Screamer
Non je n’ai pas laissé le clavier à Baalim donc non, nous ne parlerons aujourd’hui pas du Screamer originel, sorti en 1995. Vous savez ce jeu déjanté dans lequel la physique n’avait pas trop son mot à dire et où les voitures dérapaient comme pas possible. Non, aujourd’hui nous parlons de Screamer version 2026, un jeu déjanté dans lequel la physique est malmenée et le terme dérapage gagne ses lettres de noblesse. Rien à voir donc.
Bon ok, j’exagère un peu pour la physique aux fraises, car si le titre permet effectivement de percuter le décor sans grand dommage pour les véhicules, tout le gameplay repose sur le drift, géré au stick droit. C’est un peu déroutant de prime abord, le stick gauche ne servant qu’à peine, et il faut de très nombreuses courses avant de prendre le coup et d’arriver à ne pas être trop humilié.
Celles-ci sont heureusement très variées et – du moins en mode Histoire – vous proposeront des duels, des contre la montre ou des petits défis. Cela permet de prendre le jeu et les différentes voitures en main avant le gros morceau qu’est le mode arcade ou même le multijoueurs si vous aimez vous faire humilier en ligne.
Contre la montre, course classique, course en équipe, overdrive challenge (vous êtes en feu et devez aller le plus loin possible) ou course avec checkpoints, les modes sont très nombreux et vous tiendront longtemps occupés quand vous aurez fini le mode Histoire.

Celui-ci est très inhabituel pour un jeu de courses : sous la forme de visual novel, vous découvrez un tournoi où le prix de 100 Milliards de dollars – soit à peine 6 fois les recettes apportées par la publicité sur Dystopeek – va rameuter diverses équipes aux profils très différents. Ces trios ont chacun une raison de participer au tournoi et de très nombreuses cinématiques et autres scènes fixes vous permettront de le découvrir.
C’est très original, très fouillé aussi avec de vrais arcs narratifs et surtout des doublages où chaque protagoniste (et le chien) parle dans sa langue maternelle (mais tout le monde se comprend grâce à une puce), ce qui fait que vous entendrez de vrais acteurs parler français, allemand, italien ou japonais. Je n’avais jamais eu ça dans un jeu, donc le retrouver dans un jeu de courses…

Screamer est comme ça, à vous surprendre. Avant de revenir aux courses, parlons un peu de la direction artistique. C’est très cyberpunk, très flashy néons futuriste une grande partie du temps jusqu’à tout d’un coup nous propulser en pleine nature. Comme ça, parce que les développeurs de Milestone le voulait. Et ça passe crème, on suit ces histoires entrecoupées de courses – parce que oui quand même il faut parfois en faire – avec plaisir, même en n’étant pas fan des VN.
Cette très longue campagne solo, qui ne vous laisse aucune liberté par contre, permet de débloquer les différents véhicules et d’inutiles éléments cosmétiques – n’espérez pas modifier mécaniquement votre voiture – et surtout de prendre en main les différents aspects de la conduite.

Nous l’avons vu, le stick droit sert aux drifts avec tout ce que cela comporte de prise en main pour s’habituer aux différents véhicules. Le stick gauche, qui permet de braquer, va vous aider à peaufiner vos dérapages et à les calibrer au millimètre. Mais ça ne suffit bien entendu pas. Il faut aussi gagner du boost pour déclencher des accélérations foudroyantes.
Et pour ce faire, il va vous falloir passer les vitesses pile au bon moment et déclencher le boost avec le bon timing. Ceci se fait avec L1 bien entendu, en regardant d’un œil l’indicatif visuel pour être dans le tempo et de l’autre la piste pour enchaîner les dérapages.

Rajoutez à cela la possibilité de générer un bouclier ou d’exploser les concurrents et vous avez une idée de l’exigence de Screamer.
Je me plaignais dans Gear. Club Unlimited 3 des pics de difficulté sur certaines courses. Screamer pousse tous les potards à fond dans ce domaine avec un challenge que seuls les plus doués manette en main relèveront. Le jeu reste bien entendu jouable grâce aux nombreuses assistances mais il s’adresse clairement aux gens qui s’investissent et qui aiment passer des heures et des heures à tenter de maîtriser un titre.

Cela n’est pas mon cas mais cela ne veut pas dire pour autant que je n’apprécie pas Screamer. Son gameplay atypique, sa réalisation technique aux petits oignons (en plus il tourne très bien sur MSI Claw) et sa direction artistique mettent parfaitement en valeur son mode histoire très original et, je l’avoue, prenant.
Oui, ça n’est pas forcément la qualité à laquelle on pense en premier quand on cause courses de voitures mais dans ce cas précis impossible de ne pas insister dessus.

Atypique comme l’était son ancêtre à sa sortie, superbement réalisé et pensé, Screamer n’est pas votre jeu habituel de courses arcade.
Le drift, la narration visual novel et la réalisation bluffante (en encore, je ne vous ai pas parlé de la bande son) en font un indispensable – à la durée de vie très conséquente – pour tous ceux qui aiment la technicité et le challenge.
Genre : Courses automobiles
Développeur : Milestone S.r.l.
Editeur : Milestone S.r.l.
Date de sortie : 26 mars 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Courses automobiles