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Guilty Gear Strive 2.0

Parfois, chez Dystopeek, la bonne fée, quand elle n’est pas trop bourrée, se décide à aller contre les maléfiques desseins du maître du donjon, le terrible Harvester, et à octroyer au valeureux pigiste sans peur et sans reproche un cadeau digne de lui. Aujourd’hui, ce n’est que Guilty Gear Strive 2.0 qui tombe dans son escarcelle.

Hélas, trois fois hélas, il ne reste plus de pigiste compétent dans le donjon de Dystopeek (NdHarvester : Ah, il y en a déjà eu ?). C’est donc Baalim, noob en VS fighting malgré plus de 40 ans de pratique qui va s’y coller, au grand dam des connaisseurs. Si vous ne comprenez rien aux cancels, contres, combos et jauges, ce test est pour vous.

Donc… Ayant eu la chance d’obtenir – contre toute attente raisonnable – une clé pour la version 2.0 de Guilty Gear Strive, je me suis empressé d’installer le jeu et de voir à quoi ressemblait le roster complet. En lançant le jeu, j’ai été à la fois impressionné de voir un jeu de combat aussi beau et très légèrement déçu qu’il soit, à première vue, un – tout petit – peu moins sublime que dans mes souvenirs. Cela dit, il suffit de voir l’animation assez dingue et les mimiques de A.B.A. pour se dire que ce n’était qu’une impression passagère.

Et puis, je me suis rendu compte que 5 années s’étaient déjà écoulées depuis la sortie de la version d’origine. 5 années au cours desquelles on a vu débarquer des mastodontes comme Street Fighter 6, Tekken 8 ou Mortal Kombat 1 sans que la suprématie visuelle de ce Guilty Gear soit réellement remise en question, malgré les réalisations de haute volée des concurrents (bon ok, surtout du côté de Mortal Kombat). Mais alors, 5 ans plus tard, qu’a donc à proposer le roi et vétéran des jeux de combat 2D ?

Alors que la version d’origine ne comptait que 15 combattants (un festin en 1991, une ration un peu famélique en 2021), cette dernière version, qui arrive après 5 saisons de contenu et de DLC divers et variés, propose désormais pas moins de 33 combattants, dont certaines collaborations surprenantes, et peut donc faire jeu égal avec les ténors que sont Street Fighter 6 ou Tekken 8.

Avant de commencer, il me paraît toutefois nécessaire de RE-préciser un point important. Si j’apprécie les jeux de baston auxquels je joue depuis une éternité et un certain Street Fighter 2, je suis très loin d’être un joueur chevronné. Tout au mieux un amateur éclairé aux réflexes bien rouillés. Si vous attendiez un test précis sur les mécaniques de gameplay et les révisions apportées à cette version 2.0, vous n’êtes pas au bon endroit. Ceci étant RE-précisé, nous pouvons donc passer à la suite.

Née en le fort lointain an de grâce 1998 et désormais forte de cinq épisodes (et de divers spin-offs, films, mangas, CD dramas et autres joyeusetés), la saga Guilty Gear fait aujourd’hui partie, tout comme BlazBlue des mêmes développeurs, des poids lourds du VS fighting. Et rien de bien étonnant puisque Arc System Works, qui a vu le jour en 1988, est une société japonaise créée, non pas par des transfuges de SNK comme le veut la rumeur, mais par d’anciens de chez SEGA.

Moins immédiat et plus technique (en tout cas pour les joueurs lambdas) que Tekken ou Street Fighter, le jeu s’est néanmoins taillé un succès certain dans l’esport et sur nos consoles de salon depuis la PlayStation (bon, fallait pas être trop regardant sur les étapes d’animation pour cette version).

Si l’on oublie l’anomalie Guilty Gear 2: Overture sur Xbox 360 puis PC (un Beat’em up en 3D un peu moche et doté d’une histoire invraisemblable) ou Isuka (une version à 4 joueurs très, très bordélique sortie sur Atomiswave en arcade et aujourd’hui disponible chez Steam), la série a toujours fait partie du haut du panier avec des visuels 2D magnifiques et un character design très typé animation japonaise de très haut vol. Rien d’étonnant, donc, quand sort la version Strive en 2021, d’en prendre visuellement plein la tronche.

L’inconvénient, en dehors de la complexité des coups spéciaux et des contres pour les mecs comme moi qui jouent avec des moufles (king size et double revêtement molletonné, les moufles), c’est que le jeu, qui sort plusieurs années après la version de base et ses multiples DLC, se retrouve avec un roster renouvelé mais qui semble un peu famélique.

C’est là que cette version 2.0 de Guilty Gear Strive, qui intègre tous les DLC sortis depuis 2021 (en dehors de broutilles comme des palette swaps), remet les pendules à l’heure. Là, on se retrouve avec une sélection contenant un peu plus d’une trentaine de personnages et, contrairement à d’autres séries que je ne nommerai pas, on n’y trouve pas de clones. Mais non Dan, faut pas bouder, ce n’est pas forcément à toi que je pensais.

Cette mise à jour 2.0, en plus d’intégrer tous les DLC déjà sortis, débarque avec un paquet d’équilibrages. Et, une fois n’est pas coutume, la principale nouveauté vient, étrangement, de la disparition d’une feature. En effet, le Wild Assault qui était une mécanique de jeu très agressive disparaît au profit du Counter Blitz qui permet de balancer une bonne grosse et méchante série de combos après avoir réussi un Counter Hit (en gros, un contre réalisé avec un slash ou un heavy slash). Rassurez-vous, on peut toujours s’amuser en appuyant sur tous les boutons au hasard.

Histoire de ne pas s’arrêter en si bon chemin, les développeurs de Guilty Gear Strive ont également créé de nouvelles attaques spéciales pour tous les personnages et en ont ajouté un nouveau, très chouette, Jam Kuradoberi. Et ce n’est que la première d’une nouvelle fournée à venir.

Du côté des bonus, on trouve notamment un mode Histoire scindé en plusieurs chapitres mais, soyons honnêtes, c’est une vraie souffrance que d’aller au bout tant le scénario est incompréhensible et les épisodes semblent durer une éternité.

Cela dit, on peut profiter du magnifique character design du jeu et voir des personnages subalternes qui n’apparaissent que très rarement, c’est déjà ça. Mais c’est à peu près tout, surtout si vous n’êtes pas passionnés – et ça se comprendrait – par la mythologie Guilty Gear.

Au final, les possesseurs du jeu d’origine vont se retrouver avec un paquet de cadeaux puisque leur version sera mise à jour avec l’intégralité des personnages précédemment vendus en DLC et avec la petite nouvelle, tandis que les nouveaux arrivants vont pouvoir découvrir un roster énorme, un visuel de toute beauté et un jeu de combat bien speed et agressif. Tout le monde y gagne et Arc System Works garde, au passage, sa couronne de roi du VS fighting en 2D. Qui dit mieux ?

Genre : VS Fighting

Développeur : Arc System Works

Editeur : Arc System Works

Date de sortie : 10 avril 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Baalim

Vieux joueur, atariste convaincu, collectionneur de trucs bizarres et hétéroclites, geek à ses heures perdues, pratiquement certain de n’avoir rien signé et de ne pas être payé, il se demande encore ce qu’il fait là.

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