Mirage 7
C’est toujours ennuyeux de devoir dire du mal d’un développeur indépendant et d’un jeu qui, manifestement, n’a pas eu la chance de bénéficier d’un gros budget. C’est pourtant ce qui va se produire aujourd’hui avec Mirage 7 réalisé par Drakar Dev et édité par Blowfish et sorti en catimini sur Steam ce 6 mars 2026. Vous ne me croyez pas ? Allez donc jeter un œil aux avis steam et au forum de discussion. Bref.
Le côté positif de la chose, c’est que les joueurs font de moins en moins confiance à la presse. Alors, il y a de fortes chances que 1) vous ne lisiez jamais cet article et 2) que vous considériez à tort ou à raison que je raconte n’importe quoi. Je vous cache pas que, statistiquement, la seconde option semble la plus plausible. Mais revenons à notre jeu.

Mirage 7 raconte le voyage à travers le désert de Nadira, jeune fille accompagnée de son lézard de compagnie, Jiji (non, pas la magical girl de votre enfance) partie à la recherche de sa sœur disparue dans de troubles, sombres et mystérieuses circonstances. Oui, on peut également dire qu’elle a été kidnappée. Nadira va donc traverser le désert pour espérer trouver une oasis qu’elle a entrevue dans ses rêves et qui semble être la clé de l’énigme de la disparition de sa sœur.
Entre-temps, elle va faire un paquet de rêves assez louches dans lesquels elle va apercevoir une sorte de femelle humanoïde tout droit sortie d’une expérimentation avortée dans Starcraft 2. Autant dire qu’elle est bien moche et verdâtre. En toute inclusivité, bien entendu. Sans oublier un grand vizir qui ne semble pas du tout mais alors pas du tout fourbe. Voilà pour l’intrigue. Je recommande tout de même un traitement à base de tranxene à notre héroïne.

En ce qui concerne le gameplay, nous aurons affaire à un traditionnel TPS dans lequel notre brave Nadira devra parfois combattre et, souvent, ramasser un peu tout ce qui se trouve sur le trajet pour essayer d’utiliser son butin à bon escient et résoudre les énigmes qui tentent, comme de vils chacals du désert, de bloquer sa progression.
Les combats seront assez basiques avec un coup d’épée, une arme à distance dont on apprend bien trop tard à se servir et une roulade qui vous permettra d’éviter les coups de l’ennemi perfide. Lequel ennemi perfide se matérialisera, le plus souvent, sous la forme d’insectes et animaux moches.

Amateurs de subtilités et de contre-attaques, passez votre chemin. La principale concession du jeu à la modernité tiendra à l’existence d’une jauge d’endurance qui se videra bien évidemment dès que vous courrez ou tenterez de donner un coup à tous ces gros perfides moches. Nadira pourra récupérer des forces en puisant dans sa gourde, ce qui lui permettra de régénérer une partie de sa vie. Laquelle devra, bien entendu, être remplie à chaque point d’eau.
Vous aurez donc compris que vous ne viendrez pas jouer à Mirage 7 pour ses combats. A moins que vous ne sortiez directement d’une partie de Die by the Sword (et d’une cryogénie de 30 ans). Il nous reste donc les puzzles qui constituent effectivement la partie la plus charnue du gameplay et de l’intérêt du jeu. Non, ce n’est pas sale.

Certains seront évidents tandis que d’autres nécessiteront nettement plus de réflexion et d’observation et mettront vos quelques neurones disponibles à dure épreuve (Je suis parisien. Je dois donc être condescendant).
Et ça tombe bien puisque Nadira pourra, d’une pression sur une gâchette, inspecter son environnement pour révéler des détails jusqu’alors invisibles tandis que Jiji, son lézard, pourra se faufiler dans des endroits qui sont inaccessibles à sa maîtresse ou lui indiquer le chemin à suivre via « l’œil du lézard » (en gros, un GPS un peu trafiqué).

A vous les joies des puzzles tout droit sortis d’un Point & Click d’antan. « Voyons, voyons, quels objets vais-je combiner pour fabriquer un grappin, un abri de fortune ou un lance-roquettes ?
Rassurez-vous, je ne divulgâche rien (quel mot sorti tout droit du tréfonds des enfers) puisque Nadira trouvera bien souvent des notes, calepins, manuscrits ou tablettes qui l’aiguilleront sur la voie à suivre. C’est fou ce que les gens du coin peuvent être distraits (ou cradingues).

Très rapidement, un schéma va se répéter : Nadira arrive dans un nouvel endroit, affronte de nouveaux adversaires, tombe sur un nouveau puzzle à résoudre et ainsi de suite.
Ce n’est pas désagréable et la réalisation, bien que relativement basique, reste plaisante à regarder avec un personnage principal bien modélisé et des environnements assez corrects, même s’il ne faudra clairement pas s’attendre à faire surchauffer votre carte graphique. Ce qui, par les temps qui courent, et peut-être une bonne chose. « Cachez donc ce Ray tracing que je ne saurais voir ».

Si l’aspect « Mille et une Nuits » donne heureusement un côté charmant et exotique à l’ensemble (comme ce doudou que vous refusez obstinément de laver depuis 20 ans), il faut bien reconnaître que les décors et que les personnages, sont essentiellement sauvés par le cell shading et que Mirage 7 ne roule pas vraiment des mécaniques quand on fait tourner un bon gros Assassin’s Creed ou un Crimson Désert à côté. « Et mon path tracing, tu l’aimes, mon path tracing ?«
La musique tape rapidement sur le système et je ne serais pas surpris si vous vous décidiez purement et simplement à la couper en cours de partie. De toute manière, le Death metal est toujours la meilleure des bandes son et le « In their darkened shrine » de Nile est votre meilleur ami.
À l’arrivée, il y a finalement pas grand-chose à dire d’un jeu, pas foncièrement déplaisant à jouer et à regarder (même si je me serais allègrement passé d’une énième visite dans des souterrains et des grottes. (Sérieusement, c’est pas possible de faire un jeu sans grotte ? »), mais qui n’apporte vraiment rien de neuf. Sur un marché aussi surchargé qu’il l’est aujourd’hui, il me semble quelque peu suicidaire de se contenter d’une proposition « juste sympathique » qui va nécessairement se trouver en concurrence directe avec des jeux bénéficiant d’un budget autrement plus confortable et dont la durée de vie sera bien plus élevée.
En définitive, c’est une très basique logique de marché qui va me conduire à vous déconseiller d’acheter ce Mirage 7 et d’attendre bien sagement qu’il se retrouve dans un des multiples bundles proposés pour trois francs six sous (mon Dieu, je suis un boomer) sur Internet. Parce, et soyons honnêtes deux minutes, qu’est ce qui pourrait réellement vous inciter à dépenser vos sous pour acquérir Mirage 7 à une époque où tant de jeux d’exception sont régulièrement vendus pour une bouchée de pain ?
Genre : Action / Aventure / Puzzle
Développeur : Drakkar Dev
Editeur : Blowfish Studios
Date de sortie : 6 mars 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Action / Aventure / Puzzle