Early Access: Valorborn
Il faut être optimiste dans la vie, et un peu rêveur aussi. C’est ce qui fait avancer le monde, ce qui donne envie aux gens de se lever le matin et surtout d’être curieux. Alors quand j’ai lu la fiche de Valorborn, la production de Laps Games – un petit studio indépendant -, j’ai eu des étoiles plein les yeux, malgré l’étiquette Early Access.
Pensez donc, un RPG dans lequel vous pourrez diriger une équipe d’aventuriers dans un monde médiéval fantastique ouvert, en mode bac à sable, avec gestion évidemment des caractéristiques et de l’équipement, mais aussi la possibilité de se construire un camp. Oui, comme dans un énième jeu de survie mais en vue de haut et avec plusieurs personnages.

Je sais, moi aussi je sautillais partout en bavant. Que voulez-vous, on a beau voir défiler les titres, on essaie de garder son âme d’enfant. Sauf Baalim, qui n’a jamais été enfant. Et qui n’a d’ailleurs pas d’âme tout bien considéré. Mais bon, vous voyez l’idée.
Donc Valorborn vous promet tout cela et franchement, quand on se retrouve sur ce bout de terre après avoir réussi à s’échapper du joug d’esclavagistes ayant profité de votre naufrage pour vous capturer, on y croit. Vous devez remettre à flot un petit bateau pour rejoindre le continent et il va falloir ramasser des trucs et des machins pour faire des outils, un établi, des planches… Vous connaissez la chanson !

Et c’est là qu’on commence à un peu tiquer devant l’interface que nous qualifierons pudiquement de pas pratique du tout. Mais du tout hein, elle est du genre à vous obliger à faire une multitude de clics inutiles avant que vous n’arriviez à vos fins.
Ensuite, une fois sur le continent, on s’aperçoit que le monde est effectivement très grand, du moins la partie accessible pour le moment et qu’il y a des choses à faire. Sauf que c’est quand même assez vide, mais encore une fois, le jeu débarque à peine, on est en v0.2 donc vous vous doutez bien que les développeurs n’ont pas eu le temps de mettre des petits lapins partout.

Ni d’implémenter beaucoup de dialogues ou même un système de combat digne de ce nom. Pour le moment c’est un peu la foire à la saucisse, on essaie d’attirer les ennemis un par un pour les faire succomber sous le nombre de vos pouilleux. Enfin je dis pouilleux mais c’est quand même un peu de ma faute.
Parce que oui, je pourrais crafter plein de fringues et d’armures après avoir acheté des parchemins pour apprendre à le faire. Mais il me faudrait me battre contre l’interface, me battre avec le système d’ordres vraiment pas au point, qui m’obligera à prendre le contrôle des personnages à tout bout de champ.

Parce qu’ils sont un peu bêtes et qu’ils ne savent pas vider leur sac à dos quelque part. Qu’ils ne savent pas me dire quand ils manquent de ressources lorsqu’ils sont à un poste de crafting. Ou qu’ils ne savent pas passer à l’objet suivant, pour lequel ils ont des ressources, quand ils sont bloqués sur un objet.
La liste des choses que nos héros ne savent pas faire est longue comme le bras et quand j’essaie d’imaginer tout ce que Laps Games veut faire dans son jeu, j’ai un peu peur. Peur qu’ils aient vu trop gros, peur qu’ils n’aient pas les moyens. Peut-être faudrait-il revoir quelques ambitions à la baisse, peut-être que le jeu est sorti en version trop anticipée.

Quoi qu’il en soit, il est bien trop tôt pour vous (dé)conseiller Valorborn. Sur papier, c’est un rêve de rôliste, une machine à générer des histoires épiques. Dans les fais, mains sur la souris et le clavier, c’est frustrant, vide, fastidieux.
Je reste confiant, je suis sûr qu’ils pourront en faire quelque chose. Rien d’aussi grandiose qu’annoncé c’est sûr, ou alors dans 10 ans, mais quelque chose de sympathique et jouable. Je leur souhaite bien du courage avec ce Valorborn encore bien buggué et très brut de décoffrage qui va les occuper de nombreux mois.
Genre : RPG Sandbox
Développeur : Laps Games
Editeur : Laps Games
Date de sortie : 15 avril 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : RPG Sandbox