Kiborg: Descent
Ok, j’avais bien aimé Kiborg avec son vieux chauve post-soviétique occupé à défourailler des punks à chien post-apo pendant qu’il se faisait greffer des grille-pains et autres implants dans ce qui semblait être une sorte de déclinaison roguelike un peu fauchée de l’antique SpikeOut de Sega, mais je n’avais pas nécessairement signé pour une suite et encore moins pour un DLC.
Lorsque le rédac’ chef m’a balancé la clé du DLC Descent, j’ai gentiment décliné l’invitation en lui disant d’aller crever en enfer. Une manière polie de dire que si j’avais bien aimé le jeu de base, je n’étais pas forcément emballé à l’idée d’avoir du rab.
« Tu es le seul à avoir le jeu à la rédac parce qu’on n’est pas fous, alors tu n’as pas le choix, tu testes le DLC et tu fermes ta bouche » m’a-t-il alors répondu de façon fort bienveillante. Autant vous dire que mes options étaient limitées : déserter de Dystopeek, effacer toute trace sur les réseaux sociaux et me planquer, ou tester Descent. J’ai donc fait un choix en âme et conscience.
Et puis, j’ai été voir les informations relatives à la sortie de ce DLC et j’ai encore plus déchanté, si tant est que cela soit possible. Car ces braves gens de chez Sobaka Studio se sont dit que c’était une merveilleuse idée que de ne rendre ce DLC jouable que dans le niveau de difficulté maximum et déjà gratiné du jeu d’origine. Vous savez, ce niveau de difficulté où on se plante des clous sous les ongles et où on aime ça. Ouais, sauf que moi, ben j’aime pas trop ça.

Ok, je suis un vieux de la vieille, je me suis tapé les Ghosts ‘n Goblins, les Ghouls ‘n Ghosts, les R-Type et toutes les autres cochonneries qui en voulaient à vos pièces de 5 et de 10 francs, mais j’ai vieilli et l’offre s’est suffisamment élargie pour qu’on ne soit pas obligé de pleurer des larmes de sang en jouant à un jeu vidéo. Comble de l’horreur, le DLC n’est accessible qu’aux joueurs ayant terminé le jeu de base. Autant vous dire qu’en bon journaliste de l’extrême, ce n’était, bien évidemment, pas mon cas.
Aussi, je dois l’avouer : j’ai honte mais j’ai été récupérer le programme Wand de Wemod (ceci est une cascade réalisée par un professionnel du jeu vidéo, ne faites pas la même chose chez vous. Et accessoirement « Winners don’t use drugs ») qui permet de tricher comme un goret aux jeux vidéo et de prétendre que finalement, vous êtes un hardcore gamer avec un kikitoudur. Après avoir donc procédé à quelques modifications mineures du genre « vie infinie » et « ennemis morts en un coup », j’ai enfin terminé le jeu de base et pu me lancer sur le DLC Descent.

Et autant vous dire que c’est l’horreur. Chez Sobaka Games, ils n’ont clairement pas survendu la marchandise. Le moindre clochard de base se trouve transformé en sac à PV et tous les ennemis disposent de protections qu’il faudra démolir avant de commencer à les chatouiller un petit peu.
Comme ils sont assez adeptes de la philosophie « 15 contre 1 c’est équitable » que n’aurait pas reniée Sun Tzu après quelques baffes, vos chances de survie, ou plutôt les miennes, se rapprochent dangereusement du zéro absolu.

C’est bien simple, mes deux premières parties se sont soldées par des mises à mort au bout d’une minute et quinze secondes. Quoique, je suis mauvaise langue, j’ai quand même tenu près d’une minute et trente-quatre secondes lors de la deuxième tentative. Et en plus, le jeu s’est foutu de ma gueule à chaque échec.
Histoire de vous poser un peu le décor, Kiborg se lance en difficulté 1. Or, ce brave DLC commence directement en difficulté 8. Un peu comme si vous aviez décidé de vous lancer dans une partie de Dark Souls 3 en slip, à mains nues et en supprimant toutes les potions de soin.

Kiborg: Descent reprend là où s’était arrêté Kiborg avec un beat’em all plutôt sympa à jouer malgré un équilibrage quelque peu déficient et une RNG particulièrement injuste, mais je me demande tout de même à qui peut s’adresser ce DLC. Je doute que le public cible soit particulièrement conséquent.
À mon sens, il n’y a pas eu tant d’exemplaires que ça de vendus et le jeu n’a toujours pas atterri dans un bundle. Si on retranche de ces quelques exemplaires vendus les trois ou quatre types qui ont dû le terminer dans tous les modes de difficulté, j’ai un peu l’impression que ce DLC, qui ajoute certes de nouveaux ennemis, biomes, boss et armes, a été développé pour une poignée de gamers et encore, si on part d’une main de lépreux.

Du coup, c’est dur, c’est trop dur bien entendu, et c’est peut-être jouable une fois qu’on a débloqué toutes les améliorations du jeu de base, mais, de mon point de vue, ce dernier suffisait bien largement. J’attendrai plutôt la sortie d’une hypothétique suite avec un équilibrage revu de fond en comble plutôt que de me faire maltraiter par ce DLC.
Je vous suggère fortement de faire de même.
Genre : Beat’em all méchant
Développeur : Sobaka Studio
Editeur : Sobaka Studio
Date de sortie : 30 Avril 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Beat’em all méchant