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Bright Memory: Infinite

Après un premier essai proche de la démo technologique en Mars 2020, le one-man studio FYQD revient en cette fin d’année avec un titre plus abouti qui pourrait bien mettre la honte à pas mal de projets AAA : Bright Memory: Infinite. Une notation « Très Positive » sur Steam, des flingues et des épées, des décors somptueux. Shut up and take my Dystoseal of Quality!

Sauf que non, et c’est le cœur lourd que je vous expliquerai pourquoi. Mais avant ça, revenons quelques secondes sur l’histoire de Bright Memory: Infinite. Déjà parce que c’est en gros le temps qu’a dû y consacrer le développeur, ensuite parce que c’est toujours bien de savoir où l’on va, surtout quand le chemin est aussi sanglant. Vous dirigez Shelia Tan, une guerrière à la solde du SRO (Science Research Organization) qui doit « enquêter » sur l’apparition d’un trou noir et de mystérieux guerriers antiques. Vous arrivez donc là-bas, équipée de vos outils indispensables à toute reconnaissance digne de ce nom (un fusil à pompe et une épée qui poutre) et tentez de découvrir le fin mot de l’histoire en démembrant tout ce qui se présente.

Il n’y a pas à dire, on voit vite sur quoi le développeur a passé son temps. Et avant que vous ne posiez la question, non ça n’est pas sur les dialogues perchés ou les cinématiques complètement barrées. Et en fait tant mieux parce que l’ensemble est homogène et se vautre allègrement dans la catégorie FPS décalé sans temps mort. Le joueur est donc invité à poser son cerveau à l’entrée et à régulièrement récupérer sa mâchoire qui va passer son temps à tomber. Parce que Bright Memory: Infinite est techniquement à couper le souffle.

Que ce soient les environnements qui sont deux crans au-dessus de splendides, les animations aux petits oignons ou les sensations de shoot, tout est absolument parfait. Les armes donnent un sentiment barbare de puissance que ne renierait pas le dernier Doom, les niveaux s’enchaînent sans le moindre temps mort et même les quelques séances de plateformes, qui ne m’emballent guère habituellement dans un FPS (non Titanfall, tu ne comptes pas toi, tu es à part mon chéri) sont sympas. Non franchement, si on se contentent des flingues (punaise ce pompe auto ! Ce pistolet dément !), Bright Memory: Infinite est un très très bon FPS défoulant.

Mais, comme si ça ne suffisait pas, le développeur a décidé que quitte à y aller, autant y aller à fond et nous balance de la bonne grosse technologie WTFesque. Année 2034 obligé, votre héroïne dispose d’une armure et d’une épée aux pouvoirs sympathiques : non seulement vous absorbez les dégâts comme Flad les bières, mais en plus vous pouvez faire léviter les adversaires pour les attirer à vous ou alors les découper tranquillement avec votre sabre. Oui, Shadow Warrior est passé par là mais soyons honnête, Bright Memory: Infinite est deux fois plus punchy.

Les manières de démembrer vos ennemis s’en retrouvent donc démultipliées et il n’y a guère que votre imagination et la configuration du niveau (bien souvent en mode couloir malheureusement) qui viendront limiter votre rage meurtrière. Attention toutefois, pour ceux qui pensent qu’il suffit de courir partout en mitraillant : certains ennemis disposent d’une armure qu’il faut éliminer avant d’entamer leur vie. Cela peut se faire en les contrant au bon moment (c’est assez jouissif de faire un headshot sur un soldat en lui renvoyant sa propre balle) ou en enchaînant les combos pour la saturer. Bourrin et technique !

Cerise sur le gâteau, les combats de boss ne sont pas pénibles et offrent un challenge intéressant sans être insurmontable et vous pouvez, en ramassant des reliques, améliorer vos pouvoirs et en débloquer de nouveaux.

Et là je me dois de vous rappeler, vous qui êtes déjà partis sur Steam pour acheter le jeu : attention mesdames et messieurs, Bright Memory: Infinite souffre d’un gros défaut. Quand le boss que vous arrivez presque à vaincre au premier tiers du jeu vous dit « rejoins moi là-bas dans une heure », il faut prendre ça littéralement : une heure après, ou pas loin, vous êtes au combat final. Moins de 3h de jeu pour 17€ donc. C’est une durée de vie ridicule je vous l’accorde. Et cela poussera beaucoup de monde à soit le prendre en promo, soit regarder quelques vidéos plutôt que d’investir.

Mais posons-nous la question : vaut-il mieux un FPS ultra nerveux qui vous offre 3h sans le moindre temps mort (à part un passage de 5 minutes en véhicule), avec des combats ultra gore et frénétiques, qui vous feront alterner attaque et défense, armes à distance et corps à corps ou bien un FPS calibré pépère avec un pseudo scénario de sauvetage du monde qui s’étire sur 8h ? La question se pose.

Personnellement, j’ai pris plus de plaisir sur Bright Memory: Infinite que sur le dernier Call of Duty en date. N’oublions pas que le développeur est seul et qu’il arrive à faire bien mieux que beaucoup de studios dans pas mal de domaines. Quoi qu’il en soit, la décision vous revient mais si vous lisez les avis, ils sont unanimes : quand on prend au deuxième degré son scénar nanardesque, Bright Memory: Infinite est une pépite de FPS comme on aimerait en voir plus souvent. Et plus longtemps…

Genre : FPS

Développeur : FYQD-Studio

Editeur : FYQD-Studio, Playsim

Date de sortie : 12 Novembre 2021

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...