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SoulQuest

L’heure est grave, très grave en fait. Je suis encore une fois complètement à la bourre pour rendre un test et cette fois-ci, il y a une circonstance aggravante puisque je n’ai vraiment pas, mais alors vraiment pas envie de jouer à SoulQuest.

Alors, contrairement à ce que vous pensez, ce n’est pas de sa faute, ce n’est pas lui, c’est moi. C’est moi qui commence à en avoir marre des productions indés 2D et des hack ‘n’ slash qui s’adressent manifestement aux plus jeunes et non pas aux dinosaures du jeu vidéo dont les réflexes ont disparu bien avant la fonte des glaces.

Comble de l’infamie, j’ai sollicité l’IA pour qu’elle fasse le boulot à ma place et le pire, c’est qu’elle l’a mieux fait que je ne l’aurais fait moi-même. Ayant bêtement soumis son test à mon rédac’ chef préféré, je suis coincé : je n’ai pas le choix, il faut que j’écrive un test différent sans m’appuyer sur mon petit esclave numérique. Ah ça, je ne vous cache pas que c’est mal barré.

Je suis donc au pied du mur, comme un vulgaire Jack Bauer après un énième retournement de situation et il me faut désormais prendre mon courage à deux mains et trouver le moyen, dans cette configuration, d’attraper ma manette.

Le genre de bestiole qu’on adore voir débouler dans son jardin

Sur le papier, il n’y avait pourtant pas lieu d’imaginer un drame. SoulQuest, jeu de combat à défilement horizontal en gros pixels, a été développé par le créateur argentin Tomas Pereyra sous la bannière de son studio indépendant SoulBlade Studio LLC et édité par indie.io. Sorti le 1er mai 2026 sur PC (Steam) et Nintendo Switch, dont il s’agit d’ailleurs du deuxième titre pour le studio, le jeu avait tout pour me plaire.

Avec son héroïne, Alys, très énervée et son tombereau d’ennemis à piétiner, latter, pulvériser, éviscérer voire décapiter, le jeu me rappelait aux bons souvenirs de l’antique et cultissime Rastan (ou Rastan Saga) de l’éditeur Taito.

Et vu que je suis sympa et que je ne cherche pas forcément à réactiver les traumatismes les plus profondément enfouis, je me contenterai de rappeler que ce jeu a eu droit à deux suites en arcade qu’il serait préférable d’oublier, même si le 3 peut encore faire illusion.

Oui, c’est parfois assez mignon

À la base, la vie était belle pour notre princesse, récemment mariée au protecteur local, adulé de la ville et de la garnison. Seulement voilà, à peine partent-ils en pique-nique en amoureux qu’un infâme scélérat en profite pour foutre le feu à leur village. Ni une ni deux, notre vaillant héros et sa jeune mariée arrivent en ville pour expliquer au mariole pyromane que, quand même, ça ne se fait pas et qu’il faut respecter le vivre-ensemble. Manque de bol, les marioles sont plutôt costauds et notre héros sans peur ni reproche y laissera la vie.

Ce qui énerve passablement notre jeune et toute récente veuve qui refuse d’admettre la fatalité. Après avoir rencontré Abanus, un druide local, elle trouve la conviction qu’il est possible de ramener le joyeux défunt à la vie. Seul petit problème : il va falloir aller convaincre Morrigan, la déesse de la mort, à coups de baffes de l’utilité de la procédure. Autre léger problème : il va falloir faire ses preuves en allant expliquer les bonnes manières à toutes les créatures issues du folklore celtique et des légendes arthuriennes qui vont se placer en travers de son chemin.

