Green Hell

L’idée de passer mon temps de jeu à ramasser du bois pour faire une cabane virtuelle ne m’avait jamais trop enthousiasmé. Cependant, après avoir goûté à l’un et l’autre jeux de survie, j’avoue que certains concepts m’intéressent plus que d’autres (Subnautica est l’exemple parfait d’un jeu de survie superbement exécuté). Pour Green Hell, j’ai d’abord regardé des vidéos en me disant sans cesse: « C’est pas pour toi, t’as pas le temps » tout en ayant la furieuse envie de mettre mes mains dessus.

E banane c’est un truc qu’on dit souvent à la rédac.

J’ai donc fini par craquer mais j’ai attendu la sortie de l’Early Access et l’arrivée du mode histoire – en plus du mode survie existant – ce début de mois de septembre pour réellement m’y plonger. Edité et développé par Creepy Jar, un nouveau studio indé Polonais composé de vétérans du JV, Green Hell reprend le principe des jeux de survie mais cette fois-ci transposé dans une jungle hostile avec un très fort relent de réalisme. Attention, si je ne donne pas de spoilers sur l’histoire, vous trouverez dans ces lignes quelques conseils de survie.

Tout est une question de point de vue

Dire que Green Hell est un jeu difficile est un euphémisme, la plupart d’entre vous mourront lors de leur première partie, même en « facile » c’est-à-dire sans la faune sauvage carnivore et les tribus hostiles même si comme dans de nombreux jeux du genre la difficulté diminue une fois que vous êtes installé, ici chaque erreur se paiera malgré tout et pourra être fatale.

Promenade de santé

L’histoire démarre comme un retour dans la jungle, on ne sait pas vraiment ce qui s’est passé auparavant ce qui peut être un peu déstabilisant. Vous êtes avec votre petite amie, anthropologiste qui décide de s’intégrer dans une tribu amazonienne. Vous l’aurez compris, les choses vont tourner au vinaigre et vous devrez la retrouver. L’histoire joue le rôle de fil directeur mais à part certaines milestones et dialogues, elle est assez discrète lors de votre survie, ce n’est pas un mal, je la trouve assez originale dans l’ensemble.

Facile de s’y perdre au début.

Côté survie, vous devrez non seulement construire un abri mais il vous faudra aussi vous nourrir, hors le tutoriel du jeu est plus qu’anecdotique. Celui-ci vous explique comment faire du feu et un bandage et puis basta. Comment tu fais pour purifier de l’eau sale et pas mourir d’infection ? HAHA ! Trouve par toi-même. En fait, il faut trouver une noix de coco qu’on peut faire tomber en jetant une pierre dessus, puis la vider et en faire un bidon avec une corde, vider et briser une seconde pour faire un bol qu’il faudra réchauffer près du feu. Comme vous pouvez le voir, cette opération critique à votre survie nécessitera la première fois une fameuse quantité d’énergie.

Faire du feu, un élément crucial à votre survie

Et c’est un peu ainsi pour tout, la majorité des éléments que vous trouverez dans la nature peuvent être décomposés, utilisés, consommés. Mais attention, au départ vous ne saurez pas ce qui est comestible ou non, et une grosse indigestion vous enverra assez vite ad pâtres, même y survivre peut être grandement handicapant car vous aurez épuisé la plupart de vos réserves.

Après un certain temps vous serez un vrai cordon bleu ! Qui n’en veut ?

La gestion de la nourriture est aussi décomposée en quatre éléments principaux (eau, lipides, protéines et glucides), chaque nourriture vous fournira un ou plusieurs de ceux-ci. Il faudra aussi en général cuire la nourriture pour éviter les parasites et les indigestions. Bref, se nourrir prendra une importante partie de votre temps de jeu et ce tout au long de celui-ci, même si ces différentes constructions permettront de faciliter votre survie.

Là par exemple, je suis mal.

Le cycle jour/nuit étant assez court, vous aurez au final assez peu de temps à consacrer à l’exploration (surtout au début) car vous devrez vous concentrer sur votre survie. C’est assez réaliste, vous vous retrouvez à remplir votre sac à dos de nourriture et de pansements (là aussi il y a différents moyens de soigner des blessures et tous ne sont pas intuitifs) quand vous savez que vous devez vous rendre quelque part.

Votre carnet permet de sélectionner ce que vous désirez construire.

