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Masters of the Universe

La nostalgie ça vous parle ? Je demande ça à tout hasard parce qu’on est pas du tout une équipe de vieux aigris chez Dystopeek (bon ok l’aigri c’est moi, les vieux ce sont les autres). Il y a quelques temps j’avais entendu qu’un nouveau film sur les Maîtres de l’Univers (Masters of the Universe) allait sortir, je n’ai pas vu le précédent et je n’ai qu’un très lointain souvenir des dessins animés de mon enfance et pourtant je me suis dit « AAAh il faut que je le vois ! ».

J’espérais quand même ne pas renouveler l’expérience de Donjons et Dragons : L’Honneur des Voleurs, que j’avais adoré mais où je m’étais trouvé seul dans la salle IMAX (après c’est excellent comme expérience mais du coup on a pas de suite) et je dois dire qu’il y a une évolution puisqu’on était 12 dans la salle cette fois-ci…(mais c’était pas de l’IMAX, je suis tristesse).

Alors ça vaut quoi cette résurrection d’une aussi vieille franchise des années 80 ? Eh ben déjà on est face à un film Mattel qui continue de vendre de (superbes) figurines de la dite franchise à tour de bras et qui renouvelle le tout à chaque sortie de films ou dessin animé. On devrait donc supposer qu’ils avaient une idée de leur audience et du succès possible ou probable avant de se lancer. Et on comprend quand même que le but est, au delà de parler à l’enfant qui sommeille en nous (si si, même Harvester), de vendre encore plus de figurines.

L’histoire n’est pas le point fort du titre, Skeletor est le grand méchant qui prend le contrôle d’Eternia pendant que Adam (He-Man, Musclor pour les intimes), jeune fils du roi légitime, se retrouve projeté sur terre avec l’épée de pouvoir qu’il perd en cours de route. Le film ne s’attarde d’ailleurs pas trop sur Terre, on est là pour faire voyager, avoir de l’action, des blagues potaches et surtout montrer suffisamment de potentielles figurines et personnages, on retrouve rapidement Adam adulte avec son épée qui vient libérer sa patrie.

Côté personnages on a un très bon Idris Elba et un très controversé Jared Leto qui nous fait un Skeletor ridicule et machiavélique qui colle parfaitement au rôle. Le reste est en dent de scie avec Nicholas Galitzine qui fait le boulot d’un Adam un peu benêt qui, une fois transformé, devient l’homme le plus puissant de l’univers mais qui manque quand même d’un chouilla de charisme et puis une Camilla Mendes qui semble ne pas trop savoir dans quel répertoire jouer.

Et je ne la blâme pas trop, car si l’humour du film n’est pas très fin, il fait souvent mouche (en tout cas pour les adultes, pour les enfants c’est quand même parfois limite et je ne sais pas du tout ce que ça peut donner en français, mais qui regarde des films pas en vo ?), si les effets spéciaux vieilliront assez mal (surtout le combat final) ils sont quand même très colorés et agréables, si la musique Rock est vraiment excellente elle risque cependant de ne plaire qu’au 40-50tenaires. et si le tempo très soutenu tente de faire oublier que le scénario tient sur une feuille de papier cigarette… ben on se demande un peu à qui s’adresse le film.

Mattel semble avoir fait le pari que le public cible (donc les adultes de 40-50 ans qui achètent des figurines) allaient amener toute leur famille voir le film. Or, de ce que j’ai pu voir, ils sont surtout venus seuls. Evidemment ça fait donc moins de monde.

Là où Donjons et Dragons : L’Honneur des Voleurs avait fait un boulot excellent sur le scénario, les effets spéciaux, les mises en situation, l’humour et l’aventure mais n’avait pas réussi à trouver audience (il faut dire que les précédents films étaient catastrophiques), ce qui fait que je regrette encore qu’on aura pas de suite, ici on manque quand même un peu d’aventure et de surprises qui permettraient de vendre ça à un public plus jeune.

Je dois quand même avouer qu’on a plus des masses de films de ce genre avec un héro, un vrai qui combat le mal parce que c’est mal, que le film est très fun, qu’on y pense encore après être sorti du ciné, qu’on est clément face aux défauts du film parce qu’au final on a passé un bon moment.

Puis on se dit surtout que ce serait dommage que personne n’aille le voir parce que là aussi ils aimeraient bien faire des suites qui sont directement teasées lors des scènes de fin. Je ne vous dis pas de foncer, il faut pas pousser bobonne ce n’est pas un chef d’œuvre, mais si vous avez envie de passer une soirée no brain au ciné ou que vous avez ne fut-ce qu’un lointain souvenir du dessin animé, allez-y.

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

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