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Ayasa: Shadows of Silence

Il y a des moments difficiles dans la vie d’un testeur. Voir les bons jeux aller chez Baalim, s’apercevoir qu’une licence qu’on adorait a été massacrée et… faire un ragequit sauvage sur un jeu indé alors qu’on l’avait lancé le sourire aux lèvres. Oui ça arrive mais ça ne rend pas la chose plus facile, surtout quand après vous devez prendre votre clavier pour expliquer pourquoi ce Ayasa: Shadows of Silence, pourtant prometteur sur papier, ne vaut pas votre temps et encore moins les 25€ demandés.

Aya Games, le studio derrière Ayasa: Shadows of Silence, vous prévient dès le début : c’est une petite team et leur jeu, même s’il est leur raison de vivre depuis plus de 2 ans, n’est pas sans défauts. Sans déconner. Je sais qu’ils ont mis cet avertissement pour implorer la clémence du joueur, chose que je suis prêt à offrir à tout jeu codé amoureusement, mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi – et comment – sortir un jeu comme cela.

Le souci de Ayasa: Shadows of Silence, ce n’est pas forcément ses graphismes. On a vu mieux, bien mieux mais ça ne fait pas pleurer des larmes de sang pour autant. On pourrait lui reprocher son manque total de cohérence scénaristique et son level design incohérent, une minuscule vidéo d’introduction vous laissant aux commandes d’une jeune fille dans une forêt qui se fait vite poursuivre par une brume rouge dotée de bras. Dans un monde où a priori des monstres sans visages ont pris le contrôle.

Enfin je vous dis ça mais je n’en sais rien, parce que j’ai très rapidement posé ma manette, atterré devant ces contrôles si… foireux ? pourris ? ahurissants ? Je ne sais quels qualificatifs utilisés tant lke massacre dans Ayasa: Shadows of Silence est total.

La galère commence dès le premier saut à faire, où le jeu vous indique la mauvaise touche pour sauter. Une mort – et une vérification dans les options – plus tard, vous sautez par-dessus le précipice pour vous retrouver à pousser une caisse (le jeu vous indique encore une fois la mauvaise touche mais vous apprenez de vos erreurs) depuis laquelle vous allez devoir atteindre l’autre côté d’un ravin. En vous rendant compte qu’il y a une latence dans les sauts. Que même si vous vous croyez aligné avec le décor vous ne l’êtes pas.

Mais vous insistez, vous avancez. Un rat géant vous attaque, vous mourrez encore plusieurs fois avant de trouver comment lui échapper. Puis ce sera au tour de plantes carnivores, au milieu desquelles il faut slalomer un pixel près. Et ensuite vous aurez une phase d’infiltration devant les fameux humanoïdes sans visage. Qui vous détecteront de l’autre bout de l’écran pour une raison inconnue, alors que celui qui est à 2m de vous ne vous voit pas.

Alors vous posez votre manette et faites le bilan. Vous êtes mort un nombre incalculable de fois pour une progression ridicule. Vous n’avez pris aucun plaisir, découvert aucun secret, vous avez juste couru et êtes mort en boucle, en vous tapant à chaque fois des temps de chargement d’une longueur criminelle. Si mourir ne vous faisait perdre que quelques secondes, cela irait. Mais non, vous mourrez, vous attendez deux bonnes minutes avant de pouvoir recommencer.

Et ça, je suis désolé mais c’est inacceptable. Que l’IA soit aux fraises, je peux faire avec. Que les monstres vous choppent alors que vous êtes hors de portée, c’est pénible mais passe encore. Qu’il n’y ait quasiment rien à faire à part courir et essayer d’anticiper la prochaine crasse, oui pourquoi pas.

Mais si une maniabilité de *** s’en mêle, si les temps de chargement sont d’une longueur affligeante, si le moteur physique et la caméra vous crachent à la figure toutes les deux secondes et que les bugs pullulent malgré les patchs, alors non.

Il y a des dizaines, des centaines, que dis-je des milliers de jeux indés, de jeux qui n’ont qu’une petite équipe derrière. Une vaste majorité de ces titres est vendue à un prix dérisoire et on sait pourquoi. Mais quand on a la prétention de demander 25€ pour son jeu, on le lance au moins une fois et on s’aperçoit au bout de quelques minutes qu’il y a un souci de maniabilité. Que l’héroïne ne peut pas faire des sauts verticaux de 4m et horizontaux d’1m. Que le simple fait de courir sur un tronc d’arbre ne doit pas être une épreuve parce que la profondeur est gérée avec les pieds.

Ayasa: Shadows of Silence est sûrement un travail d’amour mais ça ne suffit pas à le rendre recommandable, même en promotion. Parce que si vous arrivez quand même, grâce à je ne sais quel pouvoir magique, à supporter tous ses défauts et à survivre aux bugs, vous vous apercevrez qu’il ne dure qu’une poignée d’heures. En même temps, je commence à croire que ça en devient une qualité tellement l’épreuve est rude.

Voilà, j’ai descendu un jeu indé en 2026. Ce ne sera sûrement pas le dernier, je n’en suis pas fier mais quand même, cela fait toujours un petit quelque chose. Ayasa: Shadows of Silence n’aurait jamais dû sortir en l’état. Un testeur aurait dû tirer la sonnette d’alarme, prévenir que non, non et non, une maniabilité pareille ça n’est pas possible pour un plateformer. Qu’un niveau de finition aussi catastrophique ça ne se fait pas. Mais le jeu est sorti et je vous recommande de passer à côté.

Genre : Plateformer horrifique

Développeur : Aya Games

Editeur : Aya Games

Date de sortie : 28 novembre 2025

Testé sur une version presse fournir par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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