R-Type Dimensions III
Il y a des choses qui ne meurent jamais et c’est manifestement le cas du développeur IREM et de sa cultissime saga R-Type. Increvable, la saga R-Type balade ses guêtres depuis près de quarante ans, de compilations en épisodes inédits en passant par des remasters plus ou moins inspirés, sur toutes les machines ou presque du marché.
Rappelons que le premier opus de cette série de shoot 2D a débarqué dans les salles d’arcade en la lointaine année 1987, mettant une sacrée baffe aux joueurs ainsi qu’à la concurrence avec un jeu entré dans les annales du genre et qui a défini, pour les décennies à venir, ce que devait être tout jeu à base de piou piou piou et de lasers.
Après le succès du premier opus, il n’a pas fallu longtemps pour qu’IREM lui donne un petit frère sous le patronyme de R-Type 2, tout aussi réussi, avant qu’un troisième rejeton débarque, toujours en arcade, sous la forme de R-Type Leo. Je passe sur les détails vu que j’ai déjà largement abordé le sujet dans le test de R-Type Final 2 et que je ne suis pas payé à la ligne.
Aujourd’hui, c’est donc R-Type Dimensions III qui vient frapper à nos portes et nous rappeler un certain nombre de traumatismes adolescents. Car, voyez-vous, il y a peu de choses qui peuvent vous faire ressentir le passage du temps et la perte progressive de vos réflexes aussi bien qu’un bon vieux shoot ’em up.

Et, comme vous allez le voir ci-après, R-Type Dimensions III n’est pas gentil. Du tout. Contrairement à ses grands frères, Super R-Type III, sur lequel est basé ce remake, n’a pas eu les honneurs d’une sortie dans les salles d’arcade et a fait figure d’exclusivité de luxe pour une Super Nintendo sortie en 1991, à une époque où le genre avait encore le vent en poupe.
Comme tous les premiers jeux sortis en exclusivité sur la Super Nintendo qui laissaient supposer une faiblesse relative de la machine en matière d’animation par rapport à la NEC PC-Engine et la Megadrive (ce qui la foutait un peu mal), Super R-Type III entendait bien démontrer ce que la console, loin d’être asthmatique, avait dans le ventre. Ce Super R-Type III montrait à qui pouvait en douter que la SNES tenait la route et qu’IREM était, au moins techniquement, toujours au top de sa forme.

Car il y a un sujet qu’il convient d’aborder après avoir lancé ce remake en 3D de l’antique version Super Nintendo. Super R-Type III est dur, très très dur. Du genre à avoir eu ses différents niveaux conçus en Enfer et bêta-testés par des damnés avant d’être renvoyés dans les locaux d’IREM avec un post-it qui disait un truc du genre : « ok les gars c’est cool c’est super jouable, ne touchez plus à rien ».
Eh bien non les mecs, ce n’est pas super jouable. J’ai ragé comme jamais (enfin, si on oublie les manettes jetées contre le mur en jouant à NHL 92 mais ceci est une autre histoire du Père Castor) en essayant de passer le niveau 1. Oui, le niveau 1 que je passe dans tous les autres R-Type sans la moindre difficulté.

Alors, pourquoi être aussi méchant ? D’autant que les développeurs du remake l’ont manifestement compris puisqu’ils ont ajouté un mode dénommé Infinite. Ledit mode permettant, sacrilège ultime pour les fans, de voir son vaisseau réapparaître à l’endroit où il a explosé, à l’infini, à l’occasion de chacune des nombreuses, très nombreuses morts du joueur au lieu de reprendre le niveau au dernier checkpoint atteint.
Oui, ça ressemble furieusement à un cheat mode officiel et, bien évidemment, la durée de vie en prend un coup avec ce mode qui permet littéralement d’aller jusqu’au boss de chaque niveau en traversant les murs s’il le faut. Cela dit, avec un tel niveau de difficulté, je peux comprendre l’intérêt dudit mode. Et maudire les développeurs. Du coup, il est un peu difficile de voir à qui s’adresse ce R-Type Dimensions III, plutôt bien réalisé au demeurant et qui permet de switcher à tout moment entre le jeu d’origine et le remake.

Vu le prix auquel il est proposé, son niveau de difficulté et compte tenu du fait qu’il ne s’adresse qu’à un public devenu au fil des décennies un public de niche, on peut douter de la pertinence de la proposition.
Parce que, figurez-vous que si le jeu propose plusieurs niveaux de difficulté, le mode qui m’a rendu pratiquement fou est le mode standard. Le mode DE BASE. Ici, pas de mode facile mais juste un mode encore vachement plus dur. Oui, le masochisme est définitivement devenu un art de vivre.

Techniquement, et même si j’ai lu des commentaires assez désobligeants sur Steam, je dois bien dire que la refonte graphique me semble des plus satisfaisantes. Les niveaux prennent… humm… une autre dimension avec ces nouveaux visuels en 3D et des angles de caméra qui n’existaient tout simplement pas dans l’original ; ce qui rend d’autant plus intéressante la possibilité de changer de version à tout moment et de basculer des nouveaux graphismes à ceux d’origine.
Manque de bol, le bouton assigné à cette fonction est un peu trop proche de celui qui gère le bouclier – que l’on peut détacher et attacher à l’avant et à l’arrière du vaisseau -, ce qui occasionnera quelques dizaines de morts supplémentaires pour le plus grand bonheur de ces pervers de développeurs, mais on n’est plus vraiment à ça près.

Au niveau du son, pas grand-chose à signaler, les bruits d’impact sont assez classiques et les musiques sont réorchestrées mais ne changent pas diamétralement la donne par rapport à la version d’origine. Bien évidemment, l’animation est sans faille et rien ne viendra perturber votre périple, si ce n’est vos râles de souffrance.
À l’arrivée, je suis bien ennuyé. La série est mythique et la refonte est réelle, mais le tarif est élevé et la difficulté est tellement absurde que j’aurais du mal à recommander le jeu, même aux amateurs du genre. Si vous décidez néanmoins de franchir le pas, rappelez-vous qu’une manette, ça coûte cher. Ça vous évitera peut-être de la jeter en travers de l’écran en insultant les mamans des développeurs. Ce qui n’est d’ailleurs pas gentil.
Genre : shoot’em up très méchant
Développeur : KRITZELKRATZ 3000 / IREM
Editeur : ININ / Tozai Games Inc.
Date de sortie : 18 mai 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : shoot’em up très méchant