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Preview: Warhounds

Je l’avoue, je suis fan des jeux vidéo de combat tactique en tour par tour. Personne n’est parfait. Cela m’amène, tel un Perceval vidéoludique (oui, c’est pas faux) à poursuivre une inlassable quête destinée à mettre au jour le Graal ultime : un jeu arrivant à la cheville des chefs-d ’œuvre que sont XCOM: Enemy Unknown et XCOM 2 de Firaxis Games et la série des Jagged Alliance (les vénérables JA 1 et 2 de Sirtech et le dernier JA 3 d’Haemimont Games). Un périple tortueux, émaillé de faux espoirs déjà chroniqués dans de précédents articles, par exemple ici, ou encore .

Alors, lorsque s’est présentée l’occasion de tester Warhounds, vanté par son éditeur comme un mélange entre XCOM2 et Jagged Alliance, inutile de dire que je n’ai pas hésité à me porter volontaire pour une nouvelle aventure. En espérant que ma déception ne soit pas à la mesure de mon enthousiasme. Sachant cependant que s’agissant d’une phase de playtest, le jeu sera à l’heure actuelle, forcement imparfait.

Le meilleur des deux mondes ?

Les deux mon Colonel. De Jagged Alliance 3 Warhounds prend le thème. Vous êtes à la tête d’un groupe de mercenaires, envoyés dans un pays africain en proie à la guerre civile pour aider à rétablir l’ordre. Seule différence avec Jagged Alliance, cette fois, au départ, vous n’êtes pas dans le camps des rebelles mais dans celui du Président. Mais comme, entre-temps, ce dernier a été renversé, en fait c’est maintenant lui le rebelle.

Comme disait Pierre Desproges ‘L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui !’ Tout cela n’est donc que prétexte à faire de vos équipiers les instruments de la reconquête du pouvoir afin de ramener paix, harmonie et prospérité dans un pays dévasté par le conflit. Noble tâche à laquelle vous aurez à cœur de vous atteler grâce à quelques arguments frappants (mais aussi coupants, contondants, perforants, explosifs, etc.). Bref, la routine pour des chiens de guerre (Warhounds).

Une scène de combat urbain. On notera que les différents étages des bâtiments et leurs niveaux d’élévations sont modélisés

De XCOM2 Warhounds prend le système de jeu, et là on a pratiquement affaire à un clone. Cartes tactiques divisées en cases. Plusieurs classes de personnages (Assaut, Spécialiste, Sniper, Mitrailleur et Grenadier). Points d’action permettant à vos combattants d’agir pour se déplacer, faire feu, effectuer des tirs d’opportunité (overwatch), recharger, lancer une grenade, etc. Points de vie pour représenter l’état de santé de vos mercenaires (et de vos adversaires).

Décors destructibles. Prise en compte des lignes de vue et des couverts ainsi que des protections individuelles (pare-balles). Mêmes raccourcis clavier et interface très semblable (mais avec des couleurs plus criardes). Si vous avez pratiqué XCOM2 vous serez en terrain conquis et prendrez en main le jeu en quelques secondes.

L’intérieur de l’hélicoptère des Warhounds est un clin d’œil assumé à celui de l’appareil de transport Sky Ranger d’XCOM2

Warhounds apporte cependant quelques modifications au gameplay de son glorieux ainé. C’est le cas par exemple des lignes de vue vers vos adversaires, qui sont clairement signalées avec pour chacune d’elles le pourcentage de chance de toucher l’ennemi en fonction des positions où votre personnage se déplacera.

C’est extrêmement pratique et permet de lever toute ambiguïté lorsque vous choisissez de tirer ou de faire mouvement. De même, selon les développeurs, le jeu prend en compte la vraie balistique ce qui évite (contrairement à XCOM2) des tirs ayant 99% de chance de toucher ratant trois fois de suite. Cependant lors des tests cela n’a pas empêché l’un de mes mercenaires de louper un tir ayant 100% de chance de faire mouche. Alors, à l’heure actuelle, si l’intention est bonne, la mise en pratique l’est un peu moins.

Difficile ou facile ?

Les deux mon Colonel. Il est à noter que, si ce n’est pas le cas dans la version playtest, il est prévu que le jeu offre une grande palette de possibilités en ce qui concerne la configuration de la difficulté. Ainsi vous pourrez décider d’inclure ou non des timers dans les missions. Vous savez le genre de compte à rebours qui vous force à foncer sans (trop) réfléchir pour accomplir l’objectif dans un nombre de tour donné. Personnellement je déteste les timers (ce n’est pas pour rien que j’apprécie les jeux en tour par tour). Je ne peux donc qu’applaudir.

Des mercenaires progressent prudemment dans une ruelle d’une ville d’Afrique de l’est. Les décors de Warhounds sont plutôt bien réalisés

Vous aurez aussi la possibilité de choisir si vos équipiers peuvent être instantanément tués une fois perdus tous leurs points de vie, ou simplement blessés. Vous aurez également le loisir de choisir si vos ennemis seront tenaces (avec plus de points de vie), précis (avec de plus grandes chances de toucher), ou encore bien plus nombreux que vos mercenaires.

Tant qu’on en est à parler des ennemis, et bien autant dire qu’ils sont à l’image des méchants d’un bon film d’action des années 80 : totalement stupides. L’une de leurs tactiques favorites est de dépenser tous leur points d’action pour venir se coller à une case de vos mercenaires, en plein dans leur champ de tir. Résultat garanti.

Oui, il y a du boulot pour rendre l’IA crédible, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un version playtest du jeu, auquel il faut pardonner ses défauts. Et puis tout comme dans les films d’action les adversaires compensent leur manque d’intelligence par leur nombre. Il faut donc éviter l’excès de confiance au moment de les affronter.

