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Above the Snow

Premier jeu du studio polonais Above the Desk, Above the Snow n’est pas, contrairement à ce qu’on pourrait penser, un simulateur de survie en montagne mais un jeu de gestion qui vous met aux commandes d’un refuge de haute montagne. Un sujet original, je ne pense pas avoir jamais vu un jeu avec un thème pareil, et une approche scénaristique pour le moins étonnante.

En effet, Above the Snow débute lorsque Francis Harland, après avoir commis on ne sait trop quoi mais quelque chose d’illégal, est invité à aller dans les montagnes suisses pour se faire oublier et remettre sur pieds un vieux refuge décrépi. Là-bas, il sera assisté de Nikolas, un vieux bougon et de sa frangine, Eva.

A eux trois ils vont devoir remettre sur pieds le refuge, attirer les randonneurs, satisfaire leurs besoins, baliser de nouveaux sentiers et s’ils ont un peu de temps, couper du bois et gratouiller le ventre du chien. Qui disparaîtra à un moment donné, préparez les mouchoirs.

Above the Snow se joue sur trois niveaux : le refuge en lui-même, où vous allez jouer à la poupée et aménager les locaux pour satisfaire les besoins des clients en matière de divertissement, confort et stockage. Il faudra aussi veiller à ce que le chauffage soit correct et que tout le monde ait à manger. Il faudra donc avoir des provisions de bois et de nourriture, des denrées qu’on pourra aller chercher au village (ou se faire livrer par hélicoptère si on a les moyens).

Il faut donc via l’arbre technologique débloquer de nouvelles pièces, placer des meubles, lits, radios et autres TVs pour pouvoir accueillir tous les randonneurs faisant étape chez nous. Ces derniers paieront pour le gîte et le couvert et laisseront un avis qui fera grimper – ou chuter – notre réputation. C’est simple et ça se maîtrise en quelques minutes.

Ensuite, il y a la cour. Elle représente tout le terrain autour du chalet. Là où vous aller construire un abri à bois, une cabane de location de matériel, une piste d’atterrissage pour l’hélicoptère… Les bâtiments sont petit à petit endommagés par le mauvais temps, il faut les réparer, tout comme l’équipement que vous louez et qui a une durée de vie limitée. Cette partie est plus simple mais tout aussi importante que le reste.

Ensuite, vous avez la gestion de la montagne et des sentiers. Comme vous pouvez le voir sur les captures, il y a différents sites disséminés à diverses altitudes, ce sont ces endroits que les alpinistes de passage chez vous vont vouloir atteindre. Pour ce faire, il faut qu’il y ait un sentier créé au préalable et… cette tâche vous incombe bien évidemment. Vous allez donc créer des sections de chemin, avec des garde-fous et autres barrières pour éviter les accidents et envoyer un membre de votre équipe valider le tout afin que le sentier soit actif et accessible pour le public.

Trois niveaux de gestion donc avec beaucoup de choses à faire, et toutes qui coûtent des ressources (bois ou argent) et du temps. Et votre personnel s’essouffle vite. Il faut donc essayer de se fixer des objectifs simples au début et dérouler en essayant de ne pas se disperser. Voir quel sommet les randonneurs veulent atteindre, envoyer quelqu’un le baliser, envoyer une deuxième personne chercher des provisions pendant que la troisième cuisine pour nourrir les clients.

Pendant que tout le monde est occupé, il faut placer de nouveaux meubles, débloquer de nouvelles technologies si on en a les moyens et avoir un œil sur l’état des bâtiments à l’extérieur. Le tout en essayant, bien entendu, d’accomplir les tâches demandées pour avancer la campagne principale. Cela ira de la vérification de pistes au rapatriement sanitaire de randonneurs blessés – au fait je vous ai dit qu’il faut aussi gérer le centre de secours et aller chercher les blessés tout là-haut ? – en passant par le recrutement de nouveaux employés.

Je vous le disais au début, l’histoire d’Above the Snow est quelque chose sur laquelle les développeurs ont vraiment porté leur attention et cela se ressent avec énormément de dialogues et un scénario bien moins convenu que ce qu’on voit habituellement. Une excellente surprise pour tous ceux qui, comme moi, aiment suivre une campagne au lieu de simplement se lancer dans le mode bac à sable (qui est bien évidemment disponible lui aussi).

