Early Access: Nova Roma
L’éditeur Hooded Horse a décidément du nez pour dénicher les bons jeux, surtout les City Builders et Colony Sim. Bon, dans le cas de Lion Shield leur précédent titre, Kingdoms and Castles, était déjà très bien même si encore un peu perfectible. Mais ce fut a priori une étape nécessaire à l’épanouissement du studio qui revient en force avec Nova Roma, qui débute à peine son Early Access mais qui s’impose déjà comme un must have pour les amateurs.
Oui, sans exagérer. Alors qu’au premier abord le titre ne paie pas de mine, avec ses couleurs flashy et ses habitants qui semblent s’enfoncer dans le décor. Mais que voulez-vous, impossible de résister à l’attrait de monter une nouvelle Rome en pleine antiquité. C’est fou ça d’ailleurs tellement c’est original. Ca m’étonne d’ailleurs que ça n’ait pas été fait plus récemment…

Mais bien loin du titre d’Ubisoft Mainz, que je vous recommande d’ailleurs chaudement, même si vous n’êtes pas spécialement fan des Anno, Nova Roma essaie de prendre une approche moins sérieuse, plus cozy. En apparence seulement parce que vous allez bien vite vous apercevoir que derrière ses airs mignons tout plein, le titre demande énormément de planification.
C’est pour cela que les premières parties ne seront que des brouillons avant d’espérer établir LA colonie, celle que vous aviez en tête en fuyant Rome. Il faut dire que le jeu vous dévoile petit à petit les couches de son gameplay et qu’il va falloir aménager et réaménager sans cesse sa ville. Enfin, son village au début, dans lequel vous allez essayer d’avoir des citoyens logés et nourris.

Mais très vite, Antiquité oblige, les Dieux vont se manifester et vous faire comprendre qu’ils ne sont pas à négliger. Qu’il va falloir leur construire des temples et un forum pour organiser des fêtes, sous peine de représailles dévastatrices. Et en plus ça plaira à votre peuple, donc le bonheur est primordial au développement : si les gens sont malheureux, les colons cessent d’affluer et votre ville stagne. Par contre, si le bonheur est au maximum, il faut construire, s’étendre et surtout apporter de plus en plus de biens à vos habitants.
Les chaînes de production se complexifient – on reste quand même loin d’Anno, du moins pour le moment -, les besoins sont de plus en plus variés et nécessitent de plus en plus de place : thermes, théâtre, tout cela coûte cher et prend de la place. Et nécessite de l’eau. Pas de l’eau stagnante tirée d’un lac, non messieurs dames, de la bonne eau bien fraiche qu’on détournera de la rivière pour l’amener, via des aqueducs, jusqu’aux réservoirs.

Et comme vous le savez tous, qui dit aqueducs dit gravité : il va donc falloir construire au bon endroit pour être capable d’amener l’eau là où vous en avez besoin. Alors vous pourrez certes modeler un peu le terrain, mais mieux vaut prévoir où vous allez construire. Ne serait-ce que pour éviter les crues et inondations, qui sont déjà gérées. Et pas du tout drôle à observer quand elles vous engloutissent un quartier.
Oui, à peine en Early Access et déjà capable de gérer tout cela, le petit Nova Roma. C’est d’ailleurs impressionnant de voir tout le travail déjà accompli. Le jeu est déjà très propre, malgré d’inévitables petits bugs ici et là qui ne sont pas trop bloquants. Il manque par contre des petits outils pour faciliter la vie du joueur, comme par exemple un outil clair pour la logistique qui est pour le moment le gros point faible du jeu.

Mais ça n’est qu’un détail qui sera sûrement rapidement réglé, les mises à jour défilant aussi vite que les excuses de Baalim quand il a un test à la bourre. Et le titre est déjà tellement intéressant qu’il est très facile de ne pas y prêter attention. Il suffit de s’intéresser à la terraformation donc, ou la gestion de l’eau pour avoir un jeu dans le jeu. Et si ça ne suffit pas, il y a aussi un volet militaire à gérer, avec des expéditions ennemies venant régulièrement flanquer le feu à vos cahutes et vous piquer votre or.
Un or que vous stockerez dans vos temples, qui vous apporteront des bonus selon le dieu auquel vous l’avez dédié. Je reviens une nouvelle fois sur la religion dans Nova Roma car elle tient une place indispensable. En effet, en plus d’apportant des bonus et malus en cas d’offrandes ou de négligence envers un dieu, les satisfaire vous apportera des points de recherche. Et oui, si vous voulez progresser dans le jeu, impossible de négliger les dieux.

Et cela permet de ne pas attendre des plombes qu’une technologie se débloque : on regarde quel dieu veut quoi, on lui donne et hop, on peut enfin débloquer cette porcherie qui nous manquait tant ! Un moyen très malin d’obliger le joueur à prendre en compte le Panthéon, qui tenait une place centrale dans la vie des gens de l’époque.
Si la logistique est encore perfectible, il faudra gérer les diverses industries et les effets néfastes ou positifs qu’elles ont sur les habitations alentours. Construisez une boulangerie en plein milieu d’un quartier résidentiel et les habitants seront ravis de se réveiller avec la bonne odeur de pain. Par contre, collez-leur une mine à côté… Il faut donc bien planifier, respecter la fertilité des sols aussi pour les cultures et même choisir un gouverneur qui n’apporte pas que des bonus, loin de là.

Nova Roma est un petit city builder cozy, de loin. Mais de loin, parce que dès qu’on commence à se pencher dessus, à soulever les différentes couches, on se rend compte qu’il est d’une grande richesse et que c’est loin d’être fini ! Les développeurs semblent hyper actifs, épaulés par un studio qui semble avoir compris que pour faire des hits il faut donner du temps et des moyens aux gens.
Si je m’écoutais, je collerais un Dystoseal of Quality à Nova Roma tant il est déjà excellent. Sa direction artistique toute mignonne, ses différents domaines sur lesquels se concentrer, que ce soient l’eau, le militaire ou le bonheur des gens, son côté détendu sont accrocheurs et il ne faudra pas beaucoup plus pour qu’il se retrouve dans toutes les bibliothèques Steam des amateurs.

Messieurs Dames de Hooded Horse, d’un côté je ne vous remercie pas de signer autant de bons studios dont les jeux sont si néfastes pour mes nuit et d’un autre je suis en train de vous ériger une statue en gummy bears dans mon jardin…
Manor Lors, Workers and Resources: Soviet Republic, Empires of the Undergrowth, Norland, Clanfolk et maintenant Nova Roma. La vie de fan de city builders/colony sim est belle ! Tiens, je vais me relancer Kingdoms and Castles en attendant que Nova Roma avance un peu…
Genre : City Builder
Développeur : Lion Shield
Editeur : Hooded Horse
Date de sortie en Early Access : 26 mars 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : City Builder