Votre base d’opération, un navire commercial ‘emprunté’ à vos adversaires.

Gestionnaire ou mercenaire ?

Les deux mon Colonel. Dans XCOM 2 vous utilisiez un vaisseau spatial capturé à l’ennemi comme base d’opération mobile. Dans Warhounds il s’agit plus modestement d’un navire marchand reconfiguré à cet effet. Depuis la passerelle, vous pourrez, à l’image de Jagged Alliance, étoffer votre effectif de mercenaires en engageant de nouvelles recrues. Il faudra, comme dans XCOM2, customiser votre navire afin de servir au mieux vos intérêts.

Enfin, encore à l’image d’XCOM2, des missions tactiques apparaitront périodiquement sur la carte des opérations se déroulant en temps continu (pausable). Des missions qui, une fois remplies avec succès, vous permettront d’obtenir de nouvelles ressources afin d’améliorer l’équipement de vos combattants, d’en recruter de nouveaux, et bien sûr de rajouter de nouvelles installations à votre navire. On est là dans un copié/collé pur et simple XCOM2. Mais pourquoi s’en plaindre ? Après tout, c’est le genre qui veut ça.

Le Président, à droite de l’écran, est un ex guérillero s’étant emparé du pouvoir, avant de le perdre puis de rechercher à le reprendre. Oui, dans certains pays, la vie de Président est un éternel recommencement.  

Beau ou moche ?

Les deux mon Colonel. Du côté des graphismes (3D en perspective isométrique), réalisés avec le moteur de jeu Unity, ils ne sont ni pires, ni meilleurs que ceux de XCOM2, un jeu sorti il y a dix ans. Cela n’a rien de déshonorant, les graphismes du jeu de Firaxis étaient déjà (pour l’époque) très réussis, et on a ici affaire à un jeu tactique en tour par tour pas à un FPS genre Call of Duty. 

Mais cela interroge sur la configuration recommandée pour faire tourner Warhounds, avec des cartes graphiques NVIDIA RTX 3070 ou AMD Radeon RX 6800. Alors, certes le jeu est censé pouvoir fonctionner avec de modestes GeForce GTX 1050Ti ou AMD RX 570 en configuration minimale. Cependant, de par mes expériences passées, j’ai eu tendance à constater que dans le monde impitoyable de la 3D, recommandée veut souvent dire minimale et minimale peut signifier ‘Y en a qu’ont essayé. Ils ont eu des problèmes !’.

La carte des opérations et votre base flottante au milieu de l’océan.

On espère que les développeurs travailleront sur l’optimisation du jeu afin de le rendre plus accessible aux petites configurations. Et cela d’autant plus que les animations des combattants ne sont pas d’une fluidité exemplaire. Par exemple les personnages ont plutôt tendance à sembler glisser lors des déplacements plutôt que de marcher ou de courir.

De ce côté-là Warhounds est inférieur au vénérable XCOM2 ou à Jagged Alliance 3. A noter également le recours à l’IA pour dessiner les (très moches) portraits des protagonistes. Selon l’aveu même des développeurs ce sont des graphismes temporaires, qui seront remplacés par des portraits dessinés par de vrais gens, vraiment payés à la tâche. On respire. Pour ce qui est de la bande son c’est du très correct avec des dialogues en anglais.

Votre mercenaire, indicatif Crow, va se déplacer derrière une statue. Un emplacement d’où les lignes de vue vers ses adversaires sont clairement indiquées

Cul de Chouette ou Chante Sloubi?

Les deux mon Colonel. La version playtest du jeu ne propose qu’une double mission, servant de tutoriel, et une seule vraie mission consistant à combattre plusieurs escouades des adversaires du Président, connus sous le nom de La Main Rouge dans une ville typique de l’Afrique de l’est. L’aspect gestion quant à lui n’est qu’effleuré. On vous permet de construire des baraquements à bord de votre navire, d’engager quelques mercenaires et de les équiper pour leur mission et une fois celle-ci remplie le jeu s’arrête. Alors, forcément, cela ne donne qu’une impression parcellaire de ce que sera la version finale.

A l’heure actuelle on donc un système de jeu solide (forcement c’est un mélange de deux jeux très réussis) avec un aspect graphique largement améliorable, s’il veut concurrencer XCOM2 ou JA3. Les développeurs indiquent que le jeu disposera d’un outil pour changer l’apparence de vos mercenaires, qui vous permettra de personnaliser les vêtements, les cheveux, la couleur de peau, l’armure, et l’uniforme, etc. Je dirais que c’est le minimum syndical pour ce type de jeu.

Trop facile

On espère aussi que les développeurs auront pris conscience qu’une des grandes qualités d’XCOM2 est la possibilité de personnaliser à souhait pratiquement tous les aspects du jeu grâce à des mods. Ceci contribue largement à assurer sa longévité avec son workshop comptant plus de 10 000 articles disponibles à l’heure actuelle. 

Il en va de même, dans une moindre mesure, pour Jagged Alliance 3 avec plus de 1 000 mods proposés. Faire l’impasse sur un workshop serait à mon avis une grave erreur. Dans un tel cas Warhounds risquerait de faire palle figure face à ses ancêtres. Croisons donc les doigts pour que le jeu tienne ses promesses. D’ici là ma quête continue.

Genre : Tactique au tour par tour

Développeur : Everplay DMCC

Editeur : Brightika, Inc.

Date de sortie : 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

plasm@n

Wargames, jeux de plateau, jeux de figurines, jeux de rôle, jeux vidéo, tant de jeux et pas assez de temps.

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