Bloomkeeper
Pour supporter la dure réalité de la rentrée, je me suis plongée dans Bloomkeeper, un jeu à l’aspect adorable, sorti du petit studio français Resonance Interactive. J’avais essayé la démo lors du festival Games made in France au printemps dernier et j’avais hâte de voir ce que donnerait le jeu complet.
Dans un monde réduit en cendres (qu’est-ce qui pourrait être plus à propos après l’été que nous venons de passer ?), vous avez la lourde responsabilité d’aider la nature à resurgir et reprendre sa place. Mais comment, me direz-vous ? Eh bien, en guidant les Pouics, de petites créatures-graines qui permettent de faire rejaillir la vie là où elles s’implantent.
Mais le souci, c’est que les Pouics n’ont pas franchement inventé le fil à couper le beurre, c’est le moins qu’on puisse dire. Si Bloomkeeper, au premier regard, pourrait ressembler à un Pikmin, les mécaniques sont en fait un peu différentes. Même s’il y a des mécaniques permettant que les Pouics vous suivent brièvement à certains moments du jeu, majoritairement, il vous faudra les diriger tel un troupeau de chèvres dont vous seriez le chien de berger. Et encore, c’est pas sympa pour les chèvres.
Car voyez-vous, les Pouics sont même dénués d’un instinct de survie basique et vont allègrement aller se jeter dans l’eau, la lave ou le vide à la première occasion. Pour les plus vieux d’entre nous, vous vous rappelez sûrement des Lemmings… je n’en dirai pas plus, vous aurez compris. Vous allez donc tant bien que mal devoir rassembler ces adorables créatures en leur criant dessus et espérer qu’ils partent dans la direction voulue.

Bloomkeeper offre la possibilité de jouer à plusieurs, ce qui aide probablement à contrôler votre troupeau de façon plus efficace, mais je me suis contentée de jouer en solo et c’est uniquement sur ça que se base ma critique. Gardez ça en tête pour la suite. Vous noterez que jusqu’ici, je n’ai pas mentionné le fait que le jeu soit supposément cozy, malgré le fait qu’il se présente comme tel. Et pour cause.
Si l’ambiance et l’aspect adorable des créatures posent bien le décor voulu pour ce genre de jeu, le gameplay vient rapidement changer ça. Au bout de quelques niveaux initiaux assez chill, les choses deviennent assez compliquées, pour ne pas dire plus, même en mode normal. J’en entends déjà certains au fond en train de dire « Skill issues » ou « Git gud »… alors peut-être, mais pas seulement.

Vous l’aurez compris dans la description du gameplay, tout ne dépend pas de vous. La volonté propre des Pouics et leur absence totale d’instinct de survie influent énormément sur le déroulement des niveaux. Avec des obstacles de plus en plus compliqués, mais surtout la partie corrompue de chaque niveau qui tente de reprendre du terrain, on peut parfois en arriver à un statu quo extrêmement frustrant.
La possibilité de changer le niveau de difficulté (qui influe principalement sur la rapidité avec laquelle les cendres regagnent du terrain) m’a sauvée de simplement vouloir abandonner le jeu avant la fin à certains passages.

Ceci étant dit, si vous aviez apprécié la démo pour son rythme détendu, sachez que ce n’est pas représentatif du jeu complet. Ça n’en fait pas un mauvais jeu, simplement Bloomkeeper n’est pas vraiment un jeu cozy.
Au final, Bloomkeeper n’est pas un mauvais jeu, mais il n’est pas non plus le jeu cozy qu’il paraît être. À cause de ça, il risque non seulement de frustrer certains joueurs qui avaient aimé la démo, mais aussi de rater un public qui le pensera trop simple. Quelque part au milieu de tout ça ou après un peu de rééquilibrage de la part des développeurs, Bloomkeeper trouvera certainement sa cible, reste encore à savoir laquelle.
Genre : Aventure
Développeur : Resonance Interactive
Éditeur : Resonance Interactive
Date de parution : 16 septembre 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Aventure