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Aphelion

Alors que les productions Don’t Nod sont habituellement synonymes de qualité, vous avez dû vous apercevoir qu’Aphelion, leur dernière sortie, est bien loin de faire l’unanimité. C’est étonnant venant d’un studio qui nous a offert les premiers Life is Strange ou plus récemment l’excellent Banishers et bien d’autres. Est-ce un accident de parcours comme cela arrive parfois ? Sûrement, en tout cas j’ai envie d’y croire. Voyons ensemble pourquoi Aphelion ne restera pas dans les annales.

Tout commence bien. Enfin, pour le joueur. Moins pour Arianne et Thomas, deux astronautes envoyés dans l’espace par l’Agence Spatiale Européenne en direction de Perséphone, une planète potentiellement accueillante pour les humains. Il faut dire qu’on est en 2060 et que c’est un peu la cata sur Terre et qu’il faut s’en tirer fissa.

Donc, nos deux astronautes se retrouvent dans un vaisseau qui, je vous le donne en mille, va connaître quelques mésaventures à l’approche de la planète cible et va se crasher. Nos deux héros, qui étaient en couple mais en fait plus vraiment je t’aime moi non plus va plier le linge à l’autre bout du vaisseau stp, se retrouvent séparés pendant l’entrée dans l’atmosphère.

Arianne se retrouve dans l’épave, miraculeusement indemne mais en fâcheuse position tandis que Thomas, qui je vous le rappelle ne baissait pas la lunette des WC, a réussi à s’éjecter dans une capsule de survie. Léger détail, il a pris une barre de fer dans le bide en s’écrasant. Un détail je vous dis.

Vous allez donc alterner entre les deux héros, Arianne tentant de rejoindre Thomas et lui recherchant désespérément de quoi se soigner. Au niveau du scénario je vais tenter de ne pas trop en dévoiler, pour essayer d’éveiller votre intérêt, mais sachez que nos héros ne sont pas forcément les premiers à fouler le sol de cette planète et qu’ils ne sont pas forcément les bienvenus.

Je n’en dis pas plus parce que l’histoire d’Aphelion est cousue de fil blanc et que le joueur comprendra bien vite vers quoi il se dirige. On pourrait donc légitimement penser que si le budget n’a pas été mis dans le scénario, c’est qu’il a été mis dans le level design et le gameplay, non ? Et bien malheureusement, là encore le constat est sans appel : c’est terriblement convenu et répétitif.

Imaginez un gameplay où avec un personnage vous passez votre temps à vous arrocher à des corniches, courir en vous vautrant tous les 50m et sauter par-dessus des précipices et avec l’autre vous vous traînez de source d’oxygène en source d’oxygène. Ah oui j’ai oublié de vous dire, Thomas, qui décidément les accumule, a un réservoir d’oxygène défectueux…

Nous avons donc un walking simulator avec quelques phases de gameplay qui vont revenir inlassablement, sans la moindre innovation. Oh à un moment donné il y aura bien de l’infiltration, mais c’est tellement ch*** que je préfère ne pas insister dessus. Sauf que si je suis obligé de le hurler pour me soulager : QUI EST LE *** QUI A EU L’IDEE DES DEUX DERNIERS CHAPITRES ? Non sérieusement, tout le jeu était convenu et un peu soporifique, pourquoi avoir mis des niveaux aussi mal conçus à la fin du titre ? Pourquoi ? Pour punir le joueur d’avoir eu l’audace de s’accrocher jusqu’au bout ?

Parce que quelque part, Aphelion ne fait rien de mal (à part les phases d’infiltration). Il nous ressort une vieille soupe réchauffée plusieurs fois au micro-onde c’est sûr, mais globalement, en jouant par petites touches, ça passait. Je ne dis pas que c’était la fête et que j’ai poussé des petits gloussements de plaisir mais tout de même, dérouler l’histoire n’était pas déplaisant.

En regardant les captures d’écran, on s’aperçoit aussi que les développeurs se sont appliqués à cocher toutes les cases du jeu SF de base : décors grandioses, plans larges pour décrocher la mâchoire, vaisseaux hi-tech mais crédibles, tout a été soigneusement référencé en regardant la concurrence et plaqué dans le jeu.

Cela manque donc un peu d’âme et la montagne enneigée numéro 548 est tout aussi belle que la 547. J’ai par exemple trouvé que les décors et la direction artistique de The Invincible avaient plus de gueule. Mais bon, c’est convenu mais c’est joli, la musique est belle et accompagne parfaitement la progression des héros.

Là où c’est moins beau, c’est au niveau de la réalisation technique avec des approximations dans les déplacements et surtout les sauts, un comble quand on voit qu’on passe la moitié du jeu accroché à des corniches. Et je ne vous parle pas des animations manquantes, des héros qui avancent figés et autres bugs de collision. Mais rien qui n’empêche de progresser.

Vous le voyez, le souci d’Aphelion est qu’il a trop regardé la copie de ses petits camarades et qu’il ne sait rien faire de lui-même. Quand, dans un walking simulator, l’histoire n’est même pas là pour rattraper les approximations du gameplay et que la réalisation est bancale, alors il ne reste que des regrets. Et la sensation d’avoir perdu 8h à aller chercher sa fin.

 La vie de studio de développement, surtout français, n’est pas facile ces temps-ci et je ne suis pas sûr qu’Aphelion améliore celle de Don’t Nod. Je reste confiant en la capacité du studio à rebondir pour revenir sur des meilleurs rails artistiques, mais les mauvaises ventes d’Aphelion enfoncent sans le moindre doute une entité en grande difficulté financière. Alors je ne vais pas vous dire de perdre 30€ dans Aphelion, mais si j’étais vous j’irais me prendre un autre (ou plusieurs) de leurs excellents titres, ça ne pourra pas leur faire de mal.

Genre : Walking Sim futuriste

Développeur : Don’t Nod

Editeur : Don’t Nod

Date de sortie : 28 avril 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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