Buffy Saison 1

Premier d’une série de huit articles sur Buffy contre les vampires qui comprendront toutes les saisons et le film (qui doit être vu en VF pour le doublage cultissime). Ils font en partie écho au projet de remake adoubé par Joss Whedon (j’ai beau adorer ce que tu fais en général, je pense que tu chies dans la colle sur le coup). Je suis particulièrement dubitatif sur la pertinence du projet alors que la série originelle a de très beaux restes, ainsi qu’un statut culte.

En tant qu’adolescent proche de la majorité, Buffy contre les Vampires a été la série qui m’a le plus marqué à l’époque (1997 pour les plus jeunes). Il faut dire aussi que le minois de Sarah Michelle Gellar avait réussi à emporter mon petit cœur fragile et hanter une partie de mes rêves (fort chastes évidemment).

Cette période étant passée depuis plusieurs années, ainsi que mon amour unilatéral même si je suis tout à fait disposé à offrir mon corps à Sarah Michelle Gellar, je me suis décidé à me relancer (encore une fois) dans l’intégrale de cette série que je suivais avec avidité pour connaitre la suite jusqu’à son dénouement final. J’ai une excuse puisque le visionnage se fait avec mon grand qui voulait refaire ce marathon en souvenir de celui que nous avions fait pour les 20 ans de la série. Il a tellement accroché que le spin off Angel a été regardé dans la foulée, à l’époque et sûrement la même pour celui-ci.

Ce qui frappe dans la saison 1, c’est qu’elle se suffit à elle-même. Les douze épisodes de la saison sont ainsi traités comme des stand alone (comprendre épisode avec un début, un milieu et une fin) qui se répondent sans pour autant être feuilletonnant (suivre une histoire du premier au dernier épisode de la saison). Le fait que le film, renié en long, en large et en travers par Joss Whedon ait été un bide ne doit pas être étranger à cet état de fait.

Chaque épisode est le moyen d’aborder les problématiques adolescentes : la solitude, l’exclusion, l’amour, l’internet (dans ses débuts) et quelques autres. Ces problématiques sont prises sous un abord fantastique pour faciliter le récit puisque les monstres incarnent la peur (littéralement dans un très bon épisode) et permettent aux scénaristes de se servir de la double lecture pour parler métaphoriquement à la cible de la série (ados boutonneux adeptes de la trilogie du samedi en France et même cible aux US puisque diffusé sur une chaîne qui deviendra la CW).

Il est évident que la première saison s’adresse avant tout à des adolescents en train de découvrir la vie et le fait savoir avec plus ou moins de subtilité au gré de douze épisodes assez réussis dans l’ensemble. Le défaut de la saison est peut-être que cette double lecture pouvait être subtile pour un jeune ado amoureux de l’héroïne principale ou du ténébreux Angel, voire du Maître (les égouts et les couleuvres) mais pas pour un adulte qui voit les ficelles très rapidement.

Malgré tout, la qualité des dialogues, le second degré permanent et l’aspect cheap (plus ou moins volontaire puisque le budget ne devait pas être énorme) donnent aussi à la série un ton très léger sur un mode : voyez ceci comme une farce, pas plus.

Chaque méchant incarne un malaise : Moloch et son besoin d’être aimé des autres, Billy renvoyant à nos peurs infantiles, le maître incarnant l’ombre de l’adulte et la prise de responsabilité, … Les “amis” de la tueuse sont plus là comme des faire-valoir permettant aux spectateurs de s’identifier.

Willow est l’incarnation de la fille banale, un peu geek tout comme Alex est le loser toujours prêt à rendre service. Giles est la figure paternelle bienveillante (encore plus prononcée dans les saisons suivantes), Angel est le sombre fantasme inatteignable. Cordelia est la pétasse égocentrique que tout le monde déteste, Buffy étant l’héroïne qui règle les problèmes avec ses super pouvoirs.  Des clichés en cette première saison pour installer les personnages, hormis le physique du personnage principal allant à contre-courant avec une jolie blonde, relativement superficielle dans son comportement, à la place du mâle alpha comme trop souvent dans les séries de l’époque.

La saison s’achève sur la mort du maître et le changement de Buffy qui précise qu’elle se sent différente. Ainsi l’adolescente se meurt pour laisser place à la femme tout comme l’adolescent se décidant à affronter les responsabilités.

La saison 1 de Buffy contre les Vampires possède d’indéniables qualités qui plantent les graines pour la suite même s’il est tout à fait possible de s’arrêter à la fin de la saison. Ce qui serait un sacrilège et passible de la pire punition possible : écouter le dernier album de Johnny en boucle.

Fun fact : Eric Balfour aurait dû apparaître au générique de la série, puis disparaître dès le premier épisode (en deux parties), mais le budget était trop serré pour l’inclure. Et oui, le salaire n’est pas le même en tant qu’invité ou si l’acteur est crédité au générique.

 

Série : Buffy The vampire Slayer.

Créateur : Joss Whedon

Distribution : Sarah Michelle Gellar, Nicholas Brandon, Alyson Hannigan, Anthony Stewart Head, Eric Balfour (je ne t’ai pas oublié), Kristine Sutherland, Mark Metcalf (dont je viens de découvrir le vrai visage), David Boreanaz.

Episodes : 12 épisodes pour la saison 1.

 

Machiavel

Toujours à l'affût de ce qui peut piquer ma curiosité, peu importe le domaine avec une légère préférence pour les jeux vidéo, le cinéma, la littérature, les séries TV, les jeux de société, la musique, la gastronomie, les boissons alcoolisées et quelques autres petites choses . Ma curiosité est telle le tonneau des danaïdes, sans fond.

3 pensées sur “Buffy Saison 1

  • 13 décembre 2018 à 22 h 32 min
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    T’as un grand qui a quel âge pour pouvoir et vouloir regarder Buffy ?

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    • 14 décembre 2018 à 5 h 26 min
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      Il a 11 ans. Il peut parce que je l’accompagne et le veut parce qu’il est du genre curieux comme son père ;). On a tenté le premier épisode et il accroché direct donc on s’est fait l’intégrale ensemble.
      Je ne pense pas que la double lecture soit aussi visible pour moi que pour lui, mais il aime les personnages (surtout Spike), l’humour.

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  • 17 décembre 2018 à 19 h 00 min
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    OK, j’aurais en effet dit qu’il valait mieux avoir une douzaine d’année (plutôt 5ème ou 4ème : perso, je situe mieux avec les classes qu’avec l’âge brut justement) pour apprécier / ne pas être choqué. Ça me laisse encore de la marge pour le faire visionner à mes enfants. 😉
    J’ai été « initié » à Buffy par ma femme alors que j’avais déjà plus de 20 ans ; elle avait été biberonnée à la trilogie du samedi pendant son adolescence. Depuis ce revisionnage de l’intégrale de Buffy, la série fait partie de notre petit panthéon personnel (moi je déteste Riley et Tara mais j’adore Cordelia et Xander ; elle craque pour Spike, admire Faith et Willow ; etc).

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