007 First Light
Il y a des licences comme ça où tout le monde vous attend au tournant. C’était le cas avec Indiana Jones and the Great Circle de MachineGames (quel bijou !) et c’est bien évidemment le cas avec 007 First Light d’IO Interactive. Bon, vu le nom du studio et son passif, il y avait de quoi être serein car non seulement leurs Hitman sont d’excellents titres mais surtout ils ont une patte bien à eux qui rend leurs titres reconnaissables entre mille.
Vous voilà donc dans les rangers de James alors qu’il n’est qu’un membre d’équipage sur hélicoptère, accompagnant des SAS pour une mission en Islande. Forcément, ça se passe mal, les hélicos sont abattus et James se retrouve seul, guidé par une voix de femme. Il va devoir tenter de retrouver un mystérieux équipement et, je vous le donne en mille, la mission va partir en cacahuète, James va n’en faire qu’à sa tête et va tout simplement faire péter toute la base.
Malgré ces exploits, il est recruté par M et va faire ses classes à Malte, l’occasion de découvrir tout ce que notre agent peut faire en matière d’infiltration et combat. S’en suit une mission dantesque en Slovaquie où l’équipe va partir à la recherche de 009, un célèbre agent ayant fait défection des années auparavant et refaisant surface.
Inutile de vous dire que tout va mal se passer, de nombreuses inconnues se rajoutant à l’équation pour un final hautement… explosif avec des conséquences dramatiques pour le programme 00. Il incombera donc à James de partir à la recherche de 009, en commençant par l’Afrique et à travers un voyage à travers le globe digne du célèbre agent.

S’il y a une chose qui frappe lorsqu’on lance le jeu pour la première fois, c’est que les développeurs ont bel et bien réussi à nous plonger dans le monde du célèbre agent. La mise en scène est digne d’un long métrage et les séquences s’enchaînent avec une grande fluidité, donnant l’impression de ne vivre qu’une seule et grande mission.
Les cinématiques in-game se fondent avec les passages joués et même lorsqu’on se contente de regarder, on est absorbé tant les animations et doublages sont d’excellentes factures. Je comparais le titre (dans l’esprit) avec Indiana Jones et je dois dire que j’y ai retrouvé le même plaisir : on est pris dans l’action, on assiste aux briefings en attendant la prochaine répartie caustique de James. On y est !

Mais jouer James Bond n’est pas jouer le premier bourrin venu. Non, si notre héros sait jouer des poings, dans des phases où parades, contre-attaques et éliminations silencieuses sont de rigueur, là où bien évidemment le jeu brille c’est dans l’utilisation des gadgets mis à disposition par Q et son département. Montre pour le hacking, appareil photo envoyant une onde de choc, fléchette provoquant des nausées (…) il y a de quoi faire même si les développeurs ont eu l’excellente idée de limiter les joueurs à 2 (puis 3) gadgets par mission. Oui, de quoi adapter l’équipement au style du joueur.
Lors des missions, ce qui frappe c’est la qualité de la mise en scène, avec notamment une gestion des foules peaufinée sur les Hitman. Lorsque vous arrivez quelque part, le monde vit autour de vous, les interjections fusent, les PNJs font leur vie, à vous de trouver votre voie. Cela peut être en jouant au bourrin et en neutralisant les gardes, ou en restant furtif et en s’appuyant sur les gadgets et les éléments interactifs du décor. Comme dans Hitman, on va donc observer les obstacles présents et déterminer quels moyens sont les plus adaptés pour les franchir.

Les missions sont donc assez longues car il est impossible de les passer en ligne droite. Et ça n’est pas plus mal car le level design est parfait, avec de nombreux rebondissements et une liberté quasi-totale (bon, en restant bien entendu dans les scénarios prévus par les développeurs). Et quitte à parler de ça, notons que le comportement des PNJs n’est pas toujours très convaincant ni toujours crédible.
On peut par exemple se faire refouler 10 fois par un garde, revenir avec le bon badge et voir ce même garde nous laisser passer comme si de rien n’était. Rien de bien grave mais il est dommage qu’on ne puisse pas se bloquer des options dans certains cas, ce qui obligerait à revoir son approche.

Et de temps en temps, entre deux phases d’enquêtes, 007 First Light nous surprend avec des fusillades dignes d’Uncharted, où James court de couvert en couvert en alignant les headshots. Ces phases ne représentent bien entendu qu’une petite partie du titre et s’intercalent intelligemment entre deux passages plus posés. IO Interactive a réellement trouvé le bon dosage entre action pure et infiltration, sérieux et humour décapant. Comme dans un James Bond me direz-vous et d’ailleurs les références aux différents films ne manquent pas.
007 First Light réussit donc le très difficile pari de proposer un titre fidèle au personnage d’Ian Fleming, avec une mise en scène époustouflante et prenante. Le titre ne souffre d’aucun défaut majeur – tout au plus de petits détails gênant s ici et là comme l’IA perfectible des PNJs ou une certaine rigidité dans certaines phases – et une fois le jeu lancé, il est bien difficile de décrocher tant on se retrouve happé. Le rythme est parfaitement étudié, l’histoire est palpitante et l’imbrication de celle-ci au sein des missions est parfaite.

Il suffit de voir comment les classes de James sont gérées : au lieu de proposer un bête tutoriel, les développeurs ont eu l’excellente idée de montrer cela par des cinématiques entrecoupées de phases de jeu présentant de nouvelles choses. Cela permet de garder le joueur impliqué tout en évitant de lui faire faire des phases répétitives. Non décidément, c’est du très très bon.
Techniquement, les images parlent d’elles-mêmes : c’est beau, très beau même parfois et surtout c’est très détaillé avec d’innombrables choses à voir ou étudier dans chaque mission. Comme je le disais, on se retrouve immergé dans un monde et on doit y progresser, on n’est pas le centre de l’attention, tout au plus un personnage comme tant d’autres. C’est ce côté vivant et organique des niveaux qui propulse 007 First Light dans le haut du panier des jeux d’action-infiltration. Niveau sonore, c’est aussi du très bon avec de discrets passages que les fans reconnaîtront sans mal.

Comme pour Indiana Jones, il est à espérer que ce 007 First Light ne soit que le premier d’une longue série. Sa durée de vie conséquente (comptez plus d’une vingtaine d’heures de jeu si vous farfouillez partout et touchez au mode TacSim), la qualité de sa réalisation et surtout son rythme parfait font que l’on a qu’une envie : participer à encore plus d’aventures de ce jeune espion qui débute sa carrière.
Cela aussi, c’est un coup de génie : en proposant au joueur de découvrir le monde des 00 avec James au lieu de le mettre aux commandes d’un espion aguerri, IO Interactive se met le joueur dans la poche et crée un lien affectif bienvenu. Quoi qu’il en soit, foncez sur ce cocktail détonnant d’action – infiltration, qui vous met dans la peau du plus classe et efficace agent secret !
Genre : Action Infiltration
Développeur : IO Interactive A/S
Editeur : IO Interactive A/S
Date de sortie : 26 mai 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Action Infiltration