemps et j’ai commencé à déchanter en lançant le jeu. Pour rester politiquement correct et bienveillant, disons qu’on a déjà vu plus sexy que ce moteur de création de personnages qui nous donne accès à… deux personnages lambdas, homme ou femme (non, non, rien de gender fluid et pas de furries non plus, n’insistez pas) et quatre coupes de cheveux plus pourries les unes que les autres (et c’est un chauve qui vous parle).
Des choix de vêtements ? Mais vous n’y pensez pas, mon brave ! Quand on a testé le moteur de création de personnages de Black Desert Online, ça fait un choc. Là où c’est honnête, c’est que vous ne passerez vraisemblablement pas les deux heures qui suivent à customiser l’avatar parfait et à faire sauter le délai de remboursement Steam.

Après cette première expérience particulièrement triste et lacunaire, j’ai pris soin d’opter pour un serveur privé et un mode solo. C’est comme ça, c’est plus fort que moi, vous autres joueurs, je ne vous aime pas. Enfin si, je vous aime bien, mais surtout si vous restez au loin.
Hop, après un écran de chargement pas moche, mon personnage débarque dans un ersatz de ville de l’Ouest sauvage. La version Disneyland certes, mais ça y est, je suis au pays des chacals, des canassons, des cow-boys analphabètes et des Indiens qui n’ont pas encore ouvert de casinos. Bref, ça sent bon l’aventure.

Il y a un quai de gare, un train (et c’est pas un TER), trois PNJ en état de méditation intense, une banque et un saloon, c’est donc une ville. Voilà. C’est comme ça. Et les premières minutes de jeu ne vont pas s’avérer particulièrement rassurantes. Après avoir découvert que le jeu refuse de fonctionner avec mes joypads (oui, c’est écrit sur la fiche du jeu mais je n’allais quand même pas les croire sur parole), je baffe innocemment un cowboy en voulant lui parler et j’ai alors le bonheur et la surprise de le voir s’enfuir comme l’héroïne de Scary Movie avant d’aller se bloquer contre le mur du premier bâtiment venu en répétant 15 fois le même geste.
Alors, Hombre, tu vas pas sortir ton colt pour laver l’affront ? Non ? Vraiment ? Bon, ça arrive, ça ne veut rien dire de la qualité du jeu. Si ça se trouve, c’était l’idiot du village et je suis en fait dans une simulation hyper pointue. On ne sait pas.

Après cette tentative désespérée de sociabilisation, j’ai décidé d’aller boxer un lapin qui gambadait à proximité. J’avoue que je n’avais pas imaginé rebondir sur 10 mètres de haut en lui mettant une pichenette.
C’est soit une feature, soit un moteur physique tout droit sorti de V-Rally, le seul jeu de course où le moindre caillou sur le bas-côté vous envoie faire trois tonneaux. Il était bien entendu impossible qu’il s’agisse d’un bug vu que le jeu était disponible en accès anticipé depuis plusieurs années déjà.

Une fois atterri, j’en ai profité pour jeter un œil au décor. Et là, le constat technique est mitigé. Ce n’est pas moche, même si les personnages ne sont pas particulièrement réussis et que les mouvements sont parfois étranges, mais le décor reste très correct. En revanche, et c’est plus problématique, le moteur 3D semble agoniser en tournant aux alentours des 38 à 45 images par seconde en 2K sur ma configuration.
Ok, je sais qu’il s’agit d’une petite équipe et que ce ne sont pas les gens de Rockstar, mais quand même, la comparaison technique avec Red Dead Redemption est un peu douloureuse. Poursuivant l’exploration de l’Ouest sauvage américain, j’ai fini par atteindre une rivière. Et là, what the f***? Quelqu’un peut m’expliquer ce que foutent ces cristaux géants sur les berges de la rivière ??

Après avoir commencé à les miner, j’ai rapidement déchanté en découvrant qu’il ne s’agissait en réalité que de dépôts salins. Bref, entre les lapins qui vous font effectuer des rocket jumps et les cristaux extraterrestres qui s’avèrent être des containers à sel, il ne faudra pas trop chercher la cohérence dans ce jeu.
En revanche, là où il s’avère bien plus classique, c’est dans son déroulement puisqu’on y retrouve le traditionnel tutoriel à base de quêtes FedEx. Vous voulez savoir comment récupérer du bois et construire ? Pas de problème, Bob, planté comme un piquet au beau milieu de la ville (il n’en bougera jamais), vous propose d’aller récupérer 200 écorces et de les lui ramener pour avoir droit à une récompense.

Youpi, voici donc une quête palpitante qui sera suivie d’un certain nombre d’autres à base de « va récolter 200 baies », « va me ramener 200 tissus », « va chercher la bouteille de whisky que mon papa a oubliée quelque part près de la rivière », etc. Autant vous dire que la première heure de jeu sera modérément passionnante.
Elle permettra en outre de constater rapidement les limites de ce Frontier Legends. La première chose qui marque, c’est l’absence de vie. Il y a bien des PNJ mais ils sont complètement amorphes et ne daignent même pas se retourner pour commencer à vous balancer une quête basique.

La seconde chose, c’est que l’optimisation du jeu n’est pas fabuleuse et que, sur ma machine, il ne fallait pas trop espérer tenir les 60 images par seconde en configuration haute ou épique. La troisième, c’est que derrière son décor de Far West, le jeu propose strictement la même chose que des milliers de simulateurs de craft/survie déjà sortis sur Steam.
On collecte du butin, on fabrique des trucs, on monte en capacité, on développe de nouvelles technologies, et bis repetita. Et soyons clairs, on a déjà vu bien mieux avec les récents Windrose ou Soulmask.
Genre : Action / Aventure / Craft
Développeur : Neojac Entertainment Inc.
Editeur : Neojac Entertainment Inc.
Date de sortie : 29 mai 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Action / Aventure / Craft