Au niveau cosmétique, Above the Snow est mignon tout plein avec des graphismes colorés et très lisibles, des animations sympas et une ambiance générale détendue qui donne envie de se caler au fond du fauteuil avec un chocolat chaud à portée. Surtout que le jeu n’est pas spécialement difficile… La caméra est quant à elle pratique et permet d’observer la montagne et le chalet sous tous les angles sans à-coups et la bande son est suffisamment discrète pour se faire oublier.

Tout va donc pour le mieux pour la production d’Above the Desk, on colle une recommandation et on passe à la suite ? Et bien malheureusement non, car je ne vous ai pas parlé des gros défauts du jeu, ceux qui viennent bien plomber l’expérience de jeu. C’est d’ailleurs à se demander s’ils ont fait jouer une personne extérieure au jeu avant de le commercialiser. Une personne qui leur aurait montré les énormes soucis d’interface.

Tout, dans Above the Snow, prend bien trop de clics à faire. Il faut aller dans des sous-menus de sous-menus, certaines informations pas toujours très importantes sont accessibles de partout alors que d’autres, primordiales, sont cachées, il n’y a pas de logique à l’agencement de tout cela. Vous voulez connaître votre niveau de confort dans le refuge ? Il faut ouvrir le menu de construction. Alors qu’une simple page où tout serait résumé aurait fait l’affaire. Pareil pour savoir ce qui a plu/déplu aux randonneurs.

Il faut chercher, cliquer encore et encore. Vous voulez envoyer quelqu’un chercher des provisions ? Si vous choisissez la personne avant le véhicule, la sélection de ce dernier enlèvera la personne choisie… Il y a des dizaines de choses comme cela, l’apothéose étant la gestion des sentiers qui nécessitent d’innombrables clics et autres rotations de caméra pour parvenir à nos fins. Incompréhensible.

Et je n’ose pas parler de la gestion des différentes jauges : si vous pensiez devoir aménager le refuge en prenant soin de tout, vous vous apercevrez bien vite qu’il suffit que l’objet soit construit pour bénéficier de son bonus. Donc oui, si vous faites une pièce remplie de canapés (même inaccessibles), votre jauge de confort sera au maximum… Il faut donc jouer le jeu et s’obliger à rester réaliste, ce qui est d’ailleurs plus gratifiant.

Et quand je vous parle de gestion du personnel, place au micromanagement des enfers… Vous envoyez quelqu’un couper du bois ? Il en coupera jusqu’à épuisement puis ira se coucher pour ensuite… ne rien faire. Il ne retourne pas travailler, il attend, même s’il y a des boulots en attente. Et le personnel s’épuise vite, bien trop vite. Alors on est constamment à les surveiller ce qui, couplé aux innombrables clics inutiles dus à l’interface, va vite vous rendre fou et vous faire perdre un temps précieux.

Heureusement que l’équipe s’étoffe et que l’histoire reste intéressante pour nous motiver car sans cela Above the Snow aurait fini à la poubelle. C’est incompréhensible de gâcher un si bon titre avec des défauts si facilement corrigeables. Un simple outil de planification des tâches, d’automatisation ou même un tableau global pour tout organiser… Auquel on aurait rajouté l’état d’usure des bâtiments – car il va falloir aller les vérifier manuellement à intervalles réguliers – par exemple.

Above the Snow frôle donc la catastrophe alors qu’il apporte tellement de bonnes choses : originalité du thème et des mécaniques, graphismes et prix tout doux, ambiance feutrée. C’est rageant de tout gâcher avec une interface pareille et des manquements aussi évidents. Alors si vous êtes patient et savez dans quoi vous vous engagez, je vous le recommande quand même. Personnellement je sais que je vais aller au bout. Par contre, si vous n’êtes pas patient, laissez-le et passez à autre chose.

Genre : Gestion

Développeur : Above the Desk

Editeur : Wandering Wizard

Date de sortie : 23 avril 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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