Oui, cet adversaire dispose bien d’une barre de vie et oui, le jeu note régulièrement notre performance

Coup de bol, notre princesse guerrière a eu le bon goût de s’entraîner avec son époux et ne va donc pas débuter son chemin de croix sans ressources. La ligne va être droite, la pente élevée et les baffes vont pleuvoir jusqu’à atteindre l’objectif et obtenir la résurrection de son époux. Oui, je sais, elle aurait pu faire son deuil comme tout le monde et s’inscrire sur Hinge ou Meetic, mais que voulez-vous, notre princesse est bornée… Et c’est donc à vous que va échoir la tâche relativement ardue de l’amener jusqu’à Morrigan.

Pour parvenir à ses fins, notre héroïne va devoir jongler avec les combos. Et, coup de bol, c’est justement sa spécialité. La plupart des ennemis pourront donc être vaincus en multipliant des combos, notamment aériens. Mise à part cette mécanique très axée sur les enchaînements aériens, le reste du jeu fleure bon le classicisme. Nous avons donc affaire à une sorte de platformer bi-classé Hack & slash dans lequel le joueur devra défaire ses ennemis, obtenir des items lui permettant d’accéder à des zones jusqu’alors restreintes et sauter de plateforme en plateforme sans mourir trop souvent.

Je ne vous cache pas que c’est moyennement bien engagé

Et c’est peut-être là que le bât blesse pour SoulQuest. Ce n’est pas un mauvais jeu, mais il n’est pas particulièrement original ni plus enthousiasmant que les autres en termes de gameplay. En effet, la réalisation est sans fioriture avec de gros pixels qui sentent bon les années 90, mais qui ne semblent plus tellement originaux après des milliers et des milliers de productions plus ou moins indépendantes qui ont rendu hommage à cet âge d’or. Les musiques sont, comme le plus souvent dans ce type de production, oubliables.

En ce qui concerne le gameplay, les choses sont un peu plus contrastées. Si notre personnage réagit bien aux sollicitations du joueur avec des coups qui sortent bien et des sauts assez précis et sans lag, un minimum dans un jeu de plateforme, on ne peut s’empêcher de pester contre ces combos aériens qui projettent assez systématiquement l’adversaire hors de l’écran et surtout, hors de portée du joueur.

Et manque de bol parce que le gameplay est justement construit sur ces juggle et air combos (chers à la série Tekken) qui vont s’avérer nécessaires pour défaire vos adversaires qui, une fois n’est pas coutume dans ce genre de jeu, sont d’ignobles sacs à PV tout droit sortis de The Division (D’ailleurs ils disposent tous d’une magnifique barre de vie qui prend bien son temps à diminuer).

Ah, les bonnes vieilles plateformes qu’on aime tant. surtout quand elles disparaissent subitement

Du coup, il n’est pas rare de succomber aux nuées de petits salopiauds qui vous tombent dessus parce que vous avez envoyé hors de portée cet adversaire spécifique que vous vouliez achever avant les autres, ce qui fout en l’air votre brillante stratégie de Néandertal (moi taper gros lard d’abord, puis moi taper petits faiblards après… moi malin).

C’est dommage, d’autant qu’il y avait là une bonne idée de gameplay qui consistait à introduire du gameplay de VS fighter comme Tekken, Killer Instinct ou Bloody Roar dans un classique hack ‘n slash. Autant vous dire que ça fonctionne mieux dans cette vidéo que chez moi. Mais il est possible que je sois nul.

SoulQuest risque bien de se retrouver noyé dans la masse des jeux indés qui sortent chaque mois, si ce n’est chaque jour ou chaque semaine sur Steam. En ce qui me concerne, je n’irai pas plus loin dans l’aventure après avoir écrit cette dernière ligne.

Genre : Platformer / Hack & Slash

Développeur : SoulBlade Studio LLC, Tomas Pereyra

Editeur : indie.io

Date de sortie : 1er mai 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Baalim

Vieux joueur, atariste convaincu, collectionneur de trucs bizarres et hétéroclites, geek à ses heures perdues, pratiquement certain de n’avoir rien signé et de ne pas être payé, il se demande encore ce qu’il fait là.

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