Avoir un camp où entreposer vos objets, entretenir votre feu à l’abri de la pluie, avoir un couchage à l’abri des sangsues et rassembler votre nourriture est tout aussi crucial, surtout que pour sauvegarder vous aurez besoin d’un toit (peu importe lequel mais ça veut dire qu’il vous faut dépenser de l’énergie et du temps à construire quelque chose). En mode facile, la construction reste un élément secondaire du jeu, avoir de quoi protéger votre feu de la pluie suffira en général. Si vous jouez avec les tribus et les animaux sauvages, il faudra aussi vous prémunir de l’arrivée d’un crocodile ou jaguar au beau milieu de votre camp.

Mon premier abri !

L’interface n’est pas non plus des plus intuitive mais on s’y fait vite. Reste qu’à chaque fois que vous désirez construire quelque chose il faudra ouvrir le menu radial et puis le carnet, en parcourir les pages dans la bonne section, bref peut mieux faire. Le pire pour moi reste l’inspection de vos membres pour en éliminer les sangsues, rituel que vous devrez régulièrement accomplir pour éviter les maladies, à chaque fois il vous faudra amener le menu radial, cliquer sur la loupe, sélectionner un membre à la fois pour l’inspecter sous tous les angles.

La rédac de Dystopeek au complet

Même chose pour les soins, il faudra identifier le membre blessé puis trouver le bon bandage à y appliquer, une morsure de serpent ne se traite pas de la même façon qu’une coupure. Si la blessure s’infecte, bonne chance ! Il m’a fallut un temps non négligeable pour découvrir qu’on pouvait percer une blessure infectée avec un bout d’os (ne me remerciez pas).

Pas de recette pour construire des objets mais la logique aide.

Le fait que l’exploration est difficile ne veut pas dire qu’elle n’est pas nécessaire. Vous pourrez tomber sur des lieux qui apporteront des réponses ou des objets qui vous permettront d’atteindre d’autres endroits. Bref c’est un élément indispensable du mode histoire. De plus, certains ingrédients ne se trouvent que difficilement et il vous faudra les dénicher.

Le transport de gros matériel prend aussi pas mal d’énergie et de temps.

Techniquement le jeu se débrouille bien, malgré un tearing assez présent lorsque vous bougez vite et quelques bugs restants, les devs ont l’air réactifs et le contenu va probablement s’étoffer avec le temps encore. En plus c’est assez joli même si un peu plus de variété n’aurait pas fait de mal.

L’éternelle gestion d’inventaire dans le sac à dos.

Green Hell est un très bon jeu, riche, complet, difficile mais il n’est clairement pas pour tout le monde. Déjà de par sa difficulté mais aussi parce que la jungle a un effet un peu oppressant, on s’y perd vite et ça manque parfois d’effet « woa ! enfin autre chose ».

On se croirait presque chez Flad, manque que les licornes.

La gestion de la nourriture prend aussi tellement d’importance qu’elle en devient presque répétitive, un allongement léger du cycle jour/nuit permettrait peut-être au joueur d’avoir le temps de faire autre chose durant les premières heures. Ce n’est donc pas un jeu auquel vous pourrez jouer par petites sessions car en 15 minutes, à part boire et vous nourrir, vous n’aurez eu le temps de rien faire, surtout que les sauvegardes ne peuvent se faire que dans un camp.

Interface de construction assez simple en revanche.

Reste que malgré ses petits défauts, le jeu vaut largement la peine pour ceux qui veulent une expérience immersive en pleine jungle, le message pour la conservation de l’Amazonie est aussi bien intégré à l’histoire et une fois lancé vous aurez probablement du mal à décrocher.

La nuit c’est zoli.

A noter qu’un mode coopératif est prévu pour fin de l’année/début de l’année prochaine. Bref ça risque d’amener de beaux drames et de diminuer grandement le temps de sommeil de certains joueurs.

Aller dans l’eau n’est probablement pas une bonne idée…

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

2 pensées sur “Green Hell

  • 5 octobre 2019 à 18 h 25 min
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    A part The Forest, j’ai toujours esquivé ces jeux de survie, aussi complets soient-ils… Mais celui-là est tentant.

    • 7 octobre 2019 à 9 h 26 min
      Permalink

      Il est pas mal mais l’interface est pas toujours super intuitive.

Commentaires